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 BIOGRAPHIE DE SCIPION L'AFRICAIN

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE DE SCIPION L'AFRICAIN    Dim 26 Fév - 11:28

SCIPION L’AFRICAIN   (235-183 Av. J.C.)

BIOGRAPHIE

Publius Cornélius Scipio est né en 235, des œuvres de Publius Cornélius Scipio son père,  qui fut consul dans les années 218.

Après avoir vainement essayé de bloquer Hannibal en Gaule, son père revient en Italie pour l’affronter sur le territoire romain. C’est son oncle Cnaeus Cornélius Scipio Calvus qui prend en charge cette armée, et marche à la rencontre de l’armée d’Hannibal. On retrouve notre Publius C. Scipion dans la journée qui suit la bataille de Cannes. Environ dix mille soldats se trouvent réfugiés dans un camp. Au cours d’une réunion de jeunes patriciens qui discutent de l’opportunité de se rendre, l’un d’eux, un adolescent chétif et maigre, se lève et déclare « qu’il n’y a pas là sujet à délibération, et que l’endroit où l’on ose tenir pareils propos n’est ni plus ni moins qu’un camp ennemi ».
Scipion a pris part comme tribun de la seconde légion à la bataille, il a à peine dix-neuf ans. Il a déjà participé aux côtés de son père à la bataille du Tessin, et y a été grièvement blessé. Or donc, après avoir harangué ses compagnons, il se dirige vers le logis de Metellus, et brandissant son glaive devant l’assistance médusée, jure « de ne pas abandonner la république du peuple romain » ; devant son air décidé, tous jurent également. Nous sommes en 216.

Cinq ans après, son père et son oncle ont trouvé la mort en Espagne, où ils ont été envoyés par Rome, guerroyer contre Hasdrubal (le frère d’Hannibal). Le sénat ne trouve personne pour les remplacer. C’est alors que Publius C. Scipion, fin psychologue, déjà doté d’une remarquable intelligence, se présente. Il est nommé – non sans peine -, car il n’a pas l’âge légal, ni les titres, proconsul en Espagne. Mais pour respecter un semblant de légalité, on lui adjoint un propréteur, M. Julius Silanus. Nous sommes en 211, et il a 24 ans. Il quitte Rome dans le courant de l’année 210, accompagné de son frère cadet Lucius, et de son inséparable ami Caius Laelius (grâce à qui nous devons les renseignements très précis sur Scipion).  Sur place, il reconstitue son armée avec les débris des autres, puis repart à la conquête de l’Espagne. Il nomme conseiller militaire L. Marcius, un simple soldat qui a pris le commandement de l’armée désemparée après la mort de son père, et de son oncle.

      Il réunit vingt-cinq mille hommes, et marche sur Carthagène, la base arrière d’Hannibal. Ses troupes investissent la ville qu’ils pillent, en tuant tout ce qui remue. Ceci fait, en bon administrateur, il relâche tous ceux qui n’ont pas été trucidés, les renvoie chez eux, en les invitant à « garder le souvenir de sa bienveillance ». Deux mille ouvriers qui travaillent à l’arsenal sont regroupés ; il leur annonce « Vous êtes désormais la propriété du peuple romain. Ceux qui travailleront à ma satisfaction, seront remis en liberté lors de ma victoire », sur quoi, encadrés de contremaîtres romains, ils repartent à leur labeur habituel.

      Reste le problème des otages détenus par les Carthaginois. Là il va déployer son charme de Romain éduqué. Il embrasse les enfants, réconforte les matrones, fait de menus cadeaux aux jeunes filles. Il refuse précisément une jeune fille, que ses soldats lui amènent, connaissant les goûts du général pour les belles captives. Passant aux choses sérieuses, il envoie son fidèle ami Laelius à Rome, avec dix-sept sénateurs carthaginois prisonniers.

Il laisse Hasdrubal Barca se diriger vers les Pyrénées, car son idée est de balayer les Carthaginois de l’Ibérie : moins il y aura de soldats, plus facile sera la tâche. L’armée de Scipion compte à présent quarante-huit mille hommes. Il apprend qu’Hasdrubal (un autre Hasdrubal), a proposé sa fille Sophonisbe, une beauté carthaginoise, à Syphax concurrent de Massinissa. Scipion envoie Laelius à Syphax avec de précieux cadeaux. Syphax les accepte, mais élude les avances romaines en déclarant qu’il en parlera avec Scipion directement. La capitale de Syphax, Siga, se trouve sur le sol africain, en face de Carthagène. Scipion qui s’y rend en bateau, se retrouve dans le port avec Hasdrubal qui arrive aussi. Syphax les invite tous deux à dîner, et les installe sur le même lit. Scipion est si brillant causeur, qu’Hasdrubal confie à son commensal « Je le redoute encore plus en conversation, que sur le champ de bataille ». Néanmoins Scipion repart avec une alliance avec Syphax. Là, il va manœuvrer le sénat, où il compte des amis, mais aussi des ennemis irréductibles.

        Le sénat du bout des lèvres, accorde ce qui suit : Scipion garde la Sicile. On l’autorise à passer en Afrique « s’il le juge utile aux intérêts de l’Etat », mais on ne lui accorde pas l’autorisation de lever des troupes. S’il a besoin de soldats, il n’aura qu’à en recruter à ses frais. C’est nouveau, mais Scipion accepte ces conditions invraisemblables – le sénat ne supporte pas ainsi les frais de l’entreprise, et surtout évite toute responsabilité en cas d’échec –. Il commence à recruter des volontaires. Il faut noter ce fait sans précédent dans l’histoire de la république : le duel des deux empires, qui va s’ouvrir sur le sol africain, est le fruit de son initiative privée, menée à ses frais et à propres risques et périls. Travaillant comme un forcené, il organise la formation d’une armée de dix mille fantassins, renforcée de deux mille cavaliers. Il la présente à la commission du sénat venue inspecter ses travaux, puis se prépare à embarquer. Un envoyé de Syphax lui apprend que ce dernier est dorénavant marié à Sophonisbe – fille d’Hasdrubal - et qu’il dénonce son accord avec Rome. C’est un mauvais coup pour Scipion, d’autant que Sophonisbe outre sa  beauté, est très intelligente, ainsi qu’une collaboratrice zélée de son père. Syphax amoureux fou de la belle, n’est pas près de revenir dans le giron romain.

Scipion débarque, et presse son allié Massinissa de bloquer le port d’Utique, car il lui faut un port pour acheminer ses renforts, et ses approvisionnements. Carthage envoie quatre mille cavaliers qui, enveloppés par Massinissa et la cavalerie romaine sont annihilés, leur chef fait prisonnier. Puis il va s’occuper de Syphax. Son camp est incendié de nuit. Les rescapés brûlés, presque sans armes se trouvent nez à nez avec l’armée romaine qui les attend. Quarante mille hommes y laissent leur vie, cinq mille sont fait prisonniers. Hasdrubal qui se trouvait dans le camp avec Syphax, parvient à s’enfuir. Syphax veut jeter l’éponge, mais son beau-père aidé de sa fille arrive à le faire changer d’avis. Un mois après ce désastre, une armée mixte de quarante mille hommes, composés de Carthaginois, Numides et Espagnols, campe dans les Grandes Plaines.

        Cette belle armée est défaite par Scipion ; le couple Hasdrubal-Syphax s’enfuit de nouveau. Scipion occupe Tunis (aux portes de Carthage) en 203. Syphax qui rameute une nouvelle armée, se heurte de nouveau aux Romains qui massacrent ses hommes, et le font prisonnier. Il est traîné devant Laelius. Massinissa, fou de joie, obtient de l’emmener devant sa capitale Cirta. Arrivé devant les portes, il ordonne qu’on les ouvre. Refus des autorités, il montre Syphax enchaîné ; les portes s’ouvrent. Massinissa fonce, trouve Sophonisbe sur le seuil du palais. Elle se jette à ses genoux, et l’implore d’une voix caressante de lui sauver la vie. Notre Numide éperdu d’amour, se marie sur le champ. Arrive Laelius qui fou de rage, emmène Massinissa devant Scipion. Scipion écoute d’abord Syphax qui met tout sur le compte de Sophonisbe, qui l’a « envoûté, ses charmes empoisonnés ayant altéré sa raison ». Il souhaite bien du plaisir à ce jeune étourneau qui a pris sa suite.

Le général romain écoute silencieusement les plaintes du vieux mari. Tirant à part Massinissa, il lui déclare que Syphax est vaincu, et que par conséquent, tout ce qui appartenait à celui-ci est devenu propriété romaine, y compris sa femme. « Triomphe donc de toi-même et garde toi de ternir tant de services par une seule faute ». Massinissa a compris. Il appelle un esclave, et lui tend un breuvage empoisonné, qu’il devra remettre à Sophonisbe en lui disant : « Massinissa, obligé de céder à une autorité supérieure à la sienne, tient la seconde parole qu’il t’a donnée, celle de ne pas te livrer vivante au pouvoir des Romains ». Sophonisbe écoute impassible le message de son nouvel époux, reçoit la coupe sans aucun signe d’émotion, et la vide. Nous sommes en 202. C’est alors qu’une députation de sénateurs carthaginois vient implorer son pardon. En fait, Carthage cherche à gagner du temps pour faire revenir Hannibal du Bruttium, dans lequel il patauge. Scipion ne se laisse pas circonvenir, mais il fixe des conditions relativement clémentes, puis les renvoie devant le sénat romain pour les faire entériner. La délégation est congédiée sans avoir conclu la paix. Cet échec est sans gravité, car Hannibal le dernier espoir de Carthage, vient d’arriver sur le sol africain.

Hannibal débarque avec des troupes usées, vieilles et fatiguées. De plus, il ne rentre pas dans sa patrie, car il l’a quittée à l’âge de neuf ans. Elle ne lui a jamais donné l’aide qu’il réclamait pour vaincre totalement la république romaine. Il débarque à Leptis Minor, à l’est de Carthage, et se dirige vers Hadrumète en négligeant de paraître à Carthage. Hasdrubal – Sophonisbe est morte, et il ne sert à rien à présent - contraint à l’exil, se joint à lui, et ils commencent à recruter une armée. Scipion rencontre Hannibal. Les deux grands capitaines restent un instant muets face à face, chacun admiratif de la valeur de l’autre. L’entretien est cordial, mais Scipion fait comprendre à Hannibal que l’avenir de Carthage doit se régler sur le champ de bataille. Sur ce, ils se séparent.  Le lendemain à l’aube – octobre 202 -, ils mènent leurs armées au combat. Scipion aligne trente mille hommes, plus dix mille Numides de Massinissa ; Hannibal aligne cinquante mille hommes et quatre-vingts éléphants.

Scipion prononce l’ « allocutio » (harangue aux soldats) à cheval en passant dans leurs rangs ; Hannibal de son côté fait de même, mais sans beaucoup d’enthousiasme, car ses troupes de mercenaires sont disparates. Hannibal donne le premier l’ordre de marche, en envoyant ses éléphants semer le désordre dans les rangs ennemis. Ces derniers tout juste dressés, pas encore habitués au bruit assourdissant des trompettes, prennent peur, se retournent et se jettent sur leurs propres troupes. Laelius et Massinissa, profitent de ce chaos pour donner l’assaut. La bataille est longtemps indécise, et Scipion frôle le désastre. C’est Laelius et Massinissa qui le sauvent, en rééditant l’enveloppement des ailes par la cavalerie. Quatorze ans après la bataille de Cannes, la bataille de Zama efface la honte de la défaite romaine. Hannibal s’enfuit à Carthage annoncer le désastre.

Une députation de sénateurs revient vers Scipion implorer son pardon, et lui demander ses conditions. Elles sont plus dures que les précédentes. Il leur accorde un armistice, le temps d’aller à Rome discuter de ces conditions. Elles sont entérinées par le sénat qui charge Scipion d’en surveiller l’exécution. Ce dernier reçoit le privilège d’accoler à son nom de famille celui d’Africanus – l’Africain – (on prend l’habitude d’ajouter à son nom, Africanus major, afin de le différencier de l’autre Scipion Emilien qui reçut aussi le surnom d’Africain). Il retourne à Carthage, fait rapatrier les quatre mille Romains prisonniers, fait mettre en croix les déserteurs, envoie les éléphants à Rome, brûle la flotte carthaginoise – cinq cents vaisseaux de guerre – et enfin fait le compte du trésor amassé : il y en a pour cent trente-trois mille livres. Puis il rentre en Italie au milieu de la liesse populaire. Il laisse le souvenir d’un homme bienfaisant, magnanime, intelligent et tempérant.

En 199, il est nommé censeur, puis élu consul pour la deuxième fois en 194. Il part avec son frère Scipion « l’Asiatique » faire la guerre à Antiochos III de Syrie de 193 à 190. Il y retrouve Hannibal, qui est devenu conseiller militaire de ce monarque. Antiochos est battu par deux fois. Hannibal s’enfuit pour éviter d’être livré aux Romains. A son retour à Rome, Scipion se trouve en butte à l’hostilité des conservateurs, menés par Caton l’Ancien qui lui reprochent d’avoir gaspillé à son profit les indemnités de guerre, ce qui est un comble. Un procès étant intenté contre lui, il ne daigne même pas venir s’expliquer devant ses juges, il s’exile en Campanie jusqu’à sa mort qui survient en 183. Il est âgé alors de cinquante-deux ans. Selon ses dernières volontés, il ne reposera pas en Italie, mais dans la capitale de la Numidie sétifienne. L’épitaphe de son tombeau en dit long sur ses pensées :
« Ingrate patrie, tu n’auras pas mes os »

Bibliographie :
La destruction de Carthage, Gérard Walter, Albin Michel, 1947
Carthage et Hannibal, les Belles Lettres, 2007
Histoire de Rome, Dion Cassius, Lacus Curtius
Histoire de Rome Indro Montanelli, Editions Mondiales, 1959
Histoire romaine, Dion Cassius
Histoires, Livres I & III, Polybe, PUF, 1971

© VAE VICTIS - LH GALEA - 2015
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