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 BIOGRAPHIE D'HANNIBAL

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE D'HANNIBAL   Dim 26 Fév - 11:23

HANNIBAL BARCA (246-183 Av. J.C.)

BIOGRAPHIE

Une très riche documentation existe sur Carthage et Rome, ainsi que sur leurs généraux. Polybe, Diodore de Sicile, Appien, Cornélius Nepos, Martial, Justin, Tite-Live, Frontin, Silius Italicus, Zonaras, Saint Augustin, du côté latin ; Sôsylos et Silénos du côté carthaginois, ont largement décrit les politiques carthaginoise et romaine qui causent trois guerres puniques, pour se conclure par la destruction de cette ville.
Toutes les dates sont entendues « avant Jésus Christ ».

L’histoire d’Hannibal débute après la fin de la première guerre Punique. Carthage n’a plus ses possessions de Sicile et de Sardaigne, déjà passées dans la main rapace de Rome. Elle doit se trouver de nouveaux débouchés commerciaux en allant vers l’ouest.
Hannibal Barca naît à Kardt Hadasht (Carthage) en 247. Selon Valère Maximus, Hamilcar son père, a eu six enfants, deux filles et quatre garçons. Hannibal serait né au début de l’année 247. En 237, accompagné d’Hasdrubal (qui est son gendre), Hamilcar part pour l’Espagne, afin de trouver de nouveaux débouchés économiques et territoriaux à la grande cité marchande, qui est en perte de vitesse. Avant de partir, il fait jurer à Hannibal de « ne jamais être l’ami des Romains ». C’est une véritable guerre de conquête auquel va se livrer Hamilcar, avec une approbation limitée du sénat carthaginois, sous l’œil soupçonneux de Rome. Hannibal part en 237, rejoindre son père en Espagne, où il soumet non sans mal les villes clés. En 229, au cours d’une bataille, son soi-disant allié ibère, Orisson, se retourne contre lui, débande son armée, puis le poursuit, dans la ferme intention de le massacrer. Hamilcar s’enfuit, en compagnie de ses deux fils Hasdrubal et Hannibal. Pour les sauver il se sépare d’eux, fonce vers le fleuve, s’y jette avec sa monture et s’y noie.

A sa mort, le commandement passe à son gendre Hasdrubal qui arrête net son avance, pour retourner à Akra Leuke (Alicante), afin de s’y faire proclamer commandant suprême. Hannibal qui a dix-huit ans, devient son lieutenant. Tous deux veulent d’abord venger la mort d’Hamilcar. Ils tombent sur Orisson, avec cinquante mille hommes, et font massacrer « tous ceux qu’ils regardent comme les auteurs de la mort d’Hamilcar ». Hasdrubal fonde Carthagène sur le site d’une bourgade existante. Les Massaliotes (Marseillais) attirent l’attention de Rome sur l’expansion de Carthage, qui les gênent dans leur commerce. Les Romains qui vont sous peu, avoir affaire avec une invasion gauloise, se déplacent jusqu’à Carthagène (ignorant ainsi Carthage), et concluent le traité de l’Ebre qui interdit aux carthaginois de porter la guerre au-delà de ce fleuve. Elle reconnaît leur zone d’influence au Sud de ce fleuve. Ce traité - une réussite en fait de duplicité - permet aux Romains de résister à l’invasion des Gaulois, et à gagner, avant même qu’elle ne commence, la deuxième guerre punique.

Hasdrubal est assassiné dans sa tente par un Gaulois. Les officiers de l’armée nomment alors Hannibal comme commandant en chef des armées carthaginoises en Espagne, en le notifiant à Carthage, la mettant ainsi devant le fait accompli. Le jeune général décide de mettre au pas quelques tribus turbulentes, vivant dans une région argentifère. La capitale des Olcades est prise d’assaut, et pillée. Voilà qui fait réfléchir les autres, et les amènent à payer tribut. Il étend la zone d’influence de Carthage par quelques expéditions, avec des résultats plus ou moins positifs, les espagnols n’étant pas des tendres. La bataille de Guadarrama gagnée haut la main par le jeune général, permet, que « au Sud de l’Ebre, personne n’ose lui tenir tête en dehors de Sagonte ».
Sagonte, très inquiète de l’expansion carthaginoise, se tourne vers Rome pour lui demander sa protection. Le sénat romain, dont les connaissances en géographie semble nulles – où qui cherche un casus belli -, accorde à Sagonte le titre d’alliée. Il s’agit bel et bien une immixtion dans les affaires intérieures carthaginoises. Rome ne s’en tient pas à cette reconnaissance. Elle entretient à Sagonte un parti pro-romain qui met à mort les Carthaginois présents dans les murs, et expulse tous les citoyens partisans de Carthage. Les Sagontins fiers de la protection de Rome, deviennent arrogants, tout en profitant de cet état, pour malmener une tribu fidèle à Carthage, les Turdétains. Rome envoie des émissaires à Hannibal, pour lui rappeler les engagements pris de ne pas dépasser l’Ebre, et de laisser Sagonte tranquille. Le Carthaginois leur explique, preuves à l’appui qu’il est dans son bon droit. Le siège de Sagonte est long, car Hannibal n’a qu’une expérience, celle de la guerre de mouvement, mais la ville tombe. Une partie de ses habitants massacrés, les autres réduits en esclavage. Un butin énorme récompense les soldats et leur général.

Rome envoie une députation à Carthage menée par Fabius Buteo, doyen des anciens censeurs, qui a instruction de ne revenir qu’avec la soumission de cette dernière, ou la guerre. Les parlottes et débats louvoyants finissent par l’excéder ; secouant les plis de sa toge il déclare : « Carthaginois, je porte dans le giron de ma toge, la guerre et la paix. Laquelle choisissez-vous ? ». Le suffète carthaginois lui répond à la carthaginoise « choisissez vous-même ». Ce sera donc la guerre !! Répond Fabius, un cri unanime lui fait écho « nous l’acceptons !! ».
La deuxième guerre punique vient de commencer.
Cette députation ne rentre pas directement à Rome, mais fait un crochet en Espagne pour fomenter des troubles dans le dos des carthaginois. Ils se font proprement jeter dehors de partout, car ils n’ont su protéger Sagonte, dont ils avaient fait leur alliée. Hannibal a les mains libres de ce côté. Il établit son plan de campagne, et arrive à la conclusion qu’il faut porter le fer chez l’ennemi, sur ses propres terres. La voie maritime est impossible, car il ne dispose pas du tonnage nécessaire au transport de son armée, et de ses approvisionnements. Ce sera donc par voie de terre : passer les Pyrénées, le Rhône, les Alpes puis redescendre dans la vallée du Pô jusqu’à Rome. Sur le papier c’est simple, mais il va devoir affronter les tribus hostiles (soudoyées par les Massaliotes, amis des romains), la distance, les approvisionnements, ainsi que les rigueurs du climat. Le général n’a pas encore trente ans, mais son intelligence, sa puissance de travail, le rendent tout à fait capable de porter la guerre chez les Romains qu’il abhorre. Il est entouré de jeunes officiers très compétents, tels que ses deux frères Hasdrubal et Magon, Sichée (neveu d’Hannibal), Maharbal, Hannon, Hertès, ainsi qu’un administrateur avisé, un autre Hannon.

Par une belle journée de printemps, Hannibal donne le signal du départ.
Trois colonnes se forment. Marchent en tête les hommes de Carthage, pieds nus, vêtus de tuniques rouges flottantes, armés de boucliers, et de courtes épées, Magon les précède debout sur son char de combat. Viennent ensuite les bataillons d’Utique et d’Aspis commandés par Sichée, celui de Bérénicé conduit par le vieux Hertès, puis ceux de Leptis, d’Ea, de Tingis, de Vaga, d’Hippone, de Ruspina, de Zama et de Thapsus qui sont des villes dont la mère commune est Carthage. Un géant de « corps et d’armure » les commande, Antée.
La deuxième colonne comprend les indigènes d’Afrique, les Ethiopiens et les Nubiens expert dans l’art du lancer de javelot, les Maces hirsutes et barbus, les épaules recouvertes d’une peau de bouc. Ils ont pour armement des dards garnis de pointes, retenus par une courroie. Puis passent les Adyrmachides qui viennent des confins de l’Egypte, ils ont une seule chaussure à la jambe gauche, ils portent un bouclier de cuir, et une épée recourbée. Les Massites, nomades de Maurétanie avec leur chef, le farouche Bocchus ; les Gétules, peuple du désert qui forme un escadron « aux pieds ailés » dirigés par Acherras « qui n’a point le front serein, ni le visage riant » ; les Marmarides réputés un peu sorciers, qui avancent dans un vacarme indescriptible, les Baniures, les Autololes « au pied plus léger que l’éclair », les Lotophages, les Garamantes et les Nasamans « dont l’audace, ravit aux vagues les débris des naufrages ».

La troisième colonne comprend les Espagnols. Les Cantabres « que ni le froid, ni les chaleurs, ni la faim ne peuvent vaincre », les Asturiens sur leurs petits chevaux, les Calleciens qui laissent à leurs femmes, le soin de tout ce qui n’est pas la guerre, les Cerretains, les Vascons qui ne veulent pas porter de casque, les Concaniens « qui s’abreuvent à la veine saignante de leurs coursiers », les hommes d’Herda, de Carteia. Puis revêtus de cuirasses d’argent brillantes au soleil, les hommes de la cohorte Sédetaine.
Il soumet toutes les tribus qui lui barrent la route jusqu’au Pertus. La désertion de trois mille Carpetans, plus sept mille « tièdes », qui ne se sentent plus le désir de s’investir dans une aventure, dont ils ne voient ni le bout, ni le but. En gros, Hannibal, qui voit ses effectifs réduits de vingt mille hommes, entre en Gaule. Là, ce n’est pas une voie triomphale. Il doit lutter pour gagner le Rhône, et le franchit malgré l’opposition des Volsques. La route des Alpes lui est ouverte, mais ses troupes sont intimidées par la hauteur des monts qu’elles vont devoir franchir. Scipion, venant de Rome pour lui barrer la route, le rate de peu, et rembarque à Massilia pour arriver avant lui en Italie. La traversée des Alpes, qui est avec la défense des Thermopyles, l’exploit le plus stupéfiant de l’antiquité, est plus dure que le général carthaginois ne le pensait. Le 26 septembre, Hannibal entre en Italie avec seulement vingt-six mille hommes en haillons, quelques éléphants, et sa cavalerie.
Son armée descend le long du Tessin, alors que l’armée romaine menée par Scipion le nez au vent, vient à sa rencontre. Le général carthaginois lance sa cavalerie qui pulvérise les cohortes à pied. Scipion est blessé, et doit abandonner le commandement. La panique s’installe. Les Numides tombent sur les cohortes qui tournent en rond, les massacrent puis les mettent en fuite. Les fuyards passent le Pô sur un pont, puis le détruise derrière eux. Hannibal qui a rééquipé ses hommes avec les dépouilles des Romains, ne les poursuit pas. Il descend tranquillement le Pô pour trouver un gué, et faire passer son armée sur l’autre rive. Scipion, immobilisé par sa  blessure, replie ses troupes derrière la Trébie. Une armée de renfort commandée par Tiberius Sempronius Longus se dirige à marches forcées vers l’armée de Scipion qui panse ses plaies. Il tombe par hasard sur des détachements carthaginois qui fourragent, les met en déroute, puis les poursuit jusqu’à l’entrée de leur camp. Il en déduit que les carthaginois ne sont guère redoutables. Aux environs du 20 décembre, il pleut des cordes, Hannibal nourrit ses hommes, les fait dormir au chaud et à l’aube envoie ses Numides provoquer les romains. Ces derniers se lancent à la poursuite des cavaliers le ventre creux, mal réveillés et pataugeant dans la boue, passent la rivière grossie par les pluies. Hannibal utilise la même tactique ; il envoie la cavalerie numide pour prendre à revers le centre, tandis que les deux ailes de Sempronius sont attaquées de front par les éléphants et de tous côtés par l’infanterie. Résultat : les ailes sont anéanties sur place, le centre fait demi-tour, sous une tempête de neige, perce l’étreinte, et se réfugie sur Plaisance. Seuls dix mille hommes s’en sortent vivants. Sempronius ne dit rien à Rome de cette défaite.

Hannibal passe l’hiver en Gaule cisalpine, où il se débat dans des difficultés inextricables. Ses « alliés » lui font défaut, d’autres sont hostiles, certains cherchent à l’assassiner. Pour échapper aux tueurs, il a recours à des déguisements. La mauvaise saison passée, il se remet en campagne passe par le chemin le plus court, celui des marais de l’Arno. Son armée et lui-même sont atteints par la malaria. Le nerf optique étant atteint, Hannibal perd un œil. C’est un général borgne qui débouche dans la vallée verdoyante de Fiesole. Il va se trouver face au consul plébéien C. Flaminius (celui qui a vaincu les cinquante mille Gaulois de la cisalpine). Impulsif, hardi et autoritaire, tel le dépeignent, les espions d’Hannibal. Ce dernier juge qu’il sera facile à mener par la ruse. Premier mouvement : Le général carthaginois pousse une incursion dévastatrice en direction de Rome. Alors que Flaminius se lance à la poursuite de « l’insolent pillard », il oblique vers la vallée de Trasimène. Il distribue ses troupes tout le long des collines environnantes, et occupe lui-même l’issue du défilé. Un épais brouillard monte du lac, les soldats romains avancent à l’aveuglette. C’est alors que des hurlements sauvages retentissent d’un bout à l’autre de la vallée. Seuls les six mille hommes de tête, qui sont arrivés à la sortie du défilé foncent sans s’occuper de ce qui se passe derrière eux, arrivent à sauver leurs vies. Sur un espace de douze kilomètres carrés, soixante mille hommes s’entretuent, la terre tremble mais nul ne s’en aperçoit. Flaminius se bat courageusement, mais est tué d’un coup de lance décoché par Ducarius, un cavalier insubre.

Hannibal est vainqueur. La nouvelle du désastre transmise par les blessés qui arrivent à Rome, porte l’anxiété de la population à son comble. Puis lorsque le sénat envoie le prêteur Pomponius annoncer : « Pugna magna victi sumus » (Nous avons été vaincus dans une grande bataille), c’est l’affolement général. Hannibal quitte la région de Trasimène, pour se diriger vers les bords de l’adriatique, avec un tel butin, que ses soldats ne peuvent tout transporter. Il campe dans une région saine au bord de la mer pour requinquer ses troupes réarmées avec les dépouilles des vaincus. Une armée romaine sous le commandement d’un dictateur nommé par le sénat, en la personne d’un vieillard teigneux et bigot, nommé Q. Fabius Maximus, suit les exploits d’Hannibal qui ravage l’Italie sans se gêner.
Dans sa cervelle obtuse, il veut resservir à Hannibal sa version de Trasimène. L’occasion lui est enfin offerte. L’armée carthaginoise s’engage dans un défilé et la nuit tombant, campe sur ses positions. Fabius distribue ses troupes. Hannibal ne lui laisse pas le plaisir de mettre à exécution ce plan admirable. Il envoie ses éclaireurs en reconnaissance, qui lui apprennent que seules l’issue et l’entrée du défilé sont gardées. Il fait choisir deux mille bœufs et les rassemblent en avant de ses troupes. Il laisse ses soldats dormir et les réveille sans bruit au milieu de la nuit. Ils attachent des torches aux cornes des bœufs, les allument et chassent le troupeau vers les hauteurs. En même temps il met en marche son armée vers la sortie du défilé. Les Romains se portent vers les torches qui avancent et là, ils se heurtent à une multitude de bêtes enragées, qui courent de tous côtés en cherchant à se débarrasser de leur fardeau brûlant. Ils s’établissent sur la crête en attendant d’y voir clair (au propre, comme au figuré), pendant qu’Hannibal avec toute son armée, et ses bagages, franchit sans encombre le défilé. Accusé ouvertement de bêtise et de lâcheté, Fabius sous prétexte d’un sacrifice à Rome, laisse le commandement à Minucius l’ambitieux, qui se fait sévèrement étriller, lors d’un accrochage.

Puis l’armée romaine passe sous le commandement de Varron, le 3 août ; malgré l’opinion défavorable de Paul-Émile, il place ses troupes dans la grande plaine de Cannes. Le génie tactique d’Hannibal fait merveille ; soixante-dix mille cadavres de romains jonchent le sol de Cannes, plus dix mille prisonniers. Maharbal conseille à Hannibal de foncer sans délai sur Rome, mais celui-ci temporise. Maharbal lui dit « Hannibal tu sais vaincre, mais tu ne sais profiter de la victoire ». « Hannibal ad portas » !! Rome est en proie à la plus folle des paniques. Puis rien ne venant, l’émotion se calme, d’autant que le sénat a pris les mesures adéquates. Hannibal qui a besoin de liquidités propose à Rome de racheter ses prisonniers, car il n’arrive pas à équilibrer son budget. Rome refuse avec hauteur, les prisonniers romains resteront là où ils sont. Carthage faisant la sourde oreille à ses demandes de renforts, et de subsides, Hannibal dirige ses troupes vers Capoue, car il lui faut un port.
On ne comprend guère pourquoi Capoue ? Cette ville est à vingt-huit kilomètres de la mer. Simplement, c’est la seule ville qui désire accueillir l’armée carthaginoise, qui a la réputation d’être riche. A partir de ce moment, l’armée carthaginoise s’adonne au brigandage, aux dépens des villes romaines prises entre deux feux.  Nuceria, Nola, où une sortie des romains lui coûte deux mille huit cents tués, puis Acerrae et Casilium. L’armée carthaginoise s’amollit de plus en plus dans les bains, les banquets, et auprès des courtisanes de Capoue. Enfin Carthage envoie à son général vainqueur, quatre mille hommes, plus quarante éléphants. Les Bruttiens sollicités par Hannon envoient dix mille combattants. Tout ce monde arrive devant Nola qui n’est toujours pas tombée. Là, Hannibal constate avec désespoir que ses hommes ramollis par les « délices de Capoue » n’ont plus envie de se battre. Une sortie des Romains laisse cinq mille soldats carthaginois sur le terrain. Deux jours après, deux cent soixante-dix cavaliers numides passent à l’ennemi. Le général carthaginois doit reprendre ses quartiers d’hiver, mais échaudé par l’opulence de Capoue, il choisit d’hiverner près d’Arpi en Apulie. La campagne de 215 est un échec !! Hannibal forme le projet d’une alliance avec Philippe V de Macédoine. Ses envoyés sont interceptés par les romains, son projet d’accord est lu devant le sénat. Il envoie d’autres messagers qui arrivent à passer, mais tout cela a pris trop de temps. Il lui faut des liquidités pour entretenir son armée ; il recommence les mises à sac. Locres, Crotone, Tarente, Métaponte et Thurioi ont sa visite. La prise de Tarente finit dans un bain de sang. 214 se passe sans faits marquants, de même que 213.

En 212, Une nouvelle armée sous le commandement de T. Sempronius Gracchus se met en marche. Il fait une belle journée, il fait chaud sous la cuirasse. Le général ne résiste pas à l’envie de piquer une tête dans la rivière. A ce moment, un groupe de cavaliers apparaît. Ce sont des Carthaginois. Sempronius sort de l’eau, et dans le plus simple appareil, prend la fuite. Il est rattrapé et décapité, sa tête est rapportée aux Romains par Carthalon. Une autre armée commandée par Cn. Fulvius Flaccus (joyeux fêtard, mais piètre général), se heurte à l’armée carthaginoise, près d’Herdonea,  qui pousse son cri de guerre et fonce. Les Romains saisis de terreur tournent casaque, et se sauvent ainsi que leur général, en laissant sur le terrain vingt mille hommes.
L’armée romaine assiège Capoue. Hannibal est incapable de desserrer l’étau ; c’est alors qu’une idée germe en lui. Puisque les armées romaines sont « fixées », il va pouvoir recouvrer sa mobilité. Il forme le projet de lancer une attaque éclair sur Rome, qui pense-t-il, n’est pas défendue. C’est ainsi qu’avec deux mille cavaliers, et son armée (du moins celle qui n’est pas dans les murs de Capoue), qui le suit à marche forcée, le voilà qui fonce sur Rome. Par la voie Latine, Hannibal poursuit sa course vers la ville qui le hante depuis son enfance, ses cavaliers piétinent les moissons, les vergers. Partout des colonnes de fumée signalent son avance.

Hannibal ad portas !! Le Sénat siège. On mobilise tous les hommes en état de porter les armes, soit vingt mille hommes qui campent au Capitole. Le général carthaginois fait le tour des remparts, constate qu’ils sont solides, et qu’ils sont surtout garnis de soldats. Le morceau est impossible à enlever. Il fait demi-tour pour retourner en fin de compte à Capoue, où il constate que les légions n’ont pas bougé. Elles assiègent toujours la ville. Il s’en va alors dans le Bruttium, abandonnant la cité à son sort. Elle capitule, les Romains massacrent une partie de la population, et déportent le reste. L’exemple de Capoue frappe de terreur les cités qui ont de la sympathie pour l’armée carthaginoise, elles se détachent les unes après les autres, pour rentrer sous l’autorité romaine. En 209, Fabius Maximus reprend Tarente ; en 208, Marcellus – le boucher de Syracuse – marche sur Locres, et le contraint de quitter le Bruttium ; mais surpris par un détachement carthaginois il est tué. Hannibal peut souffler un peu. Hasdrubal son frère entre en Italie pour lui porter secours, mais intercepté par deux formations consulaires, son armée est exterminée, lors de la bataille du Métaure. Le fier général carthaginois qui a fait trembler Rome, s’est mué en chef besogneux d’une bande de pillards et de bandits. Le sénat de Carthage lui envoie une députation l’invitant à rentrer, pour s’occuper d’un problème urgent, à savoir l’armée de Scipion. Il quitte l’Italie pour s’installer à Hadrumète – il ne se présente même pas à Carthage – où il entreprend de recruter une armée pour se frotter, – sur son sol – à une nouvelle armée romaine. Il demande une entrevue à Scipion, qui accepte. Les deux généraux éprouvent une grande admiration l’un pour l’autre, mais ce sont les armes qui doivent décider.

C’est la bataille de Zama. Polybe note : « Jamais la fortune n’offrit aux vainqueurs, une récompense plus précieuse : L’Afrique, l’Europe, et toutes les parties du monde connu seront leurs ». Quarante mille Romains affrontent cinquante mille Carthaginois et leurs quatre-vingt éléphants ; Hannibal n’a presque pas de cavalerie à sa disposition. Après une bataille incertaine, la cavalerie romaine met en déroute les troupes carthaginoises. Hannibal s’enfuit vers Hadrumète. Il est convoqué devant le sénat pour s’expliquer. Les conditions fixées par Scipion sont exorbitantes, mais les Carthaginois doivent s’y soumettre bon gré mal gré. Le peuple se tourne vers Hannibal qui assiste le cœur navré, à la déchéance de sa patrie, pour lui offrir la direction de la nation. Il fait mener plusieurs enquêtes, qui mettent au jour les malversations de certains grands riches. Dénoncé par ceux-ci, comme « revanchard » aux Romains, ces derniers exigent qu’il leur soit livré. Il quitte sa patrie, et mourra en exil en Bithynie à la cour du Roi Prusias. Apprenant que les Romains – dont la rancune est tenace - exigent sa livraison, il se suicide (où on le « suicide ») en 183, à l’âge de 64 ans, loin de son ingrate patrie, vérifiant la prédiction le concernant : « La glèbe de Libyssa recouvrira le corps d’Hannibal », En Bithynie, il existe un fleuve et une plaine nommés Lybissa. Quand à Scipion « l’Africain », son vainqueur, après avoir subi l’humiliation d’un procès fomenté par Caton l’Ancien, sur la rigueur de ses comptes de gestion, il s’exile volontairement. Il meurt également en 183, à l’âge de 52 ans, à Liternum en Campanie. Selon ses dernières volontés, son corps est transporté en Numidie (près de Sétif). Sur son tombeau, l’épitaphe en dit long sur ses pensées : « Ingrate patrie, tu n’auras pas mes os ».

© VAE VICTIS - LH GALEA 2015
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BIOGRAPHIE D'HANNIBAL
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