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 BIOGRAPHIE DE JULES CESAR

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE DE JULES CESAR   Dim 26 Fév - 11:38

JULES CESAR  (100-44 Av. J.C.)

BIOGRAPHIE


Jeunesse et ascension politique


Caius Julius César, voit le jour dans les années 100 ou 102. Il est le fils de Caius Julius César III et d’Aurélia Cotta, tous deux patriciens, mais ne faisant pas partie de la nobilitas (une cinquantaine de familles qui fournissaient des consuls). Comme dans toute famille patricienne qui se respecte, il est bon de faire remonter son lignage aux dieux. Il semble que la branche des Julii soit apparentée à Iule, fils d’Enée et de Créuse qui venait de Troie après sa chute.

Quoiqu’il en soit, la famille ayant eu des revers de fortune, notre jeune Jules est élevé dans le quartier de Suburre, qui est le quartier des tavernes, des prostituées, des charretiers, et autres voleurs à la tire. Tacite, fervent admirateur de Jules César, note qu’Aurélia élève Jules et ses deux sœurs de manière exemplaire. Jules César reçoit l’enseignement de plusieurs pédagogues qui lui enseignent le latin, le grec et la poliorcétique (l’art de faire la guerre). Il reçoit donc une éducation choisie qui va faire de lui un être raffiné, épris d’art, doté d’un savoir vivre et d’une politesse parfaits. Ces qualités vont lui servir à faire ses premiers pas dans la vie publique à laquelle il se destine. Son père décédant vraisemblablement d’un infarctus un matin, Jules qui est âgé de quinze ans va grandir au milieu des convulsions d’un état qui assiste à l’émergence des factions conservatrices et populaires (optimates et populares). Il grandit au milieu des échauffourées de la première guerre civile en 88, qui met aux prises les populares menés par Caius Marius, et les optimates menés par Sylla, qui lui, va régler à sa manière le problème : dans le sang en 82.

Il se trouve que Jules, de par ses relations de clientèle se trouve dans la faction populares, (en effet sa tante Julia a été l’épouse de Marius). Il est lui-même marié avec Cornélie Cinna, de parenté populares, mais il ne se joint pas aux populares extrémistes. Il va se joindre par calcul aux modérés qui préfèrent composer avec Sylla, qui commence à suivre d’un œil intéressé la progression de ce jeune homme doté de tant de qualités. En 84, le poste de Flamen dialis (grand prêtre de Jupiter), est vacant. Jules obtient cette charge, qui notons-le en passant, l’empêche d’entreprendre le cursus honorum, et d’accéder ainsi à la carrière des armes. Sylla exige qu’il divorce, mais Jules refuse, puis se cache des foudres du dictateur jusqu’à ce qu’un de ses oncles intercède auprès de Sylla pour que cesse les poursuites. Toutefois il lui bloque sa nomination de flamine, les interdits qui en font partie, ainsi que la dot de son épouse.

Jugeant que l’air de Rome devient dangereux pour lui, il s’enrôle dans l’armée en 80, puis part en Asie sous les ordres du prêteur Marcus Minucius Thermus qui va renforcer l’armée de Lucullus qui assiège Mytilène. Jules César au cours de la prise de Mytilène mérite une couronne civique. Il va servir aussi en Cilicie, puis il est démobilisé, avec une réputation (méritée ou non) d’homosexuel. Il reste en Asie jusqu’à la mort de Sylla en 79. Sur le chemin du retour dans sa patrie, il se fait enlever par une bande de pirates qui écument la mer Egée. Ses geôliers demandent vingt talents de rançon. Jules déclare en valoir cinquante, mais il les prévient qu’il reviendra s’occuper d’eux après sa libération ; ce qu’il ne manquera pas de faire. Il séjourne à Rhodes pour parfaire son éloquence, auprès du rhéteur Molon de Rhodes.

Il rentre enfin à Rome pour commencer sa vie publique. Il assigne le proconsul Dolabella qui rentre de Macédoine pour concussion, et qui s’en tire facilement, car c’est un gros poisson. Jules César assigne alors Gaius A Hybrida qui s’en sort de justesse grâce à l’appui de la plèbe. S’étant fait connaître, il utilise ses richesses (provenant d’emprunts) pour cultiver des relations utiles dans le cursus honorum qu’il entame. Il accède au grade de tribun militaire, questeur en 69 en Espagne, puis édile en 65. Utilisant ses relations « populares », il fait rétablir le pouvoir des tribuns de la plèbe (suspendu par Sylla). Il organise des jeux grandioses pour s’attirer la faveur du peuple. Il assigne aussi Catilina, qui s’en tire aussi très facilement. Il va réitérer en intentant un procès en haute trahison – aidé en cela par son complice, qui le restera tout au long de sa vie – Titus Labiénus contre le vieux Gaius Rabirius. Il s’agirait du meurtre commis trente-sept ans auparavant, d’un tribun de la plèbe nommé Saturninus. Malgré une défense brillante de Cicéron, le vieux sénateur (du clan Sylla) est condamné par les juges, qui ne sont autres que Jules César lui-même, et son cousin Sextus. Le malheureux fait appel, et l’affaire est enfin enterrée.  De nombreux historiens justifient cette manie de faire des procès, dans le seul but de plaire au peuple, car César a compris que compte tenu de ses origines politiques, seul le peuple pourra lui donner les moyens d’assouvir son désir de pouvoir.

Il va arrêter là ses procès à répétition, car quelques optimates parlent de lui faire un sort. Il se fait élire en 63 Pontifex Maximus, grâce à l’argent de Crassus qui lie son sort à celui de César. Il va dépenser des sommes colossales pour se faire élire aux comices tributes (assemblée du peuple par tribus, c'est-à-dire par découpage domiciliaire). Il écarte ses deux rivaux, Servilius Isauricus et Quintus Catulus, mieux placés que lui, en âge et en honneurs. César exercera sa fonction de Pontifex Maximus jusqu’à sa mort. Il se fait élire préteur urbain l’année suivante, s’oppose à l’exécution des complices de Catilina, lors du procès de la conjuration. Hélas passant outre, la sentence est appliquée grâce à l’intervention de l’inévitable Caton. Bien introduit dans les cercles politiques, où son éloquence polie fait sensation, il est nommé propréteur en Espagne en 60. Toutefois, endetté tel qu’il l’est, il doit donner de solides garanties à ses créanciers, sans doute aidé en cela par Crassus son pygmalion. En fait, cette nomination en Espagne a pu être provoquée par lui-même afin d’échapper à un procès, car il ne peut être fait de procès à un citoyen envoyé à l’étranger par la république. Son premier commandement est une réussite. Il met au pas quelques tribus ibères puis brigue le triomphe ainsi que le consulat. Toutefois un problème se pose dans le temps, car s’il doit être hors de Rome pour les préparations du triomphe, il doit être présent pour soutenir sa candidature au consulat. Il va choisir de renoncer au triomphe pour obtenir celui-ci.

Entre-temps Pompée rentre avec ses légions couvertes de gloire de leur campagne en Perse, qui a agrandi l’empire de la Syrie, de la Turquie et du nord de la Grèce. Il obtient sans discussion le triomphe en 61, puis licencie ses troupes. Le sénat refuse d’accorder les avantages qu’il a promis à ses soldats, et à certains potentats d’Orient. Ceci le pousse dans les bras de César et de Crassus, avec lesquels il va former un trio redoutable. César marie sa fille Julia avec Pompée, devenant ainsi son beau-père, et associé. Crassus dont la fortune semble inépuisable, finance la campagne électorale de César, qui est élu consul en 59. Il évince facilement ses contradicteurs en faisant voter la loi agraire, malgré l’opposition de Caton et de Bibulus. Cette situation permet à César de satisfaire les revendications des populares, de récompenser Pompée et surtout de conquérir de nouveaux soutiens auprès des finances (détenues par les chevaliers). Il fait entériner l’organisation des provinces d’Orient, mise au point par Pompée, mais refusée par le sénat, malgré les hurlements habituels de Caton et de Lucullus. Il donne des terres (dépendantes de l’ager publicus) aux légionnaires de Pompée, achète des terres à des particuliers, puis les distribue à quelques milliers de pauvres. Il fait de Capoue une colonie romaine. Il promulgue une loi qui permet de réprimer les abus des gouverneurs de province, puis place le sénat sous le contrôle du peuple.  Il fait publier les comptes rendus de séance afin que nul n’en ignore (le premier Journal Officiel en quelque sorte). Selon Suétone, César profite des charmes des épouses de Crassus et de Pompée, mais épouse Calpurnia (qui restera son épouse jusqu’à sa fin, malgré ses frasques multiples), pour des raisons politiques. Par le jeu des alliances avec l’un et l’autre, il parvient à faire prolonger son mandat de proconsul en Gaule pour cinq ans avec juridiction dans la Gaule cisalpine, la Gaule transalpine, l’Illyrie, avec en prime cinq légions. Il ne s’offusque pas des sarcasmes de certains sénateurs à son encontre, jouant sur son homosexualité supposée. C’est à présent en chef de guerre, qu’il va aborder la deuxième partie de sa vie.


A la conquête du monde


Jules César qui est sous le coup de poursuites – outre celle de Caton – intentées par un prêteur nommé Domitius Ahénobarbus, assisté d’un tribun de la plèbe, Antitius, profite de la loi Memmia qui interdit toute poursuite contre un citoyen qui est hors de Rome, au service de la République. Il semble que beaucoup de sénateurs, souhaitent voir le remuant César loin du Sénat. C’est apparemment la bonne excuse trouvée pour l’inviter à prendre du champ. Durant tout son proconsulat, il s’abstiendra soigneusement de reparaître à Rome, confiant ses intérêts à ses amis Pompée et Crassus. Le duo est fort satisfait de la chose, car s’ils ont beaucoup investi sur les possibilités de César, ils comptent bien en toucher les dividendes. Un chevalier, Lucius C. Balbus va constituer le trait d’union des trois compères. C’est au cours des campagnes de la Gaule, que va se faire connaître le mal dont est atteint César. Il est sujet à des crises d’épilepsie (le mal des dieux). Son secrétaire Hirtius – qui ne le quitte pas d’un pouce – sait quoi faire en cas de crise.
Avant de suivre César dans ses conquêtes, nous allons faire la connaissance de l’armée romaine, pour la bonne compréhension des forces en jeu.

Dès sa création, Rome a une armée composée de riches citoyens qui s’arment à leurs frais. Les pauvres n’en font pas partie. C’est une armée d’élite, non permanente. Au fur et à mesure de ses conquêtes, la jeune République va avoir recours à une armée plus nombreuse, disponible rapidement d’un bout à l’autre de l’empire. Marius, oncle maternel de César a pu constater au cours de ses campagnes, l’insuffisance de l’armée romaine. Dès l’an 100, il opère de grandes réformes de fond, qui vont donner à l’armée romaine, la physionomie de l’armée que nous lui connaissons. La première réforme est d’accueillir les pauvres dans l’armée, et d’abolir les différences de provenance. Il devient possible d’enrôler des prolétaires, des volontaires, des alliés, et même des étrangers (Néron va créer la surprise en nommant le premier centurion noir). La république fournit à ses soldats le casque, les armes, la solde, et la part de butin pris à l’ennemi, esclaves compris. Le soldat  mène une vie rude faite de marches, de travaux de terrassement, de nourriture frugale (les troupes firent un scandale lorsqu’on dut leur servir de la viande à tous les repas, car l’intendance n’avait pas de quoi fournir la bouillie réglementaire). Mais il peut s’enrichir, acquérir des honneurs. Il sert plus son chef que la république, car la notion de patrie n’en est encore qu’à ses balbutiements. Il faut donc une organisation tactique de premier choix pour fusionner tous ces éléments disparates.

Une légion est composée d’une infanterie de six mille hommes, symbolisée par l’aigle représenté sur les enseignes, avec le numéro de la légion. Une armée compte en moyenne quatre légions. Chaque légion se subdivise en dix cohortes de six cents hommes, qui elle-même est découpée en trois manipules composées de deux cents triarii (hommes âgés), deux cents principes (hommes d’âge mûr), deux cents hastati (hommes les plus jeunes). Chaque manipule est divisé en deux manipules de cent hommes. Le commandement est très hiérarchisé, à savoir un général en chef assisté d’un légat et de vingt-quatre tribuns (6 par légion). Ces tribuns commandent chacun dix centuries et se reposent sur leurs centurions (2 par manipule). La cavalerie composée de dix turmes, chacune divisée en trois décuries, est placée sous les ordres d’un préfet. Chaque décurie (cent hommes) est placée sous les ordres des décurions (sous-officiers souvent étrangers). Voilà l’armée romaine dont l’organisation homogène a fait sa faiblesse (trop lente à mouvoir), mais aussi sa force (cohésion tactique).

Jules César entre en Gaule en 58, avec en poche un mandat de cinq ans, renouvelable chaque année. Il a dans ses bagages Quintus, frère de Cicéron, Publius et Marcus fils de Crassus. En mars, les Helvètes sans cesse menacés par les Suèves, décident de transporter leurs pénates sous d’autres cieux (vers les rivages de l’Atlantique). Ils demandent poliment la permission à César de passer au travers de la Narbonnaise, qui refuse. Ils demandent à nouveau en avril la permission de passer plus au nord au travers du territoire éduen. César s’interpose à nouveau, et leur refuse cette traversée. Les Eduens remercient César, et acceptent son « aide ». En juin, les Helvètes passent outre, et pénètrent en Gaule. César les massacre à Montmort dans le Morvan. Le mois suivant, les Helvètes rescapés retournent sur leurs terres. En août, il rompt avec Arioviste chef des Suèves, et en septembre, il bat les Germains dans la plaine d’Alsace.

En 57, il hiverne chez les Séquanes. Les tribus belges se soulèvent. Durant tout le printemps, et une partie de l’été, il s’emploie à mater la résistance des Bellovaques, des Suessions et des Nerviens qui sont finalement battus. A la fin de l’été, il envoie son légat Labienus occuper l’Armorique. En automne, la Gaule paraît soumise et une supplication de 15 jours est accordée à César en remerciement. Parallèlement, à Rome ses ennemis ne désarment pas. Ils parlent de livrer César aux Germains dont il a trahi la parole donnée.

En 56, Lucius D. Ahénobarbus qui est candidat au consulat, soutenu par Caton et Cicéron, met dans son programme la destitution de César. Au cours de l’hiver, à Lucques, César, Pompée et Crassus se réunissent, pour renouveler leur alliance. Au printemps, César est reconduit dans son commandement pour cinq ans (grâce à Pompée qui détache Cicéron de l’opposition), non sans tiraillements au sein du sénat. César se remet au travail. Il se rend chez les Vénètes (nos Bretons d’aujourd’hui) qui viennent de se soulever. En été, la flotte des Vénètes du Morbihan est détruite, et ceux-ci soumis. En automne, les légats de César soumettent les Aquitains, ainsi que les peuplades du Nord-Ouest de la Gaule.

En 55, pendant l’hiver, César traverse le Rhin sur le pont construit par ses pontonniers (une œuvre exceptionnelle), sous le vague prétexte que des peuplades d’outre-rhin commettent des exactions en Gaule. Il est reconduit en Gaule manu militari par des Germains fous de rage, et obligé de détruire son pont. En automne il part pour trois semaines en Bretagne (Angleterre). C’est la mauvaise saison pour traverser la Manche, aussi les légionnaires sont malades du mal de mer. Une supplication de vingt jours est accordée à César, pour cet exploit.

En 54 Crassus reçoit un commandement en Asie. Pompée reçoit l’Espagne et l’Afrique, mais il préfère le confort de Rome – surtout afin de veiller aux intérêts des deux autres qui sont loin de la capitale -. Il prête néanmoins, deux légions à César qui commence à avoir besoin de renforts,  car les prémices d’une révolution sont dans l’air. Julie, fille de César et épouse de Pompée meurt, ce qui va entraîner un relâchement de l’alliance César-Pompée. Il propose à Pompée sa petite nièce Octavie, qui élude poliment. En automne, des soulèvements partiels annoncent une éruption libératrice. En novembre, les Eburons et les Trévires sont asservis.

En mars-avril 53, constatant que la répression qu’il mène n’est pas suffisante, César décide de durcir sa politique à l’égard des tribus gauloises. Les Nerviens connaissent à nouveau sa poigne, puis c’est le tour des Senons, des Trévires, des Carnutes, des Belges et des Eburons à la tête de qui se trouve un chef charismatique : Ambiorix. En mai, mauvaise nouvelle pour César. Son complice Crassus a été tué à Carrhes au cours d’une expédition contre les Parthes. En été, il effectue une nouvelle incursion chez les Germains. En septembre, il fait exécuter les chefs des Eburons par le châtiment des verges (le bourreau,  au moyen d’une badine en coudrier, détache la chair des côtes du supplicié). Il pense – à tort - que ce châtiment horrible va calmer les ardeurs belliqueuses des Gaulois.

En 52, César entretient en sous-main des troubles à Rome. Son associé Pompée est nommé consul unique. Il va épouser Cornélie, la jeune veuve de Crassus, ce faisant, il entre dans le clan des conservateurs.  En février, l’exécution des chefs Eburons, par un moyen réservé aux voleurs ou aux assassins – les chefs gaulois n’honorent qu’une mort à l’épée – met le feu aux poudres, et les Senons donnent le signal de la révolte en massacrant la garnison de Genabum (Orléans). Vercingétorix prend la tête de la coalition. En avril Avaricum est assiégée et prise, sa population massacrée. En mai, son légat Labienus lance son offensive vers la Seine et Lutèce. En juin, il doit se retirer du siège de Gergovie, poursuivi mollement par les Gaulois qui s’installent à Alésia. En août, il encercle Vercingétorix, et le mois suivant le chef gaulois se rend.

En février-mai 51, les dernières révoltes sont matées dans le sang ; les Bituriges, les Bellovaques, les Carnutes, les Eburons et les Trévires en font les frais. En automne, dans le Quercy, Uxellodunum (le Puy d’Issolud) est prise, consommant ainsi la défaite totale de la coalition. La Gaule est à présent pacifiée.  
En 50, César profite de sa conquête, pour mettre une dernière main à son « de Bello Gallico » (la guerre des Gaules), et prépare son retour à Rome où il veut briguer un nouveau consulat. Toutefois, il y a toujours ce problème de procès, que Caton tient comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de César. Les négociations qu’il mène avec Pompée n’aboutissent pas. La guerre civile s’annonce. Pompée va marcher au-devant de César, qui se dirige à la tête de ses armées vers Rome.

En 49, le 12 Janvier, César est invité par le sénat à se présenter à Rome comme un simple particulier. Il franchit le Rubicon (Alea jacta est) – le sort en est jeté - à la tête de neuf légions. Il s’ensuit une guerre civile extrêmement meurtrière, dont les ondes de choc toucheront la Gaule méridionale (siège de Massilia) l’Espagne et l’Afrique. Toutefois, César n’exerce ni proscriptions, ni vengeance. Il constate, avec amertume, que son fidèle lieutenant Labienus a rejoint le camp de Pompée.

En 48, César poursuit Pompée sur mer et sur terre. Il le défait lors de la bataille de Pharsale. Son ex-beau-fils aborde avec son épouse et ses servantes en Egypte, où il est accueilli par deux officiers romains – Salvius et Septimus qu’il connaît -. Lorsqu’il débarque sur la plage, Septimus lui enfonce son glaive dans le dos, mais il n’est que blessé. C’est alors que Salvius et un Egyptien – Achillas, le chef des armées égyptiennes – le poignardent à tour de rôle. Cornélie hurle du pont du navire où elle est restée. Puis Achillas détache la tête du tronc pour la ramener à César. Cornélie veut se jeter à l’eau, elle est maîtrisée par Théophane qui tente de la calmer. Sur la plage, Philippos l’affranchi de Pompée, avec un soldat ramassent des morceaux de bois ; ils élèvent un bûcher où va se consumer le Grand maître des légions, l’Imperator qui n’aura jamais de mausolée de marbre à Rome.
La deuxième partie de la vie de César est à présent bouclée. Sur les rives enchanteresses de l’Egypte, il va connaître les fastes de la dynastie des Ptolémée, et le joli minois de Cléopâtre. Il laisse à Rome son épouse Calpurnia.


Les sables de l’Egypte


Sur les traces de Pompée, César débarque en Egypte en octobre 48. Il est aussi en Egypte pour garantir les intérêts de Rome, car le pharaon Ptolémée XII Néos Dyonisios (Aulète) a été un grand ami de Pompée. César ne veut pas voir son rival trouver de nouvelles troupes, et de l’argent pour continuer à s’opposer à lui. Pourquoi ce pharaon s’appelle-t-il « Aulète » ? Les Egyptiens écrasés d’impôts, en révolte, ont surnommé leur pharaon Aulète (joueur de flûte), car il adore jouer de la flûte, et se livrer à des orgies sans fin. Il a eu trois filles : Bérénice, Cléopâtre, Arsinoé et un garçon. Dans le panier de serpents du Lochias (palais royal), où le poison et le poignard sont monnaie courante, restent Cléopâtre, son jeune frère (futur Ptolémée XIII) et Arsinoé. Ses suivantes Iras et Charmion qui sont également ses confidentes, la suivront jusque dans la mort. Toutefois, juste après la victoire de César à Pharsale, elle essaie d’éliminer son frère (Ptolémée XIII) et Arsinoé, qui veulent sa mort.

C’est à ce moment que Pompée arrive, pour rejoindre Ptolémée et Arsinoé. Il est assassiné à sa descente de bateau, sa tête est en possession du duo infernal Ptolémée-Arsinoé. Cléopâtre décide de se rendre au Lochias. César arrive de nuit. Grâce au Phare, il peut aborder en toute sécurité. La ville d’Alexandrie toute illuminée, s’étend sous les yeux de César, et d’Hirtius qui pense que « les dieux vivent ici ». Théodote le rhéteur, premier conseiller et diocète du roi, vient souhaiter la bienvenue au général de la part du roi, puis présente à César la tête de Pompée qui est en voie de décomposition. César pleure de voir cela. Il fait arrêter Théodote, et l’envoie chargé de chaînes à fond de cale. Il décide de conquérir ce pays qui s’est entremis dans les histoires internes de Rome. Il fait débarquer quatre mille hommes (soldats gaulois et cavaliers germains) pour boucler les issues, en vue d’envahir le Lochias.

L’Egypte restera le grenier de Rome, ainsi que la base de départ de nos expéditions en Afrique, et en Orient décrète César. Cléopâtre dont la tête a été mise à prix par son frère, est protégée par César. Elle lui est amenée par Apollodore, roulée dans un tapis. Ce dernier déroulé, la gorge sèche, César admire la beauté de cette jeune femme, à la plastique digne d’un Praxitèle. Il en tombe amoureux sur le champ, et la possède sans désemparer. Il ne possède pas seulement la future reine, mais l’Egypte entière. Il obtient de sa nouvelle maîtresse qu’elle se réconcilie avec son frère. Une cérémonie est organisée au Lochias. Cléopâtre arrive en reine, menée par un César en grande tenue. Le diocète Pothéinos ne cache pas son hostilité aux Romains. Il sous-entend même que César pourrait bien trouver sa fin en Egypte. Celui-ci ne se démonte pas, fait lire par Hirtius le testament d’Aulète qui nomme Cléopâtre et Ptolémée XIII co-rois d’Egypte par mariage. Au cours du banquet qui suit cette réception, Cléopâtre sauve César d’une tentative d’empoisonnement. Le coupable, Pothéinos, chargé de chaînes est emmené. Il est aussitôt décapité. Ptolémée s’enfuit rejoindre ses partisans. Il revient assiéger le Lochias avec une armée commandée par Achillas.

La bataille générale, est longtemps incertaine. César voit sa fin proche. C’est alors qu’Achillas est assassiné par un partisan d’Arsinoé – Ganymède -. César le devance en s’emparant du phare d’Alexandrie, puis de sa plateforme lance ses guerriers gaulois à l’assaut des Egyptiens épouvantés. Mais ceux-ci se ressaisissent, et massacrent une centurie en un instant. Les Romains se replient en désordre. Victime d’une trop grande tension, César fait une crise d’épilepsie. En 47, une légion de secours, la XXXVIIème, commandée par Domitius Calvinus débarque à l’ouest d’Alexandrie, et rejoint César. Un conseil de guerre décide d’attaquer l’armée commandée par Ptolémée aux environs du lac Maréotis. Les troupes égyptiennes livrent à César, Ganymède le mentor d’Arsinoé. Chargé de chaînes, il va ramer jusqu’à Ostie, où une mort ignominieuse l’attend. Cléopâtre part sur son char avec son médecin Dioscoride, qui sait déjà que sa maîtresse est enceinte des œuvres de César. Apollodore sauve la reine d’un javelot ennemi. Les légionnaires gaulois hurlent Andarta !! Andarta !!  (Victoire !!). Ptolémée qui s’enfuyait, tombe à l’eau.  Alourdi par sa cuirasse, il se noie.

César se repose quelque temps avec sa maîtresse, puis récompense ses troupes qui s’abandonnent enfin à un farniente bien mérité.


Les Ides de mars


S’arrachant aux délices de la vie conjugale, César s’embarque enfin avec les vétérans de la VIème légion, vers Rome où la révolte gronde malgré la présence du maître des cavaleries Marc-Antoine. Il n’a pas voulu rester pour connaître le fils que va lui donner Cléopâtre. Le 23 Juin 47, elle donne le jour à un garçon qu’elle nomme Césarion. Elle décide de rejoindre son amant à Rome afin de le lui présenter. Elle touche terre à Ostie, à deux heures de route de Rome. Marc-Antoine délégué par César, vient l’accueillir au milieu d’une foule curieuse et admirative. Il n’est pas là par plaisir, car il n’aime pas cette reine qui leur a ravi l’affection de leur maître bien aimé. Marc-Antoine expédie le discours de bienvenue, entouré de sénateurs froids et distants. Cléopâtre répond en latin. Elle note qu’ils n’ont pas salué le bébé qui dort dans son berceau.

César l’accueille à Rome, descend de son trône, lui souhaite la bienvenue, puis lui présente son épouse, la hautaine Calpurnia.  Les deux femmes échangent des propos secs : « Tu honores César, dit la reine d’Egypte, tes yeux ne sont pas faits pour préméditer des choses redoutables, ils sont tout amour et fidélité ». Ce à quoi, Calpurnia répond : « on ne pourrait en dire autant tes tiens, car ils ont la beauté sinistre de l’enfer ». Sans marquer d’émotion, Cléopâtre fait amener Césarion qui porte un minuscule diadème. Elle le présente à César, devant une Calpurnia méprisante, avec ces mots : Ton fils César !!  Calpurnia regarde froidement le bébé. César, pour sauver les convenances, ne prend pas l’enfant dans ses bras. Le soir même les deux amants président une réception dans les jardins transtibérins, sans Calpurnia évidemment. César promet le mariage à Cléopâtre. Il pense à faire de Césarion le premier roi de la dynastie Julio-Lagide.

Puis c’est le triomphe de César, toutes ses victoires matérialisées par les énormes butins de guerre. Il s’avance, au pas de ses chevaux dans son char, précédé de soixante-douze licteurs. En tête de cortège, un centurion porte une pancarte où on peut lire « Veni Vidi Vici ». Des prisonniers écrasés de chaînes, des tableaux immenses représentent ses victoires, quarante éléphants, Arsinoé enchaînée à une réplique du phare d’Alexandrie, Ganymède également, agenouillé sur un chariot , Vercingétorix n’entend rien, ébloui par la lumière après six ans de cachot, puis les légions qui satisfont à une coutume : « Hé les matrones romaines !! Cachez vos pucelles et vos gamins, nous vous ramenons le paillard chauve de Bithynie ! ». César monte les marches du Capitole, suivi de son affranchi qui lui répète tous les dix pas : « Respice post te, hominem te memento » (regarde derrière toi, souviens toi que tu es un  homme).

Ceci fait, César part en Espagne détruire le reste de l’armée pompéienne qui perd trente mille hommes. Il est Imperator Perpetuus, mais il hésite à se proclamer roi, car il pressent que ce serait trop. Cléopâtre le pousse malgré tout dans cette voie. Le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe a été chassé de la ville, puis égorgé à Gabiés. La tranquillité du couple est mise à rude épreuve par les scènes de ménage de Calpurnia, du fait que César nomme comme héritier Octave qu’il adopte, et à qui il lègue les trois-quarts de ses richesses, alors qu’il ne reste presque rien pour Césarion.

Puis adviennent les  Ides de Mars (15 mars 44), une vingtaine de conjurés attendent César qui doit venir, escorté par son fils adoptif Brutus. Calpurnia avertit César qu’elle a eu un songe dans lequel elle le voyait couvert de sang. César ordonne un sacrifice. L’haruspice confirme les appréhensions de Calpurnia, mais malgré les avis pressants d’Hirtius, il se rend au Sénat. Selon la coutume, l’Imperator ne peut pénétrer dans le sénat sans connaître les résultats d’un sacrifice. Donc Spurinna sacrifie un poulet, et dit à César « Méfie-toi des Ides de mars ».  A la demande de César, on sacrifie un autre poulet. Spurinna l’examine et confirme « signe de mort ». Brutus est interloqué et ne sait plus quoi faire, quand César demande un autre sacrifice, qui confirme tous les autres. Entendant le brouhaha des sénateurs qui l’attendent, César passant outre les mauvais présages, entre. Tullius Cimber s’incline devant lui, et demande « César quand gracieras-tu mon frère ? ». César répond que ce n’est pas le jour des grâces – il en a assez des jérémiades des Pompéens -. Mon frère sera libre malgré toi, chuchote Cimber, alors que Casca lui plante son poignard dans le dos. Seulement blessé César qui est muni de son stylet d’écriture, se retourne et blesse son agresseur. Cassius porte un coup de couteau au visage de haut en bas zébrant la joue, le sang aveugle César, tous s’acharnent (ils sont maintenant soixante). César aveuglé par le sang, cherche du secours. C’est alors qu’il voit s’avancer vers lui Brutus, l’arme levée pour le coup fatal. Renonçant à vivre, César lui dit ces mots « tu quoque fili ! » (Toi aussi mon fils !). Il se couvre le visage, puis s’effondre. Tous les conjurés s’éparpillent dans la ville.  

Tout se finit aux rostres. Le 20 mars 44, la litière d’ivoire de César portée par les plus hauts dignitaires avance lentement. L’Imperator est couvert d’un drap d’or, son visage montre l’affreuse blessure du premier coup de poignard (vingt-trois blessures sont décomptées). Cinq cents légionnaires suivent le catafalque, en frappant lentement leurs boucliers de leurs glaives. Deux cent mille personnes se retrouvent devant les rostres. Hirtius prononce l’éloge funèbre. Tous s’émerveillent qu’un homme ait pu faire tant de choses en une seule vie.  Puis César est placé sur le bûcher funéraire. Les légionnaires attristés jettent leurs armes dans le brasier. Cléopâtre dont la vie est menacée, rentre en Egypte avec Césarion. Le 29 août 30, elle se suicide avec Iras et Charmion au moyen d’une morsure de cobra. Le 4 septembre, sur l’ordre d’Octave, Césarion est étranglé.

Notes :

Jules César nous a laissé une riche littérature :

• De Bello Gallico, « Commentaires sur la Guerre des Gaules », relatant la campagne de César en Gaule
• De Bello Civile, « Commentaires sur la Guerre civile », relatant la guerre civile contre Pompée.
• De Bello Alexandrino, « Sur la guerre d’Alexandrie », relatant la campagne de César à Alexandrie.
• De Bello Africo, « Sur la guerre d’Afrique », relatant la campagne de César en Afrique du Nord.
• De Bello Hispaniensis, « Sur la guerre d’Hispanie », relatant la campagne de César dans la péninsule Ibérique.

Bibliographie :

Histoire de Rome, Dion Cassius, Lacus Curtius
Histoire de Rome Indro Montanelli, Editions Mondiales, 1959
Histoire romaine, Dion Cassius
Histoires, Livres I & III, Polybe, PUF, 1971
De Bello Gallico, Jules César, Flammarion
Le secret du royaume, Mika Waltari, Olivier Orban, 1988
Les portes de Gergovie, Michel Peyramaure,
Vie de César, Plutarque, Lacus Curtius
Le roman de Cléopâtre, JM Thibaux, Editions de la Seine, 1998


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BIOGRAPHIE DE JULES CESAR
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