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 DECIMA MAS - OPERAZIONE C3 MALTA

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BUFFY1
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MessageSujet: DECIMA MAS - OPERAZIONE C3 MALTA   Sam 25 Fév - 23:53

Decima MAS.

OPERAZIONE C3 MALTA

La Xème MAS pour (Motoscafi Anti Sommergibili), flottille à l’origine anti sous marine équipée de vedettes lance torpilles a été créée par la marine italienne à Augusta. Devenue un groupe de choc, elle adopte la devise du poète d’Annunzio « Memento Audire Semper (MAS)» « Souviens-toi d’oser toujours ». L’équipement de cette unité est très varié : vedettes lance torpilles de 20 tonnes (MAS), des vedettes à propulsion électrique (MTL), des barchini qui sont des canots pourvus d’un moteur à essence, coque en bois, légers, rapides, chargés de 300 kg d’explosif, et des Maïales qui sont des torpilles électriques modifiées, emportant deux nageurs de combat.

Pourquoi appeler cette torpille pilotée Maïale (cochon) ? Teseo Tesei qui passa le plus clair de son temps à imaginer cet engin, et à l’améliorer, faillit perdre la vie le jour où cet engin vicieux l’emmena dans les fonds, et ne voulut plus remonter ; il le traita de cochon, surnom qui lui resta.

Après les succès de l’unité sous le commandement de V. Borghèse (1) dans les rades d’Alexandrie et de Souda Bay en Crète, le capitaine de vaisseau Moccagatta qui commande la Xème MAS est convoqué à l’état major le 25 avril 1941.

Compte tenu de l’activité maritime, et sous marine, basée à Malte contre les convois de ravitaillement à destination de la Libye, il est urgent de mettre au point une opération de sabotage des moyens ennemis dans le port de La Valette.

L’examen de la carte du port de La Valette va leur montrer toutes les difficultés à surmonter. L’opération elle-même dans ses grandes lignes, prévoit d’attaquer le port de La Valette lorsqu’il sera occupé par un convoi de ravitaillement. Superaéro bombardera le port afin de l’illuminer et de ce fait de le rendre plus facilement identifiable par les attaquants.

L’ancien yacht de Mussolini Diana, embarquera les Maïales, et les Barchini avec leurs hommes. Il sera escorté par les vedettes MAS 451 et 452.

-   à 01.45 une première aérienne éclaire le port
-   à 02.30 une deuxième attaque aérienne bombarde le port pour attirer l’attention vers le ciel et favoriser ainsi la pénétration des moyens navals.

Le MTL de Paratore va tirer les deux Maïales jusqu’à 500 mètres de l’entrée du port.

Les quatre plongeurs vont aller déposer leurs charges contre le viaduc métallique qui soutient le lourd filet en mailles d’acier.
A 04.25 le filet étant déchiqueté, les Barchini vont foncer et entrer dans le port pour couler au moins un navire.

Ceci exécuté, les deux MTL vont récupérer les hommes qui surnagent, et foncer vers le large en direction du Diana qui les attend. Tout cela à exécuter impérativement avant le lever du jour qui va lâcher sur eux l’aviation de chasse de Malte.

Sur le papier c’est faisable, qu’en est-il de l’opération réelle ? Ils vont d’abord décider de faire quelques reconnaissances avec des MAS. Ces reconnaissances qui poussent jusqu’à 500 mètres des défenses ennemies se passent bien, et laissent augurer une opération qui offre des chances de succès.

Le 23 juillet, une ultime reconnaissance est effectuée avec deux vedettes MAS commandées par Giobbe. Ils s’arrêtent à deux milles de la côte, mais ne peuvent découvrir l’entrée du port. Pis, elles se font repérer par quelques projecteurs qui fouillent l’obscurité. Le 25 juillet 1941 à 18.00, alors qu’un convoi de ravitaillement vient d’entrer à La Valette, l’opération est lancée.

Le commandant Moccagatta qui commande l’opération, avec neuf pilotes de barchini commandés par Giobbe, quatre pilotes de Maïale commandés par Tesei, les pilotes des MTL et ceux des deux vedettes MAS, ainsi que le médecin de la Xème MAS Falcomata, prennent la mer à bord du yacht Diana commandé par Di Muro, qui file sur Malte à 30 nœuds (2), escorté par les vedettes MAS.

A minuit Di Muro donne l’ordre de stopper les machines, le Diana courre sur son erre et stoppe. Ils sont à 8 milles (15 kms) de La Valette. Les barchini et les MTL sont mis à l’eau. Une MTL – commandée par Pandatore - prend les Maïales à couple, et les remorque vers leur destination, la deuxième MTL embarque Giobbe qui a pour mission de guider, et de récupérer si possible les pilotes des barchini. Moccagatta, quitte le Diana, et embarque sur la vedette MAS 452 d’où il va centraliser l’attaque.

Un moteur de barchini refuse de démarrer, il est décidé de le couler. Les huit autres sont pris en remorque par la MAS 451 qui les amène à 3500 mètres de l’entrée de La Valette, repérée malgré l’absence de l’attaque aérienne prévue à 01.45.

A 02.45 (au lieu de 02.30) un seul avion lance deux bombes au hasard. L’aide massive de Superaéro n’était qu’une promesse vaine.

Les quatre nageurs de combat enfourchent leurs engins et mettent en route. Un problème survient. Le Maïale de Costa a des problèmes de moteur. Il faut réparer, et tout cela prend du temps. Ils sont déjà très en retard sur l’horaire prévu. C’est l’explosion du viaduc métallique qui doit lancer les barchini. Tesei et son équipier approchent du lourd filet métallique qui barre la passe. Il a neuf minutes de retard, il regarde son équipier qui acquiesce. Tesei (3) règle le détonateur de la charge sur zéro et lance l’engin contre le filet.

Une explosion formidable déchire la nuit. Giobbe lance les barchini, Frassetto en premier, Carabelli derrière lui pour faire sauter des obstacles s’il y en a encore. A 15 secondes derrière eux, Bosio. Dans un grondement de tonnerre les canots s’élancent.

A 04.35, les veilleurs du fort Saint Elme sont alertés par l’explosion. Le lieutenant Portelli chef de la section des projecteurs ordonne : « éclairage de combat ». D’un seul coup c’est le grand jour, une vingtaine de projecteurs éclairent la rade, et les défenseurs voient une nuée de canots qui évoluent à grande vitesse en direction du port. Les canons à tir rapide et les mitrailleuses lourdes tirent à vue.

Un canot est touché de plein fouet et explose. Le premier à atteindre le viaduc, Frassetto s’aperçoit que l’explosion du Maïale de Tesei n’a pas ouvert le passage. Il dirige son canot entre deux piles et se jette à l’eau au milieu des gerbes. Le canot fonce, rebondit contre le filet, et va se perdre dans la nuit.

Dans le second canot, Carabelli a compris que la voie n’est pas dégagée. A trente nœuds il fonce délibérément sur une pile du pont. Loin d’ouvrir le passage, l’explosion du barchini fait s’écrouler la pile qui rend ainsi impossible l’accès au port. En cinq minutes le sort des autres barchini est réglé. Giobbe qui sur sa MTL a assisté au carnage fait demi tour, et rallie la MAS. Plein gaz vers la haute mer en direction du Diana.

Le jour se lève à peine que les chasseurs Hurricane décollent de Hal Far et foncent à la poursuite des Italiens. Superaéro a envoyé des chasseurs de protection. Trois Macchi, qui sont balayés du ciel en cinq minutes. Puis les chasseurs s’occupent des MAS qui foncent à 45 nœuds en soulevant deux immenses sillages. La première passe stoppe la MAS 452, tous les occupants sont tués ou grièvement blessés. Moccagatta (4), le capitaine de corvette Giobbe, le docteur Falcomata, le commandant de la vedette Parodi sont tués. Les quelques survivants embarquent sur la MTL qu’ils tiraient en remorque, et parviendront à rejoindre le Diana. La deuxième passe immobilise la 451, mais ses occupants abattent un Hurricane. Neuf marins sur treize sautent à la mer alors que le réservoir prend feu, pour éviter l’explosion finale. Ils seront recueillis par un navire britannique six heures plus tard, alors qu’ils dérivent sur la mer.

Le bilan est lourd : dix huit Italiens sont faits prisonniers, dont six pilotes de barchini, et les deux hommes du second Maïale. On décompte vingt morts.

Notes


(1) Le prince Junio Valerio Borghèse ancien sous marinier, commandait la section sous marine de la Xème MAS. L’unité était commandée par le capitaine de vaisseau Moccagatta.

(2) Le médecin plaisante : « dommage de ne pas avoir embarqué le Duce sur le bateau, il gueule si fort, que les Anglais effrayés se seraient sauvés comme des lapins ».

(3) Le groupe sous marin de la Marine italienne porte de nos jours le nom de Tesei.

(4) Après la mort de Moccagatta, c’est le prince V. Borghèse qui prend le commandement de la Xème MAS.

Sources

- Operazione C3 Malta – M Gabriele (Rome, 1965)
- The battle of Malta – J. Attard (Londres, 1980)




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