ARCHE DES COMBATTANTS


Site historique destiné aux fanas d'histoire militaire française et internationale, de l'antiquité à nos jours
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 PRISE DE SAINT JEAN D'ACRE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
BUFFY1
Admin


Messages : 330
Date d'inscription : 25/02/2017
Age : 75
Localisation : 65000

MessageSujet: PRISE DE SAINT JEAN D'ACRE   Dim 26 Fév - 11:57

PRISE DE SAINT JEAN D’ACRE
Août 1189 à Juillet 1191

La sévère défaite des Cornes de Hattin (4 Juillet 1187) est encore dans toutes les mémoires, lorsque la troisième croisade a lieu afin de récupérer les terres reprises par les musulmans dirigés par Saladin, et bien sûr en priorité Jérusalem. Saladin, roi des Ayyoubides, va essayer d’occuper tous les ports de la contrée afin de couper les approvisionnements des croisés déjà installés. Celui-ci met le siège le 8 Juillet 1187, d’abord devant la ville d’Acre, défendue par Josselin III de Courtenay, qui n’est pas un foudre de guerre. En dépit des avis contraires des bourgeois, et du peuple de la ville, il remet la ville à Saladin le 10 juillet. Malgré la vie sauve garantie par traité, les habitants chrétiens émigrent. Saladin part à la conquête de Jérusalem, qu’il prend sans coup férir le 2 octobre.

Pendant que les musulmans assiègent la ville Sainte, Conrad de Montferrat – un croisé qui sera assassiné par les hommes de Hassan Al Sabbah (1) - se présente devant le port de Saint Jean d’Acre le 13 juillet, et se rend compte avec stupéfaction que la ville est alors aux mains des mahométans. Il arrive à échapper de justesse aux navires égyptiens lancés à ses trousses, puis aborde un peu plus au nord, à Tyr, qui est assiégée par Saladin. Sous l’impulsion de Conrad, la défense efficace de la ville, contraint les musulmans à lever le siège le 2 janvier 1188. Saladin va essayer de diviser le camp des croisés en libérant Guy de Lusignan – fat et médiocre stratège - qu’il avait fait prisonnier à Hattin, en lui faisant jurer de ne plus porter les armes contre les musulmans. Celui-ci va tenter en pure perte de prendre le commandement des troupes croisées tenues en main par Conrad, qui refuse même de lui ouvrir les portes de Tyr. Roi sans royaume, discrédité aux yeux des croisés, Lusignan va maintenant renier la parole donnée à Saladin, en mettant le siège devant Acre, accompagné de quelques chevaliers fidèles.

Aux alentours du 1er septembre, la flotte des croisés arrive devant Acre en renforçant considérablement les troupes de Lusignan, puis en coupant le ravitaillement par mer des assiégés. Une armée commandée par Taqui Al Din, neveu de Saladin, bouscule les troupes trop peu nombreuses de Lusignan, et parvient à pénétrer dans la ville le 15 septembre, pour renforcer la garnison. Entre le 18 septembre et le 4 octobre, les Sarrasins et les Francs se livrent quelques batailles sans qu’aucun camp ne réussisse à emporter l’avantage. Toutefois, les cadavres couverts de mouches, pourrissant en plein air entre les deux armées, apportent des maladies et des épidémies. Saladin éloigne son camp sur des positions plus saines, puis appelle à la guerre sainte pour en finir avec les croisés. L’hiver arrive, et avec lui la disette sévit dans le camp de ces derniers. Conrad oubliant sa rivalité avec Lusignan, dirige davantage de convois de ravitaillement vers le camp retranché.

Le printemps revenant, des équipes de bûcherons ont abattu et débité des troncs d’arbres en madriers, pour fabriquer une tour d’assaut qui est lancée contre la ville le 27 mai 1190. Les assiégés préviennent Saladin qu’ils ne peuvent rien contre les croisés qui vont investir sous peu la ville. Le chef sarrasin parvient à incendier le matériel de siège des croisés, mais il est obligé d’envoyer une partie de son armée contre les forces de Frédéric Barberousse qui arrive avec deux cent cinquante mille hommes, auréolé de sa victoire sur les Turcs à Iconium en mai. En fait, Barberousse est mort noyé en traversant le Selef en Cilicie le 10 juin. Après la mort de Barberousse, une partie de ses chevaliers retournent sur leurs terres, sauf une centaine – sous le commandement de Frédéric de Souabe – qui rejoignent les croisés sous les murs d’Acre. Un fort parti de croisés se lance à l’attaque du camp de Saladin, mettant en fuite ses troupes, puis dans la tradition de l’époque, entreprennent de piller le camp. C’est alors que les musulmans reviennent, surprennent les pilleurs, et en massacrent une bonne partie le 25 juillet.

Le 27 juillet, le Comte Henri II de Champagne arrive avec un fort contingent de croisés. Il annonce l’arrivée de Philippe Auguste roi de France, accompagné de Richard Cœur de Lion roi d’Angleterre. Ils font construire une nouvelle tour d’assaut qui est incendiée au moyen de feu grégeois le 15 octobre (2). Ils lancent une attaque contre le camp de Saladin sans résultat, tandis qu’un navire égyptien force le blocus et parvient à entrer dans Acre pour débarquer des renforts.

Le 20 avril 1191, le roi de France Philippe Auguste débarque aux environs d’Acre, bientôt rejoint par Richard Cœur de Lion le 8 juin – c’est la 3ème croisade - qui a, au passage, pris l’île de Chypre. Ce dernier entretiendra des relations courtoises avec Saladin sans que rien n’en ressorte de positif. Il y a malheureusement eu trop de sang répandu entre les deux belligérants. Le dernier navire égyptien est coulé par la flotte de Richard. Les assiégés ne peuvent plus espérer de renforts ni d’approvisionnement.

Le 3 juillet, Saladin lance une attaque sur les camps des croisés, destinée à forcer le blocus, pour faire passer renforts et approvisionnements, mais son attaque échoue. Qaraqush et al Meshtub demandent à Saladin de négocier la reddition de la ville. Il va refuser les exigences des croisés qui demandent la restitution de la Vraie Croix, ainsi que le royaume de Jérusalem dans ses frontières antérieures à 1187. La garnison lasse d’attendre ouvre les portes. Les croisés entrent dans Saint Jean d’Acre (3) derrière les deux souverains, qui tous les deux sont rois de France, l’un par le sang, l’autre par héritage. La ville investie, le roi de France s’en retourne dans ses états courant août, d’autant qu’il supporte mal Richard dans ses débordements.

Le 20 août, Richard, s’impatientant de voir traîner en longueur l’exécution des conditions de reddition, donne l’ordre de massacrer les soldats musulmans de la garnison de la ville. Deux mille sept cent soldats avec leurs familles sont exécutés. De tels agissements, sont hautement préjudiciables à la future cohabitation des deux peuples, car le sang appelle le sang. Ceci fait, il quitte Acre pour se rendre à Jaffa.

Bibliographie :

Les grands ordres de chevalerie, A. Chaffanjon, Paris 1970
P. Coles, La lutte contre les Turcs, Paris 1969
Ghislain de Busbecq, Lettres, Paris 1748
La guerre au Moyen Age,  Philippe Contamine, 1980

Notes :
(1) Hassan Al Sabbah (le vieux de la montagne) : leader et fondateur de la secte des Ismaéliens (chiites), résidant au château d’Alamut en Perse. Il est le créateur des « fédayins » dopés au haschisch qui les fera nommer « assassins » dérivé de « haschischin ».  Contemporain de Taj el Molk grand vizir, de Ibn Sina (Avicenne) et de Omar Khayyâm, créateur des fameux quatrains « sulfureux » louant le vin et les femmes.  En l’occurrence, Al Sabbah fait exécuter Conrad de Montferrat pour son amitié et son alliance avec Richard Cœur de Lion. Il paie de sa vie l’exécution ignoble des 2.700 soldats et de leurs familles, ordonnée par son allié.
(2) Le feu grégeois qui n’a pas changé de composition depuis Constantinople.
(3) 820 ans après ces évènements, nous pouvons mettre en lumière une action singulière d’un des protagonistes du siège de Saint Jean d’Acre. Ce n’est certes pas un chevalier de grande maison qui attire notre attention ; il s’appelle Vargas Y Lopez de Machuca. C’est un noble hidalgo de Séville qui a suivi comme chevalier banneret l’étendard de son suzerain, et a pris la croix dans l’ordre des Chevaliers de l’Hôpital. Il est servi par deux ou trois écuyers dont l’un, d’extraction modeste, s’appelle simplement Juan (il n’y a pas de nom de famille pour les gens du commun). Lors d’une attaque des murs de Saint Jean d’Acre, ce Juan sauve la vie de son seigneur en combattant au péril de sa vie. Le soir même, il est anobli et doit choisir un nom. Cet écuyer n’a pour protection qu’un casque en cuir bouilli (le cuir de cette époque est très épais, et dévie très bien les coups d’épée). Il est adoubé sous le nom de Juan Galea (Galea signifie en latin, casque en cuir). Premier du nom, ses armoiries sont simples : de gueules, une armure romaine en or surmontée de trois étoiles d’argent sur champ d’azur (la Sainte Trinité). Sa devise est brève : Memento finis (pense à ta fin).


© VAE VICTIS - LH GALEA - 2015
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
PRISE DE SAINT JEAN D'ACRE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» NOUVEAU - Saint-Jean-d'Acre - Le Mont-Thabor - 1799
» Saint Jean-Baptiste de la Salle Prêtre et commentaire du jour "Notre coeur n'était-il pas brûlant ? "
» L'éducation selon saint Jean Bosco
» Saint Jean de la Croix
» Saint Jean Gualbert et Saint Olivier Plunket et commentaire du jour "Pour la première fois,..."

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ARCHE DES COMBATTANTS  :: Les croisades-
Sauter vers: