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 2017 CENTENAIRE DE L'INTERVENTION DE L'AEF

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MessageSujet: 2017 CENTENAIRE DE L'INTERVENTION DE L'AEF   Sam 25 Fév - 22:30

D’août 1914 à juin 1919, le territoire français est l’un des théâtres majeurs d’une guerre mondiale. C’est ainsi que dès le déclenchement des hostilités et l’entrée des troupes allemandes en France arrivant par la Belgique, le territoire devient cosmopolite.

Ce sont d’abord des troupes belges qui refluent en France, accompagnant les réfugiés civils. Puis les Britanniques qui réagissent rapidement à la violation de la neutralité belge par les Allemands en envoyant un corps expéditionnaire commandé par Lord Kitchener. Les étrangers qui vivaient en France en 1914 sont également nombreux à se porter volontaires, pour la légion étrangère où ils pourront participer à la défense du pays et de leurs idéaux. À la fin de 1914, le front est stabilisé et le territoire français qui n’est pas occupé par les Allemands devient la terre d’accueil de tous les alliés de la France et de l’Entente.

Des ressortissants de pays du monde entier se rassemblent en France. Certains pays sont directement impliqués dans cette guerre : la Grande-Bretagne, la Russie tsariste qui envoie plusieurs régiments combattre en France jusqu’à la révolution de 1917 ou une partie des soldats russes se mutineront, puis l’Italie en 1915, les États-Unis en 1917 dont l’apport fera toute la différence en 1918. D’autres états sont entrés en guerre sans l’avoir décidé, c’est le cas des Dominions de l’Empire britannique qui ont une grande autonomie en politique intérieure mais pas en politique extérieure. L’entrée en guerre de la Grande-Bretagne déclenche quasi automatiquement leur engagement à ses côtés. Il s’agit du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de Terre-Neuve et de l’Afrique du Sud. L’Irlande n’est pas encore un pays et ses troupes font partie de l’armée britannique.

Des peuples d’Europe centrale qui n’ont alors pas d’état profitent du conflit pour revendiquer leur indépendance. La Pologne, éternellement tiraillée entre la Russie et l’Allemagne, les Tchèques et les Slovaques alors intégrés à l’empire austro-hongrois. Des régiments de volontaires se forment en France et sont entrainés par l’armée française pour participer aux combats.

D’autres pays envoient des contingents, comme le Portugal auquel l’Allemagne déclare la guerre en 1916 après que les navires allemands aient été immobilisés dans les ports portugais à la demande des britanniques. Plus de 8 000 soldats portugais vont mourir sur le front du Pas-de-Calais où se trouve aujourd’hui le cimetière militaire portugais de Richebourg.

Dans une moindre mesure, on trouve également des soldats provenant du Japon, du Brésil, de Roumanie, du Honduras, du Nicaragua, de Serbie, du Monténégro, etc.
Citons le cas de trois aviateurs, le baron Kiyotaké Shigeno, descendant de samouraï, capitaine dans l’aéronautique militaire française, breveté aviateur en France en 1912. Il se marie à une française qui l’accompagne au Japon après la guerre. Et celui de Leth Jensen, né au Danemark en 1886. Le Danemark est neutre, mais cela ne l’empêche pas de s’engager pour la durée du conflit le 15 août 1914. Il termine la guerre sous-lieutenant aviateur. Et enfin celui du pilote Italien Francesco Barracca (34 victoires), dont le SPAD S. XIII porte sur son fuselage le cheval cabré de ses armoiries. Cet emblème a été repris plus tard en son honneur par le constructeur d'automobiles italien Ferrari ainsi que par des unités de l'armée de l'air italienne actuelle.

Un des principaux aspects de la présence étrangère en France pendant la Première Guerre mondiale est celui des empires coloniaux français et britanniques. Ce sont des centaines de milliers de combattants et de travailleurs africains et asiatiques qui vont se retrouver sur les champs de bataille de la Belgique, du Nord et de l’Est de la France.

En France, l’emploi des troupes coloniales était réservé aux campagnes coloniales avant 1914. Mais très vite l’énorme réservoir humain que représente les colonies est mis à contribution. En dehors des soldats provenant des « vieilles colonies » (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion qui fournissent 36 000 soldats dont 23 000 servent sur le front français et 2 556 y laissent la vie) dont les habitants sont soumis à la conscription depuis 1913 en tant que citoyen français, tous les territoires sont concernés : la Nouvelle-Calédonie (1 134 volontaires dont 374 trouvent la mort), la Polynésie (2 290 soldats dont 332 perdent la vie), les comptoirs des Indes comme Pondichéry (800 recrues et 75 tués), Madagascar et les Comores (30 000 tirailleurs malgaches sont recrutés et 3 010 ne reviennent pas), l’Afrique occidentale française et l’Afrique équatoriale française, la Côte française des Somalis et l’Indochine.

Les plus nombreux sont les soldats réunis sous le terme de tirailleurs sénégalais. De 1914 à 1918, ils sont 183 000 à être recrutés en AOF principalement mais aussi en AEF. Plus de 130 000 sont envoyés en Europe et 29 000 y périssent.

Pour l’empire Britannique, le corps expéditionnaire le plus impressionnant, celui qui a suscité le plus de curiosité des français est le corps expéditionnaire Indien dont les soldats proviennent d’Inde, du Népal et du Pakistan actuel. 140 000 soldats, les cipayes, servent en Europe dont 50 000 non combattants.

Nous pouvons conclure cette vision globale de la présence étrangère militaire en France pendant la Première Guerre mondiale sur un aspect peu connu. Les étrangers les plus nombreux en France le 11 novembre 1918 sont les américains dont près de 2 000 000 ont débarqués en France pendant l’année 1918. Parmi eux, 100 000 soldats afro-américains dont la majeure partie est affectée aux troupes de soutien comme travailleurs. Sur les deux divisions qui sont engagées au combat, l’une le sera totalement sous commandement français. Ces soldats, soumis chez eux à une très dure ségrégation, se comportent de manière exemplaire comme en atteste les archives militaires. Ils sont aussi responsables d’un apport culturel majeur en France : le jazz. En 1917, James Reese Europe s’engage avec tous les musiciens du Clef Club de New-York. Ils arrivent en France avec le ragtime, genre précurseur du jazz.
Cet apport n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des apports des alliés à la culture française pendant la guerre.
Sources : Benjamin Doizelet & L .H. Galea.
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MessageSujet: l'AEF en FRANCE   Sam 25 Fév - 22:33

La seule unité américaine formée en France. Le 12 septembre 1917, l'élément précurseur s'implante à Bourmont (Haute-Marne). La division s'y constituera, et y passera l'hiver pour parfaire son instruction avant d'aller au combat. Cette division sera formée de deux brigades.
La première, du Corps des Marines, est composée : du 5ème Régiment de Philadelphie commandé par le colonel C. Doven, qui débarque le 2 juillet à Saint-Nazaire. Depuis début juillet, le 3ème bataillon se charge de la police, et de la sécurité du port de Saint-Nazaire. Quant aux 1er et 2ème bataillons, ils s'initient depuis le 16 juillet à la guerre de tranchées à Gondrecourt, à l'est de Verdun, avec le concours de trois bataillons de Chasseurs français.
Du 6ème régiment, commandé par le colonel A. Catlin en cours de formation à Quantico (USA). L'arrivée en France du 6ème régiment des Marines s'échelonnera du 5 août 1917 au 5 février 1918.
La deuxième, d'infanterie, sera composée des 9ème et 23ème régiments d'infanterie dont les éléments arriveront en France en septembre.
Le 24 septembre, les 1er et 2ème bataillons du 5ème Marines (3) rejoignent la division. Le colonel C. Doven est promu brigadier général et prend le commandement de la 2ème D.I. qu'il rend opérationnelle.
La 2ème division est officiellement formée le 26 octobre 1917. Elle se compose alors de la 2ème brigade d'infanterie, de la 4ème brigade des Marines, de la 2ème brigade d'artillerie de campagne, du 2ème régiment du génie, les services et les transports. Le personnel est installé chez l'habitant ou dans des baraquements construits à cet effet. En décembre, les effectifs des différentes unités de la division sont renforcés, les bataillons de mitrailleuses sont augmentés d'une compagnie, le 6ème bataillon de mitrailleuses est constitué. À ce moment, les effectifs de la 4ème brigade des Marines atteignent 9 444 hommes.
3ème DIVISION D’INFANTERIE U.S.

Composition de la 3ème Division d’Infanterie US :
v Le 9ème régiment d'artillerie de campagne
Un bataillon, fut constitué à Schofield Barracks, Hawaii en 1916. Il comporte la double particularité d'avoir été le premier régiment d'artillerie dans le monde à avoir été entièrement motorisé, et d'avoir été le seul régiment d'artillerie à avoir été déployé outre-mer.
v Le 10ème régiment d'artillerie de campagne
Constitué en 1917 à Douglas, Arizona, devint d'abord partie intégrante de la 3ème Brigade d'artillerie de campagne de la 3ème DI et fut envoyé en France ou il fut engagé dans cinq opérations majeures : Champagne, Champagne-Marne, St Mihiel et Meuse-Argonne.
v  Le 10ème gagna son surnom de "Rocks of the Marne" à l'occasion du comportement héroïque de la 3ème DI sur la Marne. En reconnaissance de ses services, le régiment, (actuellement un bataillon), a été distingué par l'attribution de la Croix de Guerre des mains du Maréchal Pétain (1).
Bien que la 3ème DIUS n’ait été créée qu’en 1917, ses véritables origines sont enracinées dans le glorieux passé des fameux éléments qui la constituent. Leurs honneurs militaires incluent les campagnes de 1812, les guerres indiennes, la guerre du Mexique, la guerre civile, la guerre hispano-américaine, ainsi que les deux guerres mondiales.
v Le 7ème RI
Créé en 1798. Dissout en 1800, reconstitué en 1808. Depuis cette date, il est toujours en service. Sa longue liste de batailles glorieuses commence avec la bataille de Tippecanoe lors des guerres indiennes de 1811. Il prit part à de nombreux engagements dans la guerre civile, tout autant que dans les guerres indiennes.
Au cours de la première guerre mondiale il se distingua dans les opérations suivantes : défense de l'Aisne, défense de la Champagne et de la Marne, offensive de l'Aisne et de la Marne ainsi que de la Meuse-Argonne. Le régiment fut décoré de la Croix de Guerre par le Gouvernement Français.
v Le 15ème RI
A été organisé à l'origine sous la forme d'une unité de volontaires pour servir contre les anglais lors de la guerre de 1812, et passa 26 ans en garnison en Chine. Lors de la guerre civile il participa aux batailles de Murfreesboro, Chakamauga, Chattanooga et d'Atlanta. La rébellion des Boxers en 1900 conduisit pour la première fois le 15ème RI en Chine. Il retourna aux Etats Unis en 1902, mais fut de nouveau affecté en Chine en 1912 pour protéger la voie ferrée Pékin-Mukden entre Tientsin et Chinwangtao.
Ce second séjour s'acheva en 1938 lorsque le régiment regagna l'Amérique pour rejoindre la Division à Fort Lewis, dans le comté de Washington.
v Le 30ème RI
Est cité pour sa participation à la guerre de 1812, et dans la guerre civile mais l'histoire du présent 30ème RI débuta sa formation par un acte du Congrès du 2 février 1901, et son organisation fut initialisée à Fort Logan, dans le Colorado.
Pendant la première guerre mondiale le régiment participa à l'offensive sur Saint Mihiel, à celle de la Meuse-Argonne, aux opérations sur Château Thierry ainsi qu'à la défense de la Champagne et de la Marne. A l'occasion de cette dernière action, le régiment fut décoré de la Croix de Guerre avec palme par le Gouvernement Français.
L'état-major et la compagnie de commandement de la 3ème DIUS ont été organisés le 1er janvier 1918 à Chickamauga Park en Géorgie. Trois mois plus tard, la compagnie arrive en France, et fait l'expérience de son premier combat à Château Thierry le 14 juillet 1918.
Elle participe un peu plus tard à l'offensive sur l'Aisne, à celle de l'Aisne et de la Marne, à la capture du saillant de St Mihiel, et enfin à l'offensive de la Meuse- Argonne.

Les Etats-Unis entrent en guerre peu après le torpillage du paquebot Lusitania le 7 mai 1915, par le U20. Ce navire qui venait de New York, et se dirigeait vers Liverpool, transportait 1.959 passagers, et hommes d'équipage. Le Lusitania transportait également - en secret - de très importantes quantités de munitions d'origine américaine destinées aux armées alliées engagées en France.
Toute liberté d’action avait été donnée à Pershing pour la conduite des troupes américaines sur le sol français. La seule contrainte évoquée par le président Wilson était que les États-Unis devaient conserver impérativement toute liberté d'action sur leurs hommes et surtout ne pas se mettre dans une position de dépendance face aux Alliés. Le général Pershing, flanqué d’un officier supérieur nommé Douglas Mac Arthur, et d’un jeune capitaine nommé George S. Patton faisant partie de son état-major, s'embarquèrent secrètement de New York le 28 mai 1917, et arrivèrent à Liverpool le 8 juin. Pershing fut reçu par le roi George V à Buckingham.
Un premier contingent de l'AEF, qui devait compter environ 1.500.000 hommes, arriva en France, et fut chaleureusement accueilli par le peuple français. Le Général Pershing s'installa dans l'hôtel particulier situé au 49 rue Pierre-Charron qui devint ultérieurement le siège de l'American Legion, et fut transformé en hôtel, nommé en son honneur le « Pershing Hall ». La grande difficulté était, pour Pershing, de composer entre le manque total de préparation d'une armée encore à l'état d'embryon, et la pression importante de la France et de la Grande-Bretagne, qui n'espéraient pas une armée américaine opérationnelle en tant que telle, mais plutôt de renforts en hommes de troupe. On attribue souvent à tort la fameuse phrase « Lafayette, nous voici » au général Pershing lorsqu'il arriva en haut de la côte de Picardie, entre Versailles et Sèvres (même si un monument est toujours visible à cet emplacement), elle fut en réalité prononcée le jour anniversaire de l’Indépendance américaine, le 4 juillet 1917 par le colonel Stanton, sur la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus à Paris. Il reste cependant un doute sur l'attribution de cette phrase au capitaine Charles E. Stanton, car s'il est exact que ce dernier, membre de l'état-major de Pershing, avait été désigné par le général pour parler en son nom, monsieur Painlevé et l'ambassadeur américain à Paris, monsieur Sharp, présents lors de la cérémonie, ont demandé à Pershing de prononcer également une allocution. Le général avoue avoir "improvisé un speech" "je n'eus pas de peine à trouver quelques mots. C'est à cette occasion, et devant ce tombeau que furent prononcés les mots mémorables qu'on ne pouvait trouver que sous le coup d'une profonde émotion, des mots qui vivront longtemps dans l'histoire : « Lafayette, nous voici ! ». Le général Pershing ajoute dans ses mémoires qu'il n'a pas souvenance personnellement "d'avoir dit quelque chose d'aussi beau" et croit devoir laisser "l'honneur d'une phrase si heureuse, et si bien frappée" à son vieux compagnon d'arme Charles E. Stanton.
Pendant des mois, Pershing doit lutter avec les Français et les Britanniques pour résoudre de simples problèmes de dépôts d'approvisionnement de bâtiments ou de lignes téléphoniques, afin que les premières troupes américaines puissent enfin commencer à arriver en France. Pershing choisit Chaumont dans la Haute-Marne, important nœud ferroviaire, pour son implantation. Enfin les éléments précurseurs arrivèrent en septembre dans la région.
Dans le même temps, les événements vont évoluer. Pershing est nommé au grade de major général, et les États-Unis déclarent la guerre le 6 avril 1917 à l'Empire allemand de Guillaume II.
En juin/juillet 1917, 14.000 GI avaient déjà débarqué à Boulogne-sur-Mer. À la fin des hostilités, en novembre 1918, les forces américaines culmineront à 1.790.623 combattants. La première division américaine à être formée et considérée comme opérationnelle le fut à Bourmont (dans la Haute-Marne) : il s'agissait de la Seconde Division d'infanterie US composée d'une brigade de Marines et d'une brigade d'infanterie.
Le 10 novembre 1917, Patton reçut l'ordre de fonder l'école des blindés légers de la force expéditionnaire. Il quitta Paris et rejoignit le camp d'entraînement de l'armée française à Champlieu près d'Orrouy où il conduisit un char léger Renault FT17 pour tester sa capacité à franchir les tranchées. Il visita également une usine Renault pour inspecter la fabrication des blindés. Le 20 novembre, les Britanniques lancèrent ce qui était alors la plus grande offensive de chars de la guerre près de Cambrai. Dix jours plus tard, Patton se rendit à Albert à environ 50 km de Cambrai pour s’informer des résultats de l'attaque par John Frederick Charles Fuller, le commandant britannique du Royal Tank Régiment. Patton fut promu major le 26 janvier 1918, et reçut les dix premiers chars de son école à Langres le 23 mars. Étant le seul soldat ayant une expérience de la conduite de ces engins, Patton descendit personnellement sept chars du train qui les avait transportés. À son poste, Patton entraîna les équipages des chars à opérer en soutien de l'infanterie, et défendit avec énergie son usage auprès des officiers réticents. Il fut promu lieutenant-colonel le 3 avril 1918.
En août 1918, il fut placé à la tête de la 1ère brigade provisoire de chars qui fut renommée « 304ème brigade de chars » le 6 novembre. Cette unité appartenait au corps blindé du colonel Samuel Rockenbach opérant au sein de la 1ère armée américaine (the big red one).
Supervisant la logistique des blindés dans leur première utilisation par des forces américaines et menant personnellement des reconnaissances en prévision de l'attaque, Patton spécifia à ses officiers, qu'aucun char américain ne devait se rendre, « sous aucun prétexte ». Il va commander les équipages américains des chars Renault FT17 à la bataille de Saint-Mihiel, depuis le front durant la plus grande partie de l'offensive qui commence le 12 septembre. Il marche devant les chars dans le village d'Essey-et-Maizerais occupé par les Allemands, allant jusqu’à embarquer sur un char durant l'attaque sur Pannes, pour diriger et encourager ses hommes.
Le haut commandement allié qui pensait que ces effectifs pourraient être incorporés dans ses troupes, n'entrait pas du tout dans les intentions de Pershing, qui s'opposa vivement à cette idée. Pershing obtint que les États-Unis fussent associés au Commandement suprême, que formaient alors la France et la Grande-Bretagne.
Cette polémique connut un coup d'arrêt en mars 1918, car une contre-attaque allemande mit sérieusement en péril la ligne de front des Alliés, et risqua même de provoquer leur défaite. Pershing, constatant tout le danger de la situation, prit la décision de placer les troupes américaines sous la responsabilité du commandant suprême des forces alliées, le maréchal Foch. Winston Churchill déclarera que « cette décision était à la hauteur de la gravité de la situation, et qu'elle permit tout simplement de repousser l'offensive de Ludendorff ».
En juin 1918, près d'un million d'hommes ont déjà débarqué, et plusieurs divisions U.S. sont sur le front de l'Aisne, au moment de l'offensive allemande du 27 mai sur le Chemin des Dames.
En effet, le 27 mai 1918, suite à l'offensive ennemie sur le Chemin des Dames, les lignes françaises sont enfoncées sur une profondeur de 50 kms, entre Noyon et Reims. Le 31 mai, la 2ème division d'infanterie américaine, forte maintenant de 26.665 hommes dont 1.063 officiers, reçoit l'ordre de constituer une ligne défensive solide dans le secteur de Château-Thierry. Reprenant aussitôt l'offensive suivant les directives du général Foch, la 6ème Armée française met les Américains à l'épreuve du feu. Dans la nuit du 5 juin, la brigade de marines et le 23ème d'infanterie de la 2ème DI passent à l'action, et prennent pied dans le bois de Belleau. Soumis pendant dix jours à de violentes contre-attaques, ils parviennent le 25 juin à chasser les derniers Allemands qui se cramponnaient au coin nord du bois, et dans la foulée, s'emparent du village de Bouresches.
Incidemment, il faut noter que des formations US entièrement composées d’hommes de couleur arrivent en France. La ségrégation raciale étant alors au plus fort de sa présence dans les états du sud des Etats Unis, ces troupes vont être affectées en priorité à des taches de logistique, et d’aménagement des cimetières.  Des soldats noirs du 369ème régiment (artilleurs) seront néanmoins décorés de la Croix de guerre. Les Français qui ne sont guère habitués à traiter leurs ressortissants de couleur de cette manière, vont réagir de manières très différentes.
La brigade de Patton va être ensuite redéployée pour soutenir le 1er corps américain durant l'offensive Meuse-Argonne du 26 septembre. Il commande en personne un détachement de chars dans un épais brouillard alors qu'il progresse de 8 km dans les lignes allemandes. Vers 09.00, Patton est blessé à la jambe gauche, alors qu'il mène l'attaque d'une position de mitrailleuses allemandes avec six hommes, et un char près de la ville de Cheppy.
Il est secouru sous le feu des mitrailleuses allemandes par Joe Angelo, un première-classe aide-soignant, qui va recevoir par la suite une Distinguished Service Cross pour cette action. Patton continue de commander ses hommes depuis un trou d'obus pendant une heure avant d'être évacué. Il s'arrête à un poste de commandement à l'arrière pour soumettre son rapport avant d'être emmené à l'hôpital. Sereno E. Brett, commandant du 326ème bataillon de chars, assume le commandement de la brigade en son absence. Alors qu'il récupère de ses blessures, Patton est promu colonel le 17 octobre. Il retourne sur le front le 28, mais ne participe plus à d'autres combats jusqu’à l'armistice du 11 novembre 1918. Pour ses actions à Cheppy, Patton obtint la Distinguished Service Cross. Il reçoit également la Purple Heart (médaille des blessés) pour ses blessures après la création de cette décoration en 1932.
Quant à la 3ème Division d'Infanterie américaine, après s'être brillamment illustrée lors de la défense du pont de Château-Thierry, elle va prendre une part active lors de l'attaque allemande du 15 juillet sur la Marne, et au cours de la "seconde bataille de la Marne" déclenchée le 18 juillet, qui marque le début du repli allemand. Son appellation « Rock of the Marne » y prendra naissance.
Plus tard, en juillet, alors que les divisions américaines contribuent à repousser les forces allemandes, Foch déclare à Pershing que le temps est venu de rassembler l'ensemble de ses forces, actuellement dispersées dans les armées françaises et anglaises, pour former une armée indépendante sous son propre commandement. Des préparatifs débutèrent alors pour préparer la première offensive américaine. Celle-ci devait s'effectuer en septembre dans le but de réduire le saillant de Saint-Mihiel (Meuse).
Pour son action décisive, la 3ème Division d’Infanterie reçoit la Croix de Guerre avec Palme (qui s’ajoute aux Croix de Guerre remises aux régiments). La Division va déplorer 3.177 tués au combat et 12.940 blessés.
Le général John J. "Black Jack" Pershing, commandant en chef des forces américaines en France, dira par la suite que « les actions de cette division comptent parmi les plus brillantes et héroïques de l'histoire militaire des Etats-Unis ». Au cours de la Grande Guerre, deux de ses membres sont d'ailleurs décorés de la Médaille d'Honneur du Congrès.

Note :  

Il est plaisant de remarquer que dans l’état-major du général John Pershing, nous trouvons le futur général Mac Arthur (généralissime en Corée), le futur général Patton (3ème DIUS Cavalerie, poche de Falaise), le futur général Holland Smith (Corps des Marines - Saipan), le lieutenant-colonel Billy Mitchell, pionnier de l’aviation de bombardement américaine en France (va donner son nom au bombardier B25 Mitchell).

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