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 GENESE ET ORGANISATION DES FRANCS-TIREURS

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MessageSujet: GENESE ET ORGANISATION DES FRANCS-TIREURS   Sam 25 Fév - 22:17

GENESE ET ORGANISATION DES FRANCS-TIREURS


L’APPARITION DES FRANCS-TIREURS

Avant Sedan
Dès la fin d’août 1870, on note l’apparition de francs-tireurs imbriqués dans le dispositif de l’armée impériale autour de Sedan. Nullement coordonnée avec l’action de cette dernière, leur initiative ajoute à la confusion qui règne alors dans le secteur.
Leur place serait en effet sur les ailes ou sur les arrières de l’ennemi, non sur la ligne de front, où ils font courir le risque de tirs fratricides et peuvent involontairement fournir des renseignements aux Prussiens.
D’où le mécontentement de l’état-major et les excuses subséquentes du responsable de l’entreprise, François Leroux, maire d’une commune voisine : “Il ne faut pas nous en vouloir de notre maladresse. J’ai assisté à l’invasion de 1814 et de 1815 et me suis souvenu de la façon dont nous nous y sommes pris alors d’ici aux Ardennes” [1]
[1] Anonyme, Sedan, souvenirs d’un officier supérieur,

« Ce corps franc n’est toutefois pas apparu par génération entièrement spontanée. Il a quelque chose à voir avec la création de la garde mobile par le maréchal Niel, ministre de la Guerre en 1867, qui visait à compenser les faiblesses structurelles de l’armée française sans pour autant recourir à un service militaire universel dont l’opinion publique ne voulait pas. De nombreux patriotes des départements de la frontière ayant exprimé le vœu de se former en compagnies de francs-tireurs, voire ayant commencé à le faire de leur propre impulsion, Niel proposait de les regrouper dans la garde nationale mobile au moyen d’engagements d’un an. À la veille de la guerre, cette mesure n’avait reçu qu’un début d’application : une dizaine de communes de l’Est comportaient des compagnies allant de 87 hommes (Mirecourt) à 14 (Frouard), pour un total d’environ 500 combattants [2] ».
[2] Service historique de la Défense, carton Lx 138.
« Le 31 juillet 1870 d’autre part, une circulaire ministérielle admit le principe de compagnies de francs-tireurs engagées pour la durée du conflit et armées aux frais de l’État.
L’idée d’armer le peuple gagna du terrain au début d’août, lorsque surgirent les premiers doutes quant à l’efficacité réelle de l’armée française. Dejean, ministre de la Guerre par intérim, l’évoqua le 7 dans une lettre à l’impératrice Eugénie. Deux jours plus tard, Gambetta réclama publiquement une levée en masse au motif que la France n’affrontait pas seulement l’armée prussienne, mais une nation en armes. Le ministre de l’Intérieur demanda alors aux préfets d’appuyer la constitution d’unités de francs-tireurs. Mais c’est la défaite des troupes impériales à Sedan, le 2 septembre, qui donna toute son ampleur au mouvement ».

« LE GRAND ELAN
Aussitôt qu’il fut ministre de l’Intérieur, Gambetta voulut impliquer l’ensemble de la nation dans la guerre : “Que chaque Français reçoive ou prenne un fusil, et qu’il se mette à la disposition de l’autorité : la patrie est en danger !” [3] ».
[3] Cité par Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale...

« Ces derniers mots n’étaient bien sûr pas anodins. Pour susciter un sursaut de fierté nationale et donner une légitimité à la toute jeune République, le tribun ne pouvait que se référer à la Révolution, durant laquelle l’abolition de la monarchie et la lutte contre l’envahisseur n’avaient pas seulement coïncidé dans le temps, mais avaient participé de la même logique politique. »
L’appel de Gambetta fut diversement reçu. Le Nord et l’Est de la France, touchés au premier chef par l’invasion, fournirent nombreux groupes de francs-tireurs : Eclaireurs des Ardennes, Chasseurs de l’Argonne, Montagnards de Revin, Corps franc des Vosges… À l’inverse, les préfets de Bourgogne, du Jura, des Cévennes, de la Lozère ou des Pyrénées avouèrent initialement que les paysans semblaient indifférents au péril, celui de Nantes allant jusqu’à dire qu’ils préféreraient être Prussiens que soldats français ! [4]
[4] Michael Howard, The Franco-Prussian War, Bury St Edmunds,..
Mais la situation évolua et des départements aussi éloignés des zones d’opération que les Hautes-Alpes, l’Ariège, l’Aude, le Cantal, la Corse, l’Indre, le Jura, les Landes, le Loiret ou la Savoie parvinrent à envoyer une unité chacun. L’Ouest fut représenté par les francs-tireurs de la Sarthe ou le corps Cathelineau. Paris, de son côté, contribua doublement à la lutte en expédiant des corps francs en province et en en alignant bien davantage encore pour sa propre défense contre le siège prussien. L’Algérie ne fut pas en reste : des francs-tireurs vinrent d’Oran, de Blida et de Constantine.
Le mouvement attira également des français expatriés, comme le lieutenant-colonel Chenet, vétéran de Crimée, d’Italie et du Mexique qui goûtait une retraite bien méritée sur les bords du Bosphore. Consterné par la défaite de Sedan, il s’embarqua dans le premier bateau pour Marseille, où il mit sur pied une unité qu’il baptisa la Guérilla d’Orient. Affluèrent encore quantité d’idéalistes ou d’aventuriers étrangers, les uns engagés à titre individuel, les autres à titre collectif tels Garibaldi et ses Chemises rouges, mais aussi des unités constituées en Espagne, en Grèce, en Turquie, en Irlande, en Pologne, aux États-Unis et en Amérique du Sud. En comptant les défenseurs de Paris, le nombre total de francs-tireurs recensés par les autorités s’éleva à 2 893 officiers et 69 182 hommes.
À la fin de la guerre, 350 corps francs représentant un effectif total de 1 135 officiers et 28 580 soldats, dont 35 corps francs venus de l’étranger, battaient encore la campagne [5]
[5] Service historique de la Défense, carton Lx 138 ».
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