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 LONG RANGE DESERT GROUP

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BUFFY1
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MessageSujet: LONG RANGE DESERT GROUP   Sam 25 Fév - 23:50

LRDG – LONG RANGE DESERT GROUP –

Acte de naissance

En 1919, le capitaine Claude.H. Williams, de l’I/1er régiment de la Garde à Pembroke, détaché à la 5ème patrouille automobile légère publie un rapport « dont le contenu n’est à révéler qu’aux personnes autorisées ». La préface présente le sujet de manière fort claire : « Ce rapport a pour but de consigner par écrit tous les renseignements que j’ai recueillis en patrouillant dans le désert au cours des trois dernières années, et qui pourraient dans l’avenir, avoir une certaine valeur militaire ».

Ce rapport deviendra la bible des LRDG.

Un peu d’histoire ; en 1915 – comme en 1940 –, l’Egypte était à la merci d’une attaque venant de l’ouest. Sayed Ahmed Esh Sherif, chef Senoussi, s’était allié aux Turcs contre les Italiens détestés. Fin 1915, les troupes « Senoussi » sous le commandement d’officiers allemands et turcs, atteignaient Marsa Matrouh grâce à l’argent et au matériel ennemis. L’Angleterre va immobiliser quelques milliers d’hommes dans le désert occidental. La plupart de ces hommes étaient des cavaliers volontaires, qui compte tenu des nécessités de leurs montures, ne pouvaient opérer qu’à proximité de points d’eau et de réserve de fourrage. Ils ne purent qu’opérer le long de la côte, laissant aux « Patrouilles Automobiles Légères » le soin de défendre le désert et les oasis. Les hommes qui composèrent ces patrouilles furent de véritables pionniers. Ils retrouvèrent l’emploi du sextant, ils réalisèrent les premiers condenseurs pour le refroidissement des radiateurs de leurs véhicules qui étaient des Ford modèle T. Ces patrouilles furent dissoutes en 1917, lorsque le chef Al Senoussi fut chassé d’Egypte.

Un quart de siècle plus tard, l’histoire se répéta. L’Italie menaça à nouveau l’Egypte. Toutefois, du fait de la mécanisation plus renforcée des armées, la menace d’invasion n’était plus circonscrite comme venant de l’ouest, mais aussi de l’est par des troupes venant d’Erythrée et d’Abyssinie. En face des 500.000 italiens stationnés en Abyssinie, les anglais n’alignaient en 1940 au Soudan, que 2.500 hommes, 4.500 Soudanais, aucun char, sept avions, et très peu de canons.

Mille kilomètres à l’ouest du Nil se trouve l’oasis de Koufra où l’eau ne manque pas et les moyens d’accès vers la côte et vers Hon sont excellents. Au-delà de Koufra, se trouve Oueinat réputée pour son eau, et son terrain d’atterrissage. Il est facile en partant de Koufra de se rendre vers la province du Tchad en AEF en passant par Sarra et Faya Largeau. Il existait une ligne aérienne qui reliait l’Afrique Occidentale au Caire en passant par Takoradi qui fut réactivée lorsque la Méditerranée fut fermée par les troupes de l’Axe.

En attendant, les stratèges britanniques et français se penchèrent sur un cas sérieux : Si les Italiens partant de Koufra et plus à l’ouest de Mourzouk s’étaient dirigés vers le sud, bousculant les Français, et s’emparaient de Fort Lamy, il eut été difficile de les repousser, car la défense du Soudan et de l’Egypte accaparait tous les moyens disponibles. Il était dès lors, indispensable de savoir ce que faisait l’ennemi dans le désert en premier lieu et ensuite de s’assurer la main mise sur Koufra qui était la clef de la sécurité ouest, est et sud. Comme l’ennemi c’était les Italiens, il se trouvait qu’il ne faisait rien du tout. Il faut noter qu’au milieu de 1940, aucune force britannique stationnée en Egypte n’aurait été capable de rallier Koufra en partant de la vallée du Nil.

Dès 1935, des aventuriers enthousiastes s’étaient groupés autour du commandant R .A. Bagnold, et trouvaient un plaisir fou à explorer le désert de Libye. Leurs randonnées de 8 à 9.000 kilomètres les conduisirent à peu prés partout entre la Méditerranée et le nord du Soudan.

En octobre 1939, le commandant Bagnold était embarqué sur un bateau, qui venant de Londres, devait le déposer à son nouveau poste en Afrique Orientale, voit son voyage détourné à cause d’une collision de son navire avec un autre bâtiment, et doit faire escale à Alexandrie. Il va visiter Le Caire et rencontre le général Wavell qui connaît la spécialité de Bagnold, le fait affecter sur le champ à son état-major.

Le LRDG vient de naître.


LRDG – Organisation & missions

Le commandant Bagnold présente pour la troisième fois son projet de création du LRDG le 19 juin 1940. Il est approuvé le 23. Le 5 août, les premiers éléments de la colonne quittent Le Caire pour une expédition d’entraînement. Le 27, la colonne est prête au combat. Bagnold recrute Clayton qui arrive du Tanganyka, puis Pendergast qui arrive d’Angleterre ainsi que Mitford. Concernant le matériel nécessaire, comme l’armée ne peut fournir ce dont ils ont besoin, ils vont utiliser le système D. Les cartes sont imprimées par des « copains » à Gizeh, les théodolites proviennent de l’Institut de physique, les compas solaires sont fournis par l’armée égyptienne, un dénommé Shapiro concessionnaire Ford apporte son concours pour l’équipement des véhicules, des maîtresses d’école leur donnent des tables de logarithmes, la société Chevrolet va fournir les véhicules. Les hommes – tous volontaires - dans leur grande majorité provinrent d’unités néo-zélandaises. Les « kiwis » s’adaptèrent très rapidement à la vie, aux travaux et aux actions de guerre dans le désert. Parmi les hommes, certains avaient une spécialité incontournable, tels les radios, suivis de prés par les navigateurs.

Chaque patrouille comprenait 2 officiers, une trentaine d’hommes, 11 camions, 11 mitrailleuses, 4 fusils antitank Boys, un Bofors de 30 mm, pistolets et fusils en nombre illimités. Plus tard les mitrailleuses Lewis firent place aux Browning et aux Vickers K, les Bofors de 30 mm furent remplacés par des Breda de 20 mm.

Avant de pouvoir s’occuper de Koufra et d’Oueïnat, il fallut constituer des dépôts d’essence, d’eau et de vivres, car cette région était trop éloignée du Caire pour que les patrouilles puissent emporter avec elles tout le ravitaillement nécessaire. Le premier dépôt fut Aïn Dalla en bordure de la mer de sable. Cette source d’eau chaude jaillissait de manière continue même par les plus grandes chaleurs.
En septembre 1940, les Italiens avancèrent jusqu’à Sidi Barrani (en territoire égyptien), aussi il fut décidé de surveiller les itinéraires allant à Koufra. Des patrouilles vont sur place se rendre compte du trafic routier ennemi sur les axes Jalo-Koufra et Tazerno-Marada.

Le 20 septembre, une patrouille repère deux camions 6 tonnes italiens prés du terrain d’aviation n°7, qui avancent lentement dans le sable mou. C’est le convoi bimensuel pour Koufra. Quelques rafales de mitrailleuses et ils font prisonniers deux Italiens, cinq Arabes et une chèvre. Le plus intéressant fut les 12.250 litres d’essences ainsi que le courrier officiel. Les prisonniers italiens, et le sac de courrier prirent la direction du Caire.

Le 30 octobre, Clayton attaque le fort d’Aujila. Deux coups de canon dans le fort font s’envoler une nuée de pigeons ainsi qu’une poignée d’italiens qui sautent le mur, et déguerpissent dans la palmeraie. Le 31 octobre, Mitford attaque Aïn Doua dont la garnison est composée de soldats libyens.

Et les Français ?

En juillet et août 1940, une violente controverse va mettre aux prises vichystes et gaullistes. Un coup d’état fomenté par le général de Larminat, et le capitaine Moitessier fait échouer les plans des Vichystes. Félix Eboué, le gouverneur du Tchad s’étant prononcé pour de Gaulle, le colonel d’Ornano et le capitaine de Guillebon sont de tout cœur avec lui. Le général de Gaulle vient en octobre sceller cette entente. En novembre, Bagnold qui projette un raid dans le Fezzan, se rend à Fort Lamy pour proposer aux Français une opération conjointe anglo-française qui est accueillie avec enthousiasme. Bagnold et d’Ornano règlent rapidement les détails. L’objectif doit être Mourzouk, capitale du Fezzan. Mourzouk est peuplée d’environ 3.000 habitants, trois avions sur l’aérodrome, 50 italiens, plus 150 soldats libyens.

Les anglais partent du Caire et passent à Kayoudji prendre le groupe de Français Libres qui ont apporté de l’essence à dos de chameau depuis Bardaï. Le lieutenant-colonel d’Ornano commandant les troupes du Tchad, le capitaine Massu de Zouar, le lieutenant Egenspiler de Fort Lamy, deux sergents français et cinq soldats indigènes se joignent aux anglais qui font route immédiatement en direction de Mourzouk.
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