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 BIOGRAPHIE DE RAYMOND DE TRIPOLI

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE DE RAYMOND DE TRIPOLI   Dim 26 Fév - 11:54

RAYMOND III  DE  TRIPOLI
(1140 – 1187)

BIOGRAPHIE

Raymond III de Tripoli (il s’agit de Tripoli du Liban) voit le jour au cours de l’année 1140 en Galilée, des œuvres de Raymond II de Tripoli, et de Hodierne de Jérusalem qui n’est autre que la fille de Baudouin II de Jérusalem, sauvée d’un rezzou de mahométans par les Chevaliers du Temple. Tous deux n’ont jamais vu la terre de France, mais connaissent parfaitement la mentalité orientale, au travers de leurs serviteurs, et des grands érudits arabes qui passant outre à la barrière de la religion, essaient d’en apprendre un peu plus sur ces Francs aux yeux bleus. Il devient Comte de Tripoli à la disparition de son père en 1174.

Il va faire ses premières armes contre l’émir Nour El Din. Son intrépidité le mène en plein combat, où il est fait prisonnier en 1164 (il a 24 ans). Au cours de sa captivité il apprend à jouer aux échecs, et se familiarise avec les rudiments de la culture mahométane. A l’époque, les Arabes sont indiscutablement beaucoup plus instruits dans tous les domaines que la noblesse européenne (le moindre chamelier peut réciter des poèmes de Ferdousi). Il est même présenté à Hassan Al Sabbah (le Vieux de la Montagne),  qui est l’homme le plus redouté d’orient, dans son nid d’aigle d’Alamut. L’émir des Ismaéliens va disputer une partie d’échecs, qu’il va gagner, avec ce Franc aux yeux bleus.

Des manœuvres tendant à l’écarter de son fief, ainsi qu’un manque de liquidités, l’empêchent de payer sa rançon qui est finalement soldée en 1172 (il est resté 8 ans à apprendre la langue et les us et coutumes de ses geôliers). Deux ans après, il se marie en 1174, avec Echive de Bures, veuve de Gautier de Saint Omer, frère du Templier Geoffroy de Saint Omer. Elle lui apporte dans sa corbeille de mariage, le titre de Prince de Galilée et de Tibériade. Une telle position le désigne tout naturellement aux basses intrigues de la cour de Jérusalem, d’autant qu’il est ouvertement partisan de privilégier une approche diplomatique avec les musulmans. Il assure la régence (de 1174 à 1176) du royaume de Jérusalem après la mort d’Amaury 1er, alors que le fils de ce dernier, Baudouin IV est encore mineur. Cet enfant est atteint de la lèpre. Sa maladie lui donnera une certaine aura tant auprès des croisés, que de ses ennemis. Saladin le respectera, et dira toujours du bien de lui. Il fera même réciter des prières dans les mosquées lors de sa mort (pour les musulmans, l’homme qui se décompose vivant, est la Mort en personne. Il convient d’être en bons termes avec lui). Il faut quand même préciser qu’à l’époque, un lépreux ordinaire est obligatoirement retrait du monde, et enfermé dans une léproserie. Quand il circule dans les rues il doit faire tourner une crécelle afin de prévenir les passants de s’écarter. Raymond qui connaît bien les musulmans, essaie de prodiguer des conseils de prudence, mais il est vu comme un ami des mahométans, voire donc à la limite de la trahison.

Lorsque l’émir Nour El Din meurt, ses trois fils prennent en charge les gouvernorats d’Alep, de Damas et de Mossoul, alors que Saladin toujours aussi autonome, gouverne l’Egypte. Il va faire assassiner les trois frères puis s’empare de Damas afin d’unifier l’Egypte et la Syrie (rêve qui sera repris par Abd el Nasser avec le thème de la RAU : Egypte, Syrie et plus tard Irak). Ce faisant, il tient en tenaille les possessions croisées de Terre Sainte. Raymond III, Guillaume de Tyr ainsi qu’une partie des barons francs comprennent immédiatement le danger. Ils vont suggérer une alliance avec Alep qui est également menacée par Saladin. Agnès de Courtenay, et son complice Renaud de Châtillon prônent l’affrontement immédiat. La position de Raymond III est délicate car ses ennemis ne se font pas faute d’avancer son amitié (à la limite d’intelligence avec l’ennemi) supposée pour les mahométans. Baudouin devenu majeur, il reste son conseiller, mais écouté d’une oreille seulement.

Puis Baudouin le lépreux meurt. Raymond assure de nouveau la régence pendant le règne très court de Baudouinet  de 1185 à 1186. Quand celui-ci meurt également, il est évincé de manière brutale par Guy de Lusignan, aidé en cela, par les sournoises manœuvres de Renaud de Châtillon, assisté d’Agnès de Courtenay. Raymond III se retire alors sur ses terres de Tripoli, loin des intrigues de cette cour dirigée par un fat doublé d’un incapable. Contre tous les conseils de prudence, Lusignan « dont la bêtise n’a d’égale que sa piètre valeur de stratège » va écouter les conseils stupides de Renaud de Châtillon « qui est parjure à son engagement de ne pas reprendre les armes contre Saladin », et se fourrer dans le guet-apens des Cornes de Hattin. Le 4 juillet 1187 la chevalerie et l’armée franque dans son ensemble, sont massacrées. Raymond III arrive à s’échapper in extremis et retourne à Tripoli dans son fief. Il meurt en septembre 1187 à quarante-sept ans, sans laisser d’héritier. Il ne verra pas la chute de Jérusalem qui est prise par Saladin en octobre de la même année.

Son fief de Tripoli revient à un lointain cousin, Raymond IV de Poitiers-Antioche. Son beau-fils Hugues II de Saint-Omer lui succède comme prince de Galilée à une époque où la Galilée est déjà occupée dans son ensemble par les troupes de Saladin.

Raymond de Tripoli est un des rares chevaliers français qui ait essayé de comprendre la mentalité des orientaux. C’est le seul grand baron qui s’approchera de leur culture, pour mieux apprécier ce qu’ils pouvaient apporter en ces siècles de plomb. Les querelles franco-franques qui ont émigré de France vers la Terre Sainte sans perdre de leur intensité, vaudront la perte générale des royaumes éphémères, que des barons sans intelligence, et surtout sans culture, avaient su créer à la pointe de l’épée.

Bibliographie :

Les grands ordres de chevalerie, A. Chaffanjon, Paris 1970
P. Coles, La lutte contre les Turcs, Paris 1969
Ghislain de Busbecq, Lettres, Paris 1748
La guerre au Moyen Age, , Philippe Contamine, 1980

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