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 BIOGRAPHIE DE VERCINGETORIX

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE DE VERCINGETORIX    Dim 26 Fév - 11:31

VERCINGETORIX  (80-46 Av. J.C.)

BIOGRAPHIE

Les Gaulois n’ayant laissé aucune trace écrite de leur histoire, les renseignements concernant Vercingétorix et sa vie, proviennent de « La guerre des Gaules » de Jules César, de marchands grecs et latins, qui commerçaient avec les tribus de la Gaule entière, dont les récits étaient repris par des historiens latins et grecs. Certains renseignements proviennent aussi du Druide « collabo » Diviciacos – chantre de la Gaule togata – (1)  qui écrivait et parlait le latin ainsi que quelque peu de grec. Par contre c’est l’archi-druide Gutruato  qui mènera la résistance.

Dago – il ne prendra le nom de Vercingétorix (2) que beaucoup plus tard – voit le jour aux environs de 80 avant J.C., à Gergovie dans la famille du vergobret Celtill. Ce dernier rêvait de fédérer les tribus gauloises qui pour l’heure se battaient entre elles pour des motifs souvent futiles. Il avait l’ambition de faire de la Gaule un royaume uni, et lui donner une âme commune – sous son autorité naturellement -. Ce qui venait de se passer en Espagne, où les Romains avaient mis au pas les tribus ibères, lui donnait une idée de ce qui pourrait bien se passer dans ce pays, où l’anarchie joyeuse était de rigueur. Malheureusement, son frère Gobanito pro-romain, jaloux de ces idées, le fait assassiner en laissant deux enfants, Dago et Tara une fille. Ce frère assassin, garde la fille de Celtill auprès de lui, et Dago, qui a fait des études poussées au sein d’un collège de druides, entre au service de César en commandant un corps de cavalerie d’auxiliaires (une turme) d’une centaine d’hommes (des Gaulois bien sûr). Il apprend à parler le grec et le latin, observe comment l’armée romaine procède, son armement, ses pontonniers, son organisation, sa logistique ainsi que sa tactique de combat.

Après la mort de Celtill, les druides acquis à ses idées ont caché son épée, la fameuse « Praemia » (3) - qui signifie en Celte « récompense » -, qui avait appartenu avant lui aux rois Luern et Bituit. Elle est destinée à celui qui sera le chef jugé digne de la recevoir, pour mener le combat de la liberté. Cette épée est très ordinaire, et de facture commune, mais elle a un lourd passé. Dago, au milieu de cette armée romaine porte au cou la pierre de Fâl, qui est l’emblème d’un chef. Il est blessé à la cuisse lors d’un engagement contre des cavaliers Usipètes. Il rentre de Rome, avec ses ambactes (4), et les chevaliers de sa suite écœuré par cette ville et ses habitants. Il veut prendre la direction des Arvernes dans un premier temps, puis celle de la coalition ensuite. Il chevauche son cheval Taran (diminutif de Taranis, Dieu du tonnerre), presque aussi célèbre que le Bucéphale d’Alexandre.

Le druide de Gergovie lui remet l’épée Praemia qui va le  consacrer roi des Arvernes, mais cet acte ne lui suffit pas. Il veut être intronisé selon la coutume ancienne, sous le signe d’Epona, le rite de la jument blanche. En attendant il peaufine les défenses de Gergovie « à la romaine », de même que la discipline de ses troupes. Une faute légère, c’est le nez ou les oreilles coupées. Pour une faute grave, le bûcher ou la mort par les verges.

Les Romains s’occupent d’Avaricum (Bourges). Au vingt-cinquième jour de siège, sous une pluie battante, ils prennent la ville en massacrant défenseurs et population. La guerre se rapproche de Gergovie.

Epona, qui a sa place dans le panthéon gaulois, aux côtés de Lug Dis Pater, de Taranis, d’Ogmios ou de Teutatès, est la divinité qui, sous la forme d’une jument blanche donne le pouvoir absolu à un guerrier gaulois. Maintenue par deux jeunes druides, la jument couronnée de lierre et de gui, se laisse prendre par Vercingétorix comme une femme. Puis elle est abattue et découpée en morceaux, mis à bouillir dans une grande marmite. Lorsque le bouillon est attiédi, Vercingétorix prend ce nom, en s’immergeant jusqu’au cou dans la marmite, puis il puise un gobelet de ce bouillon, et le boit d’un trait. Il est à présent le roi incontesté des Arvernes.

César arrive devant les murs de Gergovie, dont les défenseurs sont fins prêts. Avant de s’occuper de Gergovie, il se fait la main sur Bibracte. Puis les combats reprennent, mais la situation des Romains est critique, d’assiégeants ils deviennent assiégés. Une armée romaine combat les Belges, une autre contient les Germains, tandis que la dernière assiège Gergovie. César doit quitter le siège, car le feu a pris ailleurs ; il laisse la conduite des opérations à Decimus Brutus, qui va essayer, en occupant le col des Goulles, de forcer l’entrée de la capitale des Arvernes. Pendant ce temps César s’infiltre au travers des lignes gauloises vers le nord, bat séparément les Avares et les Cénabes, puis saccage leurs villes, avant de revenir sur Gergovie. Decimus Brutus, en son absence a lancé une attaque mal préparée. Après quelques succès initiaux, il est refoulé sur ses positions en perdant sept cents hommes dans l’affaire. La Xème Légion sauve la situation de justesse. Si les Gaulois avaient exploité leur avantage à ce moment, les armées de César et de Brutus étaient perdues. En effet, les Eduens sont tombés dans le dos de César. Celui-ci n’a pour seule solution que de lever le siège de Gergovie.

Les troupes gauloises le suivent, et s’établissent sur l’oppidum d’Alésia. Pourquoi Alésia ? Cette bourgade se trouve sur une position clé, pour couper les armées romaines qui assiègent Lutèce, de César avec son armée et des renforts qui pourraient lui parvenir de Rome. Le centre de gravité de la guerre se déplace vers le Nord. Le Grand Druide des Arvernes, voit dans ses prédictions « des foules immenses, se presser aux portes d’Avallon » (5). César passe à gué la Loire, pour rejoindre Labienus qui vient de régler le compte de Lutèce. D’autre part, les légions de renfort, – pour l’heure stationnées dans le pays des Allobroges - levées par son neveu Julius, se tiennent prêtes à marcher.

Vercingétorix confie à un proche : « La lutte contre César sera difficile, mais je redoute tout autant celle que j’aurai à mener contre mes frères d’armes ». Le premier coup vient des Eduens, qui prennent argument que les batailles à venir seront sur leur territoire, et non chez les Arvernes. Litavic, fait remarquer que c’est à eux de mener la deuxième phase de l’insurrection. La question ne pouvant être tranchée, l’assemblée générale des peuples gaulois est convoquée. Grâce à ses espions, Jules César qui ne perd rien des dissensions gauloises, s’en réjouit.  Néanmoins, contre toute attente Vercingétorix est reconduit dans ses fonctions de généralissime. Il expose son plan de bataille : « Pour affronter César il me faut cent mille hommes aguerris, et quinze mille cavaliers. Les Eduens iront porter le fer chez les Allobroges, les Gabales vont aller étriller les Helviens, les Cadurques vont aller ravager les terres des Volsques (dans la Narbonnaise). Ce seront autant de barrages que César trouvera sur son chemin s’il veut quitter la Gaule ».

Alésia est une ville qui selon la mythologie locale aurait été fondée par Héraclès, mais se trouve à présent sous la protection de Taranis. C’est la capitale des Mandubiens, gens paisibles qui se moquent bien que la Gaule soit à César ou à Vercingétorix, pourvu que leurs troupeaux et leurs récoltes ne soient pas détruits. Ils accueillent Vercingétorix de la même manière qu’ils ont accueilli César. Ce dernier arrive devant la ville, plutôt épuisé après plusieurs mois de campagne, avec un renfort de quatre mille Ubiens (des Germains) et dix légions. Ne lui laissant pas reprendre son souffle, Vercingétorix avec sa cavalerie lui fonce dessus. La bataille dure plus de trois heures. César manque d’y perdre la vie, son cheval tué sous lui. Mais Labienus avec sa VIIIème légion, qui arrive à la rescousse, appuyé par l’infanterie germaine, repousse les Gaulois qui se replient sur Alésia. César remet de l’ordre dans son armée, assez secouée par d’importantes pertes, puis entreprend sans tarder des travaux de génie militaire destinés à encercler l’oppidum, veillant à se garder de l’intérieur comme de l’extérieur.

L’armée gauloise a perdu cinq mille hommes. Mais elle a gagné le glaive de César qui est remis à son général par le fantassin gaulois qui a raté César de peu. Lucter, le chef des Cadurques a été repoussé par les Volsques qui désirent rester Romains. Une semaine après cette bataille, Vercingétorix lance une nouvelle attaque de cavalerie menée par Comm l’Atrébate, pour gêner les Romains dans leurs travaux d’encerclement. Un millier de cavaliers foncent vers la plaine des Laumes, ils sont facilement repoussés par la cavalerie germaine. Le général estimant que sa cavalerie l’alourdit plutôt qu’elle ne lui sert dans ses entreprises, la renvoie en profitant que les palissades romaines ne sont pas terminées. L’opération réussit sans accroc. Les Romains peaufinent leurs défenses, creusent différents types de pièges, des cippes, des lis et des aiguillons barbelés. L’armée gauloise enfermée dans Alésia attend l’armée de secours en se serrant la ceinture, l’armée romaine se repose, en se serrant également la ceinture.

Vercingétorix constatant qu’il ne peut nourrir tout le monde, décide de pousser les non combattants, hors des murs. Il demande à César de les laisser passer pour qu’ils se retirent du champ de bataille. César pour des raisons tactiques refuse. Ces pauvres gens tombent dans les pièges, ou se font tuer par les archers romains. Ils refluent vers les murs d’Alésia pour mendier un peu de nourriture. Les premiers jours ils crient leur faim. Les vieux, les enfants, les malades meurent les premiers. Une semaine après, plus un seul bruit ne s’échappe de la masse de cadavres. Une odeur épouvantable environne Alésia car on est en été. Les mouches et les charognards font bombance.

Les guetteurs hurlent, l’armée de secours arrive. Une masse gigantesque d’environ trois cent mille hommes, commandée par Comm l’Atrébate, Vercassivellaunos et Sédullus entre autres. Le lendemain de leur arrivée, vers midi, les confédérés placent leurs troupes face aux romains, Vercingétorix se prépare à faire une sortie avec ses hommes. Les Romains attaquent les premiers.  Sérieusement secoués, ils se retirent laissant de nombreux morts sur le terrain. Puis César lance à nouveau la cavalerie germaine qui pulvérise le centre de la formation gauloise. La nuit met fin au combat, et Vercingétorix tient un conseil de guerre. Le lendemain il ne se passe rien. Une attaque de nuit ne donne rien. Une attaque sur le mont Réa est bien près de réussir, mais César arrive à la rescousse avec ses indispensables germains. Vercassivellaunos et Sédullus, sont faits prisonniers. Pour couronner le tout, l’armée de secours se retire comme une marée qui reflue.

Vercingétorix comprend qu’il n’a plus rien à espérer ; il propose lors du dernier conseil de guerre, la reddition. César exige que les chefs présents sur l’oppidum lui livrent Vercingétorix. Le lendemain matin, sur le dos de Taran, en tête du groupe des chefs vaincus, tous revêtus de leur tenue guerrière, ils avancent lentement. Au lieu de se diriger droit sur César, le chef vaincu oblique vers le front des légions, qu’il parcoure à pas lents, les regardant d’un œil froid, s’arrêtant pour saluer ceux qu’il a connus. Après avoir parcouru tous les carrés des cohortes, il revient vers l’estrade sur laquelle César est assis. Tous les chefs se nomment  un à un,  en jetant fièrement leurs armes au pied du vainqueur. Ils sont chargés de chaînes au fur et à mesure. Puis vient le tour de Vercingétorix. Il descend de cheval, caresse l’encolure de Taran. Il le regarde partir tristement, puis se défait de ses armes, les jette aux pieds de César, puis il recule de quelques pas, et s’immobilise le pouce dans la ceinture, la jambe droite ployée. On est en 52 avant J.C.

Cette attitude de bravache ne plait pas du tout à César. Il fait un signe aux licteurs qui courbent de force le chef gaulois, en le chargeant de chaînes. Vercingétorix va figurer avec les autres chefs gaulois dans le triomphe que le sénat romain accorde à César. Tous seront égorgés sur le forum, sauf le chef arverne, qui lui va être étranglé au fond de sa cellule de la prison du Tullianum en 46 avant J.C. Il a 34 ans.

Praemia a de nouveau disparu, en attendant la main d’un libérateur qui la brandira à nouveau pour libérer la Gaule d’une tyrannie.


Omnis Gallia deducta !!


Notes :

(1) Gallia togata : Gaule où l’on porte la toge qui fait d’elle une Provincia, par opposition à Gallia Comata : Gaule chevelue (barbare)
(2) Le préfixe Ver en gaulois indique une supériorité.
(3) Cette épée qui est de facture très ancienne ne peut servir au combat, car la lame est en bronze mou, qu’il faut redresser sur la cuisse après chaque coup de taille.
(4) Ambactes : nobles attachés à l’entourage immédiat du roi local.
(5) Avallon : Le Walhalla des Gaulois, où les guerriers tombés vont se reposer.

Bibliographie :

Histoire de Rome, Dion Cassius, Lacus Curtius
Histoire de Rome Indro Montanelli, Editions Mondiales, 1959
Histoire romaine, Dion Cassius
Histoires, Livres I & III, Polybe, PUF, 1971
De Bello Gallico, Jules César, Flammarion


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