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 DOMERGUE JACQUELINE L'INFIRMIERE HEROIQUE

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BUFFY1
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MessageSujet: DOMERGUE JACQUELINE L'INFIRMIERE HEROIQUE   Dim 3 Sep - 19:57

MORT AU CHAMP D’HONNEUR D’UNE INFIRMIERE DE L’AIR
Quasi inconnue aujourd’hui, Jacqueline DOMERGUE dite Jaïc est née le 8 septembre 1924 à Ismaïlia (Egypte).
Diplômée des I.P.S.A. (Infirmières Pilotes, parachutistes et Secouristes de l'Air) en 1951, reçue au concours des Convoyeuse de l’air au G.M.M.T.A fin 1952, Jaïc a participé à la campagne d’Indochine (1954)1, de Chypre (1956) et a fait plusieurs séjours en Algérie. En 1955, elle est championne de France féminine en parachute2 et 16e au classement général.
Son courage en Indochine lui vaut la Croix de Guerre T.O.E. avec citation à l’Ordre de l’Armée de l’Air. Puis en 1956 celle de la Médaille d’honneur du Service de Santé de l’Air en Or.
Le 29 novembre 1957, au cours d’une évacuation sanitaire en hélicoptère au sud de l’Arba (Algérie), elle est tuée d’une balle en plein front. Elle avait effectué 3400 heures de vol. Ses obsèques sont d’abord célébrées le lundi 2 décembre 1957 à Alger, puis des obsèques nationales ont lieu aux Invalides pour le retour de son corps à Paris. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (84e division).
Elle est nommée à titre posthume au grade de Chevalier de la Légion d'honneur comportant l’attribution de la Croix de la Valeur militaire avec Palme. Elle reçoit également la Croix de Vermeil de la Croix Rouge.
Carrière de Jacqueline DOMERGUE
De 1949 à 1951, tout en faisant ses études d’infirmière, Jacqueline Domergue s’inscrit au corps des I.P.S.A. (Infirmières Pilotes, parachutistes et Secouristes de l'Air). Elle a ainsi la possibilité de passer ses brevets de pilote tourisme et de suivre un entrainement poussé de parachutisme.
En 1951, elle passe son brevet d’infirmière et s’oriente vers le G.M.M.T.A. (Groupement des Moyens Militaires de Transports Aériens) où elle entre en janvier 1953. À ce titre, elle participe à la campagne d’Indochine où elle se trouve à Dien-Bien-Phu avec sa camarade de promotion, Geneviève de Gallard. Ensuite c’est la campagne de Chypre. Elle est une des premières avec le corps expéditionnaire français à mettre le pied à Port-Saïd. Puis c’est l’Afrique du Nord où les missions sont nombreuses.
Parallèlement à son activité militaire, elle consacre tout son temps libre au parachutisme. C’est ainsi qu’en 1955 elle est Championne de France de cette spécialité. En 1956, elle devient monitrice parachutiste, ce qui lui permet de participer, dès sa création, à l’activité du Para-Club d’Alger.
En novembre 1957, comme convoyeuse, elle se porte volontaire pour un service exceptionnel sur hélicoptère, et c’est au cours de l’opération du 29 novembre, à l’Arba, qu’elle trouve la mort.

Citation à l’Ordre de l’Armée de l’Air
« Convoyeuse de l’air au G.M.M.T.A. depuis janvier 1953. À toujours rempli ses fonctions avec une haute conscience du devoir, un dévouement sans réserve et un ardent enthousiasme.
Le 29 novembre 1957, effectuant en hélicoptère une évacuation sanitaire dans le djebel situé au sud de l’Arba (Algérie), a été grièvement atteinte par le tir des armes rebelles alors qu’elle donnait tous ses soins à l’embarquement des blessés.
Titulaire de 3 400 heures de vol, dont plus de 160 en 31 missions opérationnelles effectuées au titre du maintien de l’ordre en Afrique du Nord, toujours très volontaire pour participer aux missions les plus périlleuses afin d’apporter aux blessés le secours de son expérience d’infirmière et le réconfort de son sourire.
Par son courage au milieu des combats, a su ajouter à l’accomplissement du devoir quotidien le plus bel esprit de sacrifice. Déjà titulaire de la Croix de Guerre T.O.E. avec citation à l’Ordre de l’Armée de l’Air, cette citation comporte l’attribution de la Croix de la Légion d’Honneur et la Croix de la Valeur Militaire avec palmes ».
Signé René COTY.

Le Journal du dimanche du 1er décembre 1957 va se pencher sur l’héroïsme de Jaïc.
Jaïc Domergue, l’infirmière championne de parachutisme a été tuée au cours d’une furieuse bataille à 30 km. d’Alger.
(De notre envoyé spécial permanent Robert SOULE.)

ALGER, 1er décembre (par fil spécial).
Furieuse bataille dans la région de l’Alba, à 30 km au sud-est d’Alger, où quarante et un rebelles ont été tués et cinq autres capturés en quarante-huit heures d’engagement. Nos troupes ont eu six tués et dix-huit blessés. L’infirmière de l’air Jaïc Domergue, ancienne championne de France de parachute, a été tuée alors qu’elle partait en hélicoptère au secours des blessés.
Vendredi matin, à l’aube, les fantassins du 117è régiment d’infanterie et les « cavaliers » du 3è régiment de chasseurs d’Afrique déclenchaient une opération surprise en plein cœur du djebel contre une mechta perchée au sommet d’un piton (15 kilomètres au sud de l’Arba), où selon un renseignement précis quarante rebelles avaient trouvé refuge.
Aux premières lueurs du jour, les soldats avaient encerclé le petit village. La bataille s’engageait. Les rebelles, surpris au gîte, ripostaient avec vigueur aux tirs des militaires. Très vite, les patrouilles évoluant en première ligne comprirent que la bande était plus forte qu’on ne le pensait. Cent fellaghas au moins se battaient contre les militaires. Ce fut une mêlée confuse et sans merci. La bataille devait se prolonger jusqu’à hier soir avec une violence toujours soutenue.
C’est alors qu’elle venait de relever les soldats blessés lors du premier assaut que l’infirmière de l’air Jaïc Domergue fut mortellement blessée vendredi dans l’hélicoptère qui regagnait Alger avec des blessés. Frappée d’une balle au front, elle décédait deux heures plus tard à l’hôpital Barbier-Hugo sans avoir repris connaissance.
Jaïc Domergue, jeune femme de 30 ans, était une des trois meilleures parachutistes de France. Championne de France de parachutisme en 1952, elle était seule, avec Monique Laroche et Odette Rousseau, à détenir le brevet de moniteur parachutiste. Depuis dix ans elle servait sous l’uniforme et elle avait été notamment en Indochine la compagne de Geneviève de Gallard. Elle était également pilote d’avion et avait fait plusieurs séjours à Biscarosse.

De même, Jours de France du 14 décembre 1957, sous la plume de Renaud de Laborderie trace un portrait émouvant de cette héroïne hors du commun.

Jours de France le 14/12/1957
La vie et la mort exemplaires de JAÏC DOMERGUE L’INFIRMIÈRE DU CIEL
« Le combat faisait rage depuis l'aube dans le djebel de Djemaa-el-Kharmou, à une quarantaine de kilomètres au sud-est d'Alger. Les rebelles s'étaient solidement retranchés sur le piton dominant la mechta que, surpris par nos forces, ils avaient précipitamment évacué. L'état-major avait estimé leur nombre à une trentaine... En fait, ils étaient plus de 120. Nos soldats du 17è R.I.T., qui les encerclaient, pouvaient voir à leurs uniformes et à leurs chapeaux de brousse qu'ils appartenaient aux formations les mieux armées et les mieux entraînées. De leur nid d'aigle, ils balayaient le terrain d'un feu nourri, clouant nos troupes au sol. Pendant plusieurs heures, ce fut un dialogue infernal où le crépitement sec des fusil-mitrailleurs fellaghas alternait avec les détonations des mortiers français. Pour réduire les positions rebelles, des renforts étaient nécessaires. En attendant, des hommes tombaient…
A 10 h 30, nos soldats voient enfin un hélicoptère se découper dans le ciel. Il s'approche, décrit une courbe, cherchant à repérer les blessés. Un jeune artilleur, gravement touché, gisait, râlant et presque inerte, à moins de quatre cents mètres des fellaghas. L'hélicoptère descend vers lui en se balançant avec la légèreté d'une libellule. Il n'a pas encore, touché le sol qu'une femme, portant la combinaison bleue et le béret des infirmières parachutistes, saute à terre. Elle se penche vers le blessé. Le bruit du moteur est assourdissant, les rafales de mitrailleuse ininterrompues... Les soldats accroupis près de leur mortier regardent 1a scène, la gorge serrée… L'infirmière ne se redresse pas. Un homme, alors, saute à son tour de l'hélicoptère. Il charge prestement sur ses épaules le corps, vêtu d'une combinaison bleue et au béret encore vissé sur la tête aux cheveux roux. L'hélicoptère reprend de la hauteur et s'éloigne vers Alger.
Quelques heures plus tard, des artilleurs héliportés arrivent en renfort tandis que nos avions T-6 et P-47 attaquent le piton à la mitrailleuse et aux roquettes. En fin de journée, sur le terrain repris par nos troupes, les rebelles laissent 41 morts.
Cependant, à bord de l'hélicoptère, l'infirmière Jacqueline Domergue, frappée d'une balle au front, recevait des soins que l'on savait inutiles. Arrivée en fin de matinée à l'hôpital Maillot, elle expirait à une heure de l'après-midi.
Pour les parachutistes, les aviateurs, les membres du Para-Club d’Alger dont elle était la monitrice, pour les innombrables soldats qu’elle avait secourus sur les champs de bataille d'Indochine, d'Égypte et d’Algérie, Jacqueline Domergue était la populaire – « Jaïc », femme soldat, exemple vivant de bravoure, de dévouement et d'optimisme lucide. Elle était « Jaïc » à la carrure athlétique et au visage d'ange, au regard de lumière et au sourire généreux.
Jacqueline Domergue était née le 8 septembre 1924 à Ismaïlia, de parents français. Son père était attaché à la Compagnie du Canal de Suez. Elle avait fait ses études scolaires à Port-Saïd et au Caire et, une fois bachelière, était venue en France suivre des cours d'infirmière. Quand, au début de 1957, elle revint en Égypte avec le corps expéditionnaire français, elle appelle ironiquement cette campagne militaire « le retour au pays ».
Après avoir obtenu son diplôme d’infirmière de la Croix-Rouge, Jacqueline Domergue cède à la vocation qu’elle ressentait depuis longtemps : voler, sauter en parachute et faire de ce plus périlleux des sports le plus noble des services. Elle suit un stage au centre national de Biscarosse, passe son brevet de pilote et obtient, le 24 février 1952, son diplôme d'infirmière parachutiste. Elle fait partie de la promotion « Adrienne Bolland ». Seules, quarante-sept femmes ont été, jusqu'à ce jour, admises dans le corps d'élite des infirmières parachutistes ou « convoyeuses de l'air ». Peu de temps après, elle reçoit enfin son brevet de moniteur parachutiste, qu'elle est la seule femme à obtenir avec Odette Rousseau et Monique Laroche. Elle se spécialise dans le saut à ouverture retardée à partir de 5 000 mètres de hauteur. En 1955, elle est championne de France. « C'est la plus douée des militaires pour devenir championne civile », disait d'elle Odette Rousseau.
Mais les compétitions ne sont pour Jacqueline Domergue que des exercices auxquels elle se livre, presque par jeu, entre deux missions. En 1954, elle est à Dien-Bien-Phu, aux côtés de sa camarade de promotion Geneviève de Galard. Elle est évacuée sous les bombardements, peu de temps avant l'encerclement de la cuvette. Elle revient d'Indochine avec la croix de guerre. Puis elle prend part à la campagne de Suez. Enfin l'Algérie...
Avant son départ, elle avait réuni quelques amis dans son petit appartement de Fresnes. Alors, Jaïc, si secrète sous des dehors enjoués, n'avait pu se retenir de confier à ses intimes, très surpris de cet aveu, qu'elle était en proie à un sombre pressentiment.
Mais Jaïc n'était pas femme à se laisser décourager par des prémonitions. Au printemps dernier, entre deux missions comportant parfois des sauts en parachute sur le terrain de combat, elle trouvait le temps de s'entraîner pour le championnat mondial de parachute, qui devait avoir lieu à Moscou. Malheureusement, ses obligations de convoyeuse de l'air ne lui permirent pas d'affronter le championnat avec une préparation suffisante. A Moscou, elle manqua la cible. Cet échec la mortifia, mais sans l'abattre, et elle s'était juré de prendre sa revanche. Sa ferveur pour l'aviation et le parachutisme était si communicative qu'elle avait gagné sa sœur cadette. Jeune aviatrice, suivant l'exemple de Jaïc, Myrèse Domergue a remporté en 1954 la Coupe du Tour de France aérien (voir article).
Myrèse, ces jours derniers, attendait le retour de sa sœur, qui était sur le point de prendre un congé de six mois. Toutes deux avaient projeté d'aller faire du ski sur les pentes de Méribel-les-Allues...
A Jaïc Domergue, morte à trente-trois ans au champ d'honneur, Alger a fait des obsèques émouvantes. La médaille militaire épinglée sur sa dépouille est venue clore cette vie en forme de glorieux palmarès. Mais, par-delà le portrait officiel de l'héroïne, tous ceux qui l'ont approchée garderont le souvenir d'une figure romantique, de ce vrai romantisme dépouillé de tout artifice littéraire et de tout retour complaisant sur soi-même : celui de l'esprit d'aventure poussé jusqu'à l'abnégation.
Enquête : RENAUD DE LABORDERIE
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