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 LA PRISE DE JERUSALEM PAR TITUS

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MessageSujet: LA PRISE DE JERUSALEM PAR TITUS    Sam 25 Fév - 14:42

LA PRISE DE JERUSALEM (70)

De nombreux auteurs grecs, romains et juifs ont largement commenté la prise, suivie de la destruction de Jérusalem en 70 par les troupes de Titus, fils de Vespasien. C’est ce dernier qui a commencé les travaux d’encerclement de la ville, puis a cédé le commandement à son fils, car il a été proclamé empereur par ses troupes.

Le temple de Jérusalem détruit par les armées de Titus, est en fait la deuxième reconstruction de l’édifice. La première destruction date de l’an 586 par Nabuchodonosor II qui rase la ville puis déporte ses habitants à Babylone. Cyrus II, le Perse, libère les esclaves juifs et les renvoie à Jérusalem, où il autorise la reconstruction de la ville ainsi que son temple en 538 ; ce qui est terminé en 516. Jérusalem est alors la capitale du royaume de Judée, jusqu’à l’invasion des troupes romaines dirigées par Pompée en 63. Selon un système bien rodé, les Romains trouvent un collaborateur pro-romain qui va gérer sous leur direction, le pays. C’est Hérode 1er « le Grand », un arriviste sans scrupules, cruel et despotique, cordialement haï par toutes les factions juives du royaume. Il va liquider les vestiges de la dynastie des Asmonéens, et créer un état vassal de Rome, le royaume de Judée.

Il se tourne résolument vers une urbanisation à la romaine de sa ville, et entame de grands travaux de rénovation de celle-ci. La reconstruction du temple est terminée aux alentours de l’an 63. Il ne reste que cinq ans de tranquillité à la ville. Le royaume est partagé en trois factions : les Pharisiens qui s’accommodent de l’occupation romaine ; les Zélotes qui transportent les braises ardentes d’une foi inflexible, dans leurs manteaux en poils de chèvre, et les Esséniens (dont fait partie la famille de Jésus) qui se tiennent à l’écart du tohu bohu, mais aident en sous-main les Zélotes, tout en réprouvant leurs méthodes sanguinaires. La vie dans le royaume de Judée n’est pas simple à comprendre par un Romain, fut-il fin lettré, d’autant qu’aux factions juives, se surajoutent les juifs chrétiens. Les choses se compliquent encore plus par le monothéisme intransigeant des religieux de tout poil. Ils abhorrent les statues et effigies romaines, ainsi que les dieux romains – vraiment trop nombreux – qui représentent à leurs yeux l’évocation de l’enfer qui attend les « gentils » lorsqu’ils seront trucidés. C’est justement à propos de sacrifices dus à la divinité de Néron, que ces zélotes prennent le mors aux dents. Eléazar fils du grand prêtre Ananias, qui est accessoirement chef de la police du Temple, décide de ne plus sacrifier à l’Empereur. Le procurateur de la Judée un certain Gessius Florus, accusé de détournement de fonds, finit par appeler l’armée pour mater cette rébellion qui s’amplifie.

D’escarmouches en assassinats, de représailles en exécutions, la tension monte ; jusqu’au soulèvement général qui est mené par les Zélotes en Août 66. Ils nettoient la ville des éléments « indésirables », notamment les grands prêtres et quelques pharisiens imprévoyants qui n’ont pas vidé les lieux assez vite. Une armée conduite par Vespasien (avec Titus qui commande une légion) se présente devant la ville en 67. Le siège va durer deux ans, durant lesquels, les deux protagonistes ne vont pas se faire de cadeau. Les Romains alignent environ quatre-vingt mille hommes (dont une partie va se diriger vers Massada) ; les Juifs, vingt-quatre mille combattants. Concernant ces derniers, il faut noter qu’ils se sont fait une guerre sans merci entre eux, il y a de cela quelques années seulement. Ils obéissent à trois chefs : Eléazar ben Simon qui tient la cour intérieure du Temple, Simon Bar Gioras qui tient la ville haute plus une partie de la ville basse, et Jean de Giscala qui tient le Mont du Temple. Ces gens se regardent de travers et au besoin s’entretuent sans vergogne. Tacite note qu’entre eux « ce n’est que trahisons, combats et incendies ».

Vespasien fait occuper la montagne qui domine la ville, la 15ème légion se poste à l’Orient, la 5ème vers les remparts les plus élevés au nord, la 10ème entreprend de combler les fossés de pierres et de terre, et de niveler le terrain afin de pouvoir faire avancer les machines de siège sans encombre. Il fait construire à cet effet trois tours de siège appelées hélépoles, ainsi que deux énormes béliers qui vont battre les murailles. Aux premières lueurs de l’aube, les cors et les buccins lancent l’énorme armée, qui s’avance protégée par les tirs des scorpions et des balistes. Sous une pluie de javelots, de flèches et de blocs de pierre les Romains montent à l’assaut, investissent les remparts puis se répandent dans la ville. C’est alors que se produit, ce qui a eu lieu lors de la prise de Carthage ; les maisons accolées les une aux autres, s’écroulent sous le poids de leurs habitants qui se sont réfugiés sur les toits. Les gravats pleuvent sur les légionnaires, et les empêchent de progresser rapidement. La poussière noie la bataille, plus personne ne peut distinguer les amis des ennemis. Les Romains sont repoussés avec des pertes sensibles. Puis le général passe la main à son fils, et part vers son destin d’imperator, en 68. Vespasien élu par les légions quitte l’Orient pour prendre ses fonctions à Rome. Il laisse à Titus le soin d’enlever la ville et de piller ses richesses. Ce dernier est assisté par un Juif renégat, Tibère Alexandre, ancien procurateur de Judée. Il peut à présent faire venir ses renforts par le port de Césarée, où les Grecs ont massacré tous les Juifs.

Quelques citadins essaient de s’échapper de la ville promise à la destruction par le côté le plus escarpé de la ville. Ceux qui ne s’écrasent pas au pied des murailles sont crucifiés devant leurs parents restés dans la cité. Les légionnaires sapent une tour qui s’écroule, entraînant dans sa chute les défenseurs. Ils en profitent pour attaquer et submerger cette partie des remparts. Simultanément, Titus avec des cavaliers arrive à forcer une porte ; ses troupes se répandent dans la ville basse. La population et les défenseurs se replient vers la ville haute. Les légionnaires massacrent ceux qui ne sont pas enfuis ; le vent entraîne les nuages de poussière des maisons qui s’écroulent l’une après l’autre. Tous les survivants (plus d’un millier de femmes et d’enfants), se retrouvent dans la citadelle, laissant les Romains détruire de fond en comble la ville basse.

La citadelle est quasiment imprenable ; ses assises sont solides. Les assiégés sont à court d’eau et de vivres mais disposent de l’arsenal qui a été installé là. Mais cela ne dure pas. Les Romains amènent un bélier qui défonce la porte ; ils envahissent la tour (en 70), puis massacrent tous les défenseurs et les réfugiés qui n’ont pu se sauver par les souterrains. Plus de trois mille corps sont en putréfaction au bas des murailles.

Les soldats évadés se dirigent vers Massada qui tombera aussi. Pendant deux siècles, les Juifs seront interdits de séjour en Judée. En conclusion, nous pouvons nous demander : que recèle donc cette région du globe pour fournir autant de prophètes, qui ont l’amour du prochain à la bouche - ce qu’ils semblent professer au premier abord -, mais qui vouent aux feux de l’enfer ceux qui ne croient pas en leur paroles. Il y a là matière à réflexion sur leur intransigeance religieuse qui amène leurs peuples au chaos final.

Voir la biographie de Vespasien

© Vae Victis, Lulu Press Inc. 2010

Bibliographie :

Histoire des Juifs, Flavius Josèphe
Histoire de Rome, Dion Cassius, Lacus Curtius
Histoires, Livres I & III, Polybe, PUF 1971
Anabase, Arrien
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