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 BATAILLE DES CORNES DE HATTIN

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BUFFY1
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MessageSujet: BATAILLE DES CORNES DE HATTIN   Dim 26 Fév - 11:51

BATAILLE DES CORNES DE HATTIN

4 Juillet 1187

Un mot tout d’abord sur les ordres de chevalerie religieux qui participèrent à cette funeste bataille.

L’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem, est fondé en l’an mil par un moine arménien. Sa devise « Atavis et armis » en latin médiéval, signifie « Par la tradition, et par les armes ». Ordre religieux et militaire, ses chevaliers portent une croix de sinople verte sur l’épaule gauche, sur leur écu et leur tabard (blouse blanche armoriée, que le chevalier enfile sur son armure).

L’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem est fondé en 1113 en Palestine, par Gérard Tenque pour soigner et protéger les pèlerins qui se rendent sur les Lieux Saints. Ordre religieux et militaire, ses chevaliers portent une croix de sinople blanche sur l’épaule gauche, sur leur écu et leur tabard. Leur devise (reprise par l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte)  « Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum » (Défense de la foi et assistance aux pauvres).

L’Ordre des Chevaliers du Temple est créé  en 1129. Ce sont des moines soldats, dont une biographie leur est dédiée dans ce volume. Ils portent sur leur écu et leur tabard une croix pattée rouge. Leur devise est claire : « Non nobis Domine non nobis sed Nomini Tuo da gloriam » (« Pas à nous, Seigneur, Pas à nous, mais à Ton Nom, seul, donne la Gloire »
(1er verset du psaume 115 – Devise de l’Ordre du Temple)

Enfin, un mot sur les écus et l’héraldique y attachée. Sur les écus ci-dessus, de gauche à droite vous pouvez constater que les écus des nobles les plus anciens sont les plus simples. En effet, les derniers arrivés doivent compliquer leurs couleurs. Ce qui équivaut à dire que plus l’écu est surchargé, plus le détenteur est récent.

Cette bataille trouve son origine dans les dissensions entre hauts seigneurs de France. La Croisade n’a pas calmé leurs brouilles métropolitaines, bien au contraire. Elles sont attisées par des ambitions territoriales et financières, non négligeables. Quand le jeune « Baudouinet », Baudouin V de Montferrat décède d’une mauvaise fièvre, le régent Raymond III de Tripoli est destitué. Le trône de Jérusalem est attribué à Guy de Lusignan, dont l’épouse Sybille est la sœur de l’ex-roi Baudouin IV, le roi lépreux, qui a quitté ce bas monde le 16 mars 1185.  Autant dire que les relations entre les deux barons ne sont pas au beau fixe. Elles vont se compliquer singulièrement par l’attaque injustifiée et provocatrice début 1187 – une trêve a été signée entre les belligérants et dure depuis plus de six ans – d’une caravane de marchands, escortée d’hommes d’armes, qui est partie du Caire en direction de Damas. Renaud de Châtillon tue les hommes d’armes, et emprisonne les marchands dans son fief de Kérak. Il continue dans sa regrettable erreur en attaquant d’autres caravanes qui se rendent à la Mecque.

Saladin déplore ces faits, mais n’étant pas prêt militairement à châtier l’insolent, il fait preuve de diplomatie. Il demande à Renaud de Châtillon de respecter la trêve signée, de libérer les prisonniers et de restituer les biens confisqués. Ce Renaud qui est un entêté, lui répond de demander à son dieu de venir les sauver. C’en est trop. Saladin rameute douze mille hommes. En mars, il assiège Kérak. Ses troupes tombent par surprise sur des barons francs en voyage qu’elles massacrent. Puis il semble que ces barons francs tombent dans les travers de la diplomatie orientale. En mars 1187, Raymond de Tripoli, fort de la trêve signée avec Saladin, refuse de prêter hommage à Lusignan. Celui-ci jaloux des bonnes relations que Tripoli entretient avec Saladin, se prépare à attaquer Tibériade qui est un fief appartenant en propre à Echive de Bures, épouse de Tripoli. Ce dernier alerte Saladin, qui force la levée du siège.

Le 30 avril 1187, Saladin demande à Raymond de Tripoli – conformément aux termes de leur accord - le libre passage pour une colonne d’éclaireurs qui se rend vers Tibériade. Tripoli ne peut refuser, mais demande que les soldats musulmans aient quitté le territoire avant le soir, et ne commettent aucune déprédation. Le 1er mai la colonne qui compte sept mille cavaliers, passe devant la ville, et le soir – conformément aux accords – alors qu’ils font route inverse, ils tombent par hasard sur cent cinquante chevaliers du Temple qui viennent d’attaquer une colonne près de Saffuriya. Ils ne font pas le poids face aux sept mille cavaliers ; ils sont tous massacrés à l’exception de trois survivants - dont le Maître de l’Ordre, Gérard de Ridefort - qui parviennent à se sauver.

Raymond de Tripoli change alors son fusil d’épaule. Il met ses effectifs à la disposition de Lusignan. Le 24 juin les Francs sont prêts à effacer la défaite. L’armée mise en branle, compte deux mille chevaliers, dont mille deux cents du Temple et des Hospitaliers, treize mille fantassins, quarante mille mercenaires, dont deux mille cinq cents cavaliers ainsi que sept mille Turcopoles. Saladin qui aligne soixante mille hommes, place vingt-cinq mille hommes près de Séphorie (Saffuriya) sur une colline. Pour tester les réactions de l’ennemi, il lance une attaque sur Tibériade où se trouve toujours l’épouse de Raymond de Tripoli. Ce dernier néglige d’aller au secours de Tibériade, car il pense que les murs sont bien défendus. Renaud de Châtillon ne l’entend pas de cette oreille, et pousse  Ridefort à aller affronter les musulmans. Celui-ci convainc Lusignan de mettre l’armée en marche, ce qui est fait le 1er juillet. Menée par la Vraie Croix brandie par les Templiers, l’armée chemine dans la poussière. C’est l’été, la chaleur est accablante, les hommes souffrent de la soif, car Saladin a fait empoisonner tous les points d’eau. Les musulmans harcèlent l’armée en marche par des nuées de flèches. Le but souhaité par Saladin est atteint dans la soirée. Les Francs se dirigent vers Hattin où se situe un point d’eau. Il leur barre la route, et l’armée franque est contrainte de bivouaquer dans un désert de pierres brûlantes sans eau. Toute la nuit des cavaliers vont harceler l’armée franque.

Le matin du 4 juillet annonce une journée encore plus chaude que la veille. Les Francs se trouvent sous le vent, lorsque Saladin met le feu à des broussailles. La fumée et le feu se dirigent vers les croisés sans eau, qui étouffent sous leurs cuirasses. Ils tentent de percer les lignes ennemies pour gagner les rives du lac de Tibériade, mais peu à peu ils sont repoussés vers les collines des Cornes de Hattin. Raymond de Tripoli parvient à percer l’encerclement, et s’enfuit vers Saffuriya en emmenant avec lui le fils du prince d’Antioche ainsi que quelques chevaliers. Quelques unités parviennent à fuir vers Tyr. Le reste va se battre jusqu’à la mort, à l’exception du roi de Jérusalem, et de quelques grands barons qui se réfugient dans la forteresse de Tibériade. Trente mille hommes meurent ce jour-là. La Vraie Croix est piétinée par les musulmans en joie. Le 5 juillet, Guy de Lusignan, roi de Jérusalem, Amaury II de Lusignan, connétable du royaume de Jérusalem,  Geoffroy de Lusignan, comte de Jaffa et d'Ascalon , Gérard de Ridefort, maître de l'Ordre du Temple, Onfroy IV de Toron, seigneur d'Outre-Jourdain et de Montréal, Guillaume de Montferrat, les chevaliers survivants du Temple et de l’Hôpital ainsi que Renaud de Châtillon, sortent de la forteresse et se rendent.

Renaud de Châtillon  responsable de la défaite, est décapité pour parjure devant Saladin. Environ trois cents chevaliers du Temple et de l’Hôpital, sont emmenés à Damas, puis décapités sur la place publique. Trois cents autres sont aveuglés. Les soldats turcs et musulmans ainsi que les Turcopoles sont massacrés, les soldats prisonniers sont réduits en esclavage. Le roi de Jérusalem et les autres grands barons sont emmenés à Damas en attendant le versement de leur rançon. La Palestine toute entière va passer en l’espace de quelques mois sous la domination de Saladin, à l’exception de Tyr, Antioche et Tripoli (au Liban).

Bibliographie :

Les grands ordres de chevalerie, A. Chaffanjon, Paris 1970
P. Coles, La lutte contre les Turcs, Paris 1969
Ghislain de Busbecq, Lettres, Paris 1748
La guerre au Moyen Age, Philippe Contamine, 1980.


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