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 OPERATION MERKUR

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BUFFY1
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MessageSujet: OPERATION MERKUR   Sam 25 Fév - 23:45

OPERATION MERKUR

Occupation de la Crète par les troupes de l’Axe

Les troupes de la XIIème armée allemande, commandée par le général Lörh, soutenue par la IVème flotte aérienne entrent en Grèce le 6 Avril 1941 – au secours des Italiens qui piétinent -, et le 24 le pays capitule. Les troupes anglaises, battues, ayant subi de lourdes pertes évacuent le pays, et se rendent en Crète.

La Crète est une île qui de tout temps a été un point stratégique en Méditerranée orientale. Elle est un pilier incontournable de la maîtrise de la Méditerranée avec sa cousine Malte. La possession de l’île signifie la sécurité de l’Egypte, l’éviction de l’Italie du Dodécanèse, un flanquement solide de Malte, une base de départ pour effectuer des attaques contre les colonies italiennes d’Afrique du Nord. Par contre la Crète en possession des Allemands c’est un pistolet chargé, braqué sur le cœur du Proche-Orient, et l’affaiblissement mortel du flanquement de Malte.

Bien sûr le « Premier », Churchill savait tout cela, mais il n’était pas le seul, car le général Korten chef d’état-major de la IVème flotte aérienne en avait tiré les mêmes conclusions. Toutefois le colonel général Lörh, et son chef d’état major ont pris connaissance de l’intention d’Hitler d’attaquer la Russie. Lui pense à une opération sur la Crète qui chasserait les Anglais de la méditerranée, et du Proche Orient. Avec l’aide la Turquie – qui a une revanche à prendre contre les Grecs -, on pourrait constituer une position de flanc contre la Russie, et menacer l’Egypte.

Les rapports qui parvenaient aux services de renseignement anglais devinrent de plus en plus menaçants. Le XIème corps aérien fit son apparition en Grèce. Son commandant était le fameux général de parachutistes Student. Son arrivée ne signifiait rien d’autre que la foudre allait s’abattre sur la Crète. Les agents de renseignement en Grèce signalent la présence de six cent cinquante appareils de bombardement accompagnés de deux cent soixante-dix chasseurs. Le 28 avril déjà, Churchill avait averti son commandant en chef au Caire, le général Wavell que selon ses renseignements, il apparaissait clairement qu’une puissante attaque devrait se produire contre la Crète. Il pensait en outre que c’était là une excellente occasion pour donner une bonne leçon aux paras allemands, et que l’île devait être défendue « opiniâtrement ». Wavell répondit qu’il ne disposait que de trois bataillons d’infanterie et 30.000 hommes évacués de Grèce, mal équipés, pour défendre une île de deux cent soixante kilomètres de long. Il ne disposait que de 16 pièces lourdes de DCA, de 36 légères et de 24 projecteurs. Le général néo-zélandais Freiberg qui commande les troupes est un des officiers généraux les plus courageux de l’armée britannique. Sa percée des lignes allemandes sur la Somme lui a valu la Victoria Cross. Il transporte son PC sur la presqu’île d’Akrotiri entre le gros bourg de La Canée (Khania) et la baie de Suda (Souda Bay). Il place ses troupes, renforcées de troupes grecques, dans les abords des terrains de Malème, de Réthymno et d’Héraklion. Il télégraphie à Wavel «…..troupes tout à fait insuffisantes. Demande de renforts aériens et navals…Ne peux sans cela espérer que mes troupes suffisent…en raison de la campagne de Grèce, elles sont dépourvues d’artillerie, sans blindés, sans moyens de transport, sans matériel et sans munitions….Troupes de la garnison décidées à se battre, mais sans perspective d’empêcher l’invasion, sans marine et sans aviation »

Du côté Allemand, la campagne éclair des Balkans les confortent dans l’idée de s’occuper rapidement – sans laisser souffler les Anglais – de la Crète. Göring qui a beaucoup à se faire pardonner, après l’échec de son blitz contre l’Angleterre, donne plein appui à cette opération qui s’appelle dorénavant opération « Merkur ».

Le plan de bataille est pour le moins énergique :
Les Allemands alignent la 7ème division aéroportée, et la 5ème division de chasseurs de montagne. Student dispose de 16.000 hommes, dont 7.000 doivent attaquer par mer. La Luftwaffe met à sa disposition 500 appareils de transport, deux formations de bombardiers, une de stukas, et une de chasse par formation de bombardement soit environ 1.000 appareils.

Student prévoit que dès le lever du jour les bombardiers commenceront l’attaque, suivis immédiatement par la première vague de parachutistes qui doivent s’emparer de l’aérodrome de Malème, des positions britanniques de La Canée, et du rivage de la baie de Souda. L’après midi, ce doit être au tour de Réthymno et d’Héraklion. Les transports maritimes devaient être protégés par l’aviation, qui elle-même devrait également s’occuper de la flotte britannique qui ne manquerait pas de s’inviter dans les combats. En face Freiberg a exactement placé ses hommes, là où les Allemands projettent de débarquer. Toutefois, il commet une lourde faute en laissant les pistes libres de tout obstacle (il espère encore l’arrivée d’une aide aérienne).

Le 20 Mai 1941, à l’aube, les formations de bombardiers décollent et se dirigent vers leurs objectifs. Les vagues succèdent aux vagues. La DCA va tirer sur les premières formations, puis ses positions détruites, elle se tait. La dernière vague de bombardiers atterrit sur sa base de départ, alors que les moteurs des JU52 commencent à tourner. Ils décollent l’un après l’autre, se groupent en formation puis se dirigent vers l’île de Dédale et d’Icare. Au dessus de leur but les paras sautent….en enfer, car si la DCA est presque inexistante, les nids de mitrailleuses prennent à partie les paras alors qu’ils sont en l’air. Les paras allemands qui arrivent au sol, se débarrassent de leur parachute, puis courent vers les containers d’armes sous le feu des mitrailleuses qui s’intensifie. Les paras qui ont touché terre prés de Malème qui se font hacher, ne peuvent approcher des containers d’armes qu’avec beaucoup de difficultés.

La deuxième vague était dirigée contre Réthymnon et Héraklion. Elle tomba elle aussi sur des défenses si bien fournies, qu’elle ne put s’emparer d’aucun des objectifs prévus. Un bataillon néo-zélandais tint l’aérodrome d’Héraklion jusqu’au soir, puis se retira. Les Allemands occupèrent immédiatement les lieux qui étaient encore battu par l’artillerie lourde.

Au soir du 20 mai, Student considère que la situation est critique, car aucun des objectifs majeurs n’est tombé. Les chasseurs parachutistes sont encerclés par les troupes britanniques. La 5ème division de chasseurs de montagne ne peut être débarquée, car aucune plage n’est tombée. Si les britanniques envoient des renforts par mer, les chasseurs paras sont voués à l’anéantissement.

Le 21 mai, dans la nuit, une partie de la flotte d’Alexandrie sous le commandement de l’amiral Cunningham se dirige vers la Crète. Elle se compose des cuirassés Warspite et Valiant, des croiseurs Ajax, Dido, Fiji, Gloucester et Orion, des destroyers Greyhound, Kelly, Kashmir et Juno. On signale à l’escadre qu’un convoi allemand est signalé au nord de La Canée. Une cinquantaine de barques à moteur filant six nœuds (11 km/h), escortées par le destroyer italien Lupo, se fait attaquer au canon. Cette flotte de candidats au suicide se fait décimer par les pièces d’artillerie. Les rares survivants qui arrivent au rivage se font tuer par les mitrailleuses qui les attendent. Les sources allemandes admettent que 1.000 hommes furent tués ce jour là. Dès que le jour se lève, la Luftwaffe commence à pilonner les navires. Le destroyer Juno est envoyé par le fond.

Le soir du 21 mai, les chasseurs paras ont réussi à investir une partie du terrain de Malème. Puis des renforts sont jetés, et enfin le terrain est conquis. Aussitôt les JU52 atterrissent sous le feu de l’artillerie, débarquent moteurs tournants leurs chasseurs de montagne qui entament immédiatement des attaques pour élargir leur tête de pont. La situation se détériore rapidement pour les troupes anglaises. Le roi de Grèce est évacué avec son état major à travers des sentiers de montagne, vers la côte sud où est prévue son évacuation de l’île.

Dans l’après midi du 21, les bombardiers du 8ème Corps aérien engagent la flotte britannique. Au cours des combats qui dureront deux jours, la flotte d’Alexandrie qui va se trouver à court de munitions anti- aérienne voit le Fiji et le Gloucester couler, suivis du Greyhound. Les destroyers Kelly et Kashmir sont coulés dans l’après midi. Lord Mountbatten est sauvé avec 279 hommes, par un destroyer venu de Malte. Les cuirassés Warspite et Valiant (31.000 tonnes) sont tellement endommagés qu’ils sont devenus inutilisables.

Dans la nuit du 22 mai, les troupes d’assaut britanniques poussent jusqu’à la limite du terrain de Malème, compromettant le succès de l’opération allemande. Le général Jeschonnek engage alors dés le 23 mai, la 5ème division de chasseurs de montagne. Après une journée et une nuit de durs combats, les chasseurs paras réussissent à repousser les Anglais hors du périmètre de Malème. La situation empirant, Freyberg envisage l’évacuation de la Crète. Churchill télégraphie à Wavel « A ce tournant décisif de la guerre, une victoire en Crète nous est nécessaire. Jetez dans la bataille tout ce que vous pourrez en fait de renforts ».

Le 27 mai, les chasseurs de montagne, sous le commandement du général Ringer, pénètrent profondément dans le dispositif anglais, pour rejoindre la ville de La Canée (Khania), que la Luftwaffe a préalablement transformée en un tas de décombres fumants. Le front anglais ainsi rompu, les positions de la baie de Souda sont compromises. Dans le même temps les unités de Réthymno et d’Héraklion, sont sur le point d’être encerclées.

Le 27 mai, Freyberg ordonne la retraite en direction de la côte sud de l’île, en direction du village de Sphakia (sfakia). Les troupes en retraite vont traverser l’île à travers la montagne Blanche par des sentiers muletiers, poursuivis par les chasseurs de montagne. 22.000 hommes empruntent ces sentiers de la souffrance. Trois croiseurs, et six destroyers sont envoyés pour évacuer le corps expéditionnaire anglais. La Luftwaffe les attaque ; le croiseur Ajax qui est encore une fois touché, doit faire demi-tour. Dans la nuit les 4.000 hommes d’Héraklion, sont évacués sans couverture aérienne. De 6 heures du matin à 13 heures les bâtiments sont sous le feu des bombardiers. Le destroyer Hereward est touché, et coule. Tout son équipage est emmené en captivité. Le croiseur Orion est également touché et commence à brûler. L’évacuation d’Héraklion se solde par une perte de 800 hommes. La garnison de Réthymno qui ne peut être sauvée, doit se rendre. L’amiral Cunningham dépêche des renforts à Sphakia pour évacuer tous les hommes qui s’y trouvent. Il envoie dans la nuit du 29 au 30 mai trois croiseurs et trois destroyers. Ces bâtiments embarquent 6.000 hommes. Le voyage de retour s’effectue sans incident. La nuit suivante les destroyers embarquent 1.500 hommes. Dans la nuit du 1er juin, deux croiseurs et trois destroyers mouillent de nouveau dans la baie, et embarquent 4.000 hommes qui sont évacués sans problème vers Alexandrie. Le croiseur Calcutta envoyé en renfort, est dépêché par le fond. Le total des hommes évacués atteint 16.500 hommes. Ce succès est à porter au crédit du général Freyberg, qui sut organiser de main de maître l’évacuation de ses troupes.

La Crète a coûté à la Grande Bretagne, 2.000 marins, 12.245 soldats prisonniers auxquels il faut ajouter 2.266 soldats grecs, 5.000 morts. La Luftwaffe a coulé quatre croiseurs, six destroyers, un chasseur de mines, trois sous marins, deux vedettes, cinq torpilleurs rapides, plus dix-neuf embarcations diverses. Elle a endommagé un porte avions, trois cuirassés, trois croiseurs et huit destroyers. Il ne reste plus à Alexandrie que deux cuirassés, trois croiseurs et dix-sept destroyers en état de combattre.

Du côté allemand, les pertes sont lourdes car il s’agit de troupes d’élite : 3.674 hommes sont tués ou portés disparus, et autant de blessés. La Luftwaffe perd 320 hommes, 200 avions de transport, plus 148 endommagés.

La possession de la Crète qui devait flanquer par le sud les entreprises allemandes sur le Proche Orient ne fut pas développée. L’affaire de Crète devait rester un épisode coûteux pour les Allemands, dont ils ne surent pas exploiter les résultats stratégiques.
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