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 LA CHUTE DE CONSTANTINOPLE

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BUFFY1
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MessageSujet: LA CHUTE DE CONSTANTINOPLE   Dim 26 Fév - 12:25

LA CHUTE DE CONSTANTINOPLE  (29 Mai 1453)

Constantinople, appelée aussi Byzance, ville où la richesse la plus insolente côtoie la misère la plus sordide. Dépositaire de la religion originelle (Orthodoxe) du Christ, elle vit ses derniers mois. L’Empereur Constantin Paléologue XI (le Basileus), n’a plus d’argent pour payer ses soldats, ni ses mercenaires de toutes provenances, qui sont ses seuls remparts contre l’armée turque et son Sultan Mehmed II qui encerclent la ville. Une collecte d’objets précieux à lieu auprès des riches et du clergé afin de se procurer l’or dont le pouvoir a un besoin criant. Parallèlement, le basileus sollicite l’aide de Rome, et plus spécialement du pape. Celui-ci veut bien essayer de faire quelque chose, mais il faudra au préalable que Constantin et son clergé acceptent l’Union de l’église de Constantinople avec celle de Rome. Le pape envoie à Constantinople le cardinal Isidore accompagné par d’autres notables « Latins » (1), pour négocier cette Union que pas un grec du peuple n’accepte. Le 12 décembre 1452, le Basileus vêtu d’un justaucorps pourpre brodé d’or, de bottes pourpres ornées d’aigles bicéphales, coiffé de son casque en or surmonté de plumes multicolores, sort en grande pompe de Sainte Sophie, suivi de ses ministres, des logothètes (2), du sénat et des archontes (3). A sa droite le chancelier Phrantzès flanqué des « Latins ». Le cardinal Isidore vient de lire dans un silence sépulcral, la proclamation de la soumission de l’Eglise orthodoxe à l’autorité du Pape, ainsi que l’abandon de la formule originelle du Credo.

Dehors, le peuple hurle sa haine des « Latins ». Le mégaduc Lucas Notaras (4) crie à tue-tête « plutôt le turban des Turcs que la tiare du Pape ». Les Turcs indifférents à ces querelles de chrétiens, ont fermé le Bosphore en construisant une forteresse (Rumeli Hisari) à Péra (ville appartenant à Gènes), sur le site de l’église de l’archange Saint Michel démolie par les maçons turcs. Les canons du sultan surveillent à présent le détroit. Le basileus ne dispose pas de canons, car il a été incapable de garder auprès de lui (faute d’argent ou de clairvoyance), un dénommé Urban (5), fondeur de canons d’origine hongroise qui va fondre des canons de dimensions extraordinaires pour l’époque au bénéfice des Turcs, et perdre la vie, lors  de l’explosion d’une de ses œuvres. De ce fait, le basileus ne dispose d’aucune arme plus puissante, que quelques petites couleuvrines de faible portée.

Mehmed II, le Sultan des Turcs dont le surnom de « conquérant » n’est pas surfait, accède au pouvoir en 1451. Pour avoir les mains libres afin enlever Constantinople sans opposition des chrétiens, il signe un traité avec Venise ainsi qu’avec le Hongrois Jean Hunyadi. Il a 22 ans, et peut s’occuper de la dernière possession chrétienne en Asie en toute tranquillité.

Le peuple de Constantinople est au port, le 20 décembre 1452. Il regarde partir les galères de l’amiral vénitien Gabriel Trévisano, que le basileus a essayé en vain de garder, pour l’évacuation des notables, et de leurs familles. Le peuple renforce les remparts, en espérant la protection de la Vierge miraculeuse, la fameuse Panaghia des Blachernes. Le 26 janvier 1453, l’ex podestat de Caffa, le génois Giovanni Giustiniani arrive avec deux navires et sept cents hommes, plus un spécialiste des fortifications, un allemand nommé Johan Grant. Péra sous contrôle génois commerce sans souci avec les deux belligérants sans être gênée outre mesure par le fait que de nombreux bâtiments de commerce génois sont bloqués dans le port de Constantinople. Cette ville jouera tout au long du conflit un double jeu qui fera haïr plus tard, les Génois en tous lieux, et précipitera le déclin commercial de leur ville. Giustiniani (qui est Génois) est nommé protostrator (6). En face se trouvent en bon ordre, douze mille janissaires, appuyés par cent cinquante mille hommes fanatisés.

Dans le monastère du Pantocrator (du Christ en Gloire), le moine Gennadios rédige des pamphlets vouant aux gémonies les « Latins » et leur pape. L’empereur lui interdit de se montrer en public afin de ne pas allumer une guerre civile. Il apparaît que l’Union, au lieu d’apporter une solution n’a fait qu’envenimer les relations sociales. Selon le moine Gennadios « le sultan Mehmed promet à ceux qui se soumettront de leur plein gré, la vie sauve, leur fortune garantie, le libre exercice de leur profession ainsi que la libre pratique de leur foi », dès lors, à quoi bon s’unir à ces maudits latins et leur église. Incidemment, il est bon de savoir que le sultan Mehmed est le fils de Mourad (7) et  d’Olivera (appelée aussi Mara), une des filles du despote de Serbie Stefan Lazarevic, que son mari a autorisée à conserver sa foi chrétienne. De ce fait, Mehmed qui est musulman, connaît les prières orthodoxes. Il parle grec et latin. Qui plus est, c’est est un lecteur admiratif des exploits d’Alexandre le Grand.

Mais qui est le basileus Constantin Paléologue ? A ce moment de l’histoire, il a quarante-neuf ans, le visage mélancolique des Grecs désenchantés, une santé déclinante due à un sang appauvri par des mariages quasi incestueux. Sa barbe grisonne, aucun enfant de ses œuvres n’est venu au monde dans la Porphyra (Cool. Ses deux premières épouses sont mortes jeunes. Peu après la mort de son père, il a cherché à contracter une troisième union. Il a même fait des avances à Mara, une des veuves de Mourad, mais celle-ci a préféré le couvent. A présent, que la dernière pressentie, une princesse barbare née au fin fond de la mer noire est coupée de son promis par la marée turque, le basileus a conscience qu’il est né sous une mauvaise étoile, et qu’il va devoir affronter son destin, seul.

L’artillerie fait son entrée dans la guerre des hommes. Urban essaie son canon monstrueux à Andrinople. La détonation fait trembler toute la ville, des maisons s’effondrent, il est bon pour le service. Il est à présent tiré par des centaines de bœufs sur la route de Constantinople. Il n’est pas seul, car toute l’artillerie du Sultan le suit, accompagnée de dix mille cavaliers. Lucas Notaras a armé cinq dromons (9) à ses frais, pour lancer une razzia sur les rivages de la mer de Marmara sans ordres. Ses deux fils qui commandent l’opération, brûlent quelques villages, massacrent quelques paysans, et réduisent en esclavage une centaine de pauvres hères. Cette malencontreuse initiative, prise à l’encontre des ordres de l’Empereur, met en rage Mehmed qui jure de se venger. Elle contraint hélas au silence, le parti de la paix mené par le grand vizir Khalil.

La police impériale à cheval a raflé tous les hommes en âge de porter une arme. Les soldats de Giustiniani deviennent instructeurs militaires. De jeunes moines, des artisans, des bourgeois et des marchands s’exercent au maniement des armes sans grande conviction. Leurs flèches vont dans toutes les directions, sauf la bonne. Ils se blessent mutuellement lors des entraînements. Le protostrator juge qu’un seul janissaire en massacrerait une dizaine sans effort. Les petits canons en fer fabriqués sur place sont plus dangereux pour leurs servants que pour l’ennemi. L’un d’eux a explosé au premier coup, blessant deux hommes.
 
A présent que les assaillants sont fins prêts, les assiégés se disputent pour des questions de préséance. À ce sujet, rien de changé depuis des siècles. Giustiniani répartit les combattants au mieux de leur valeur, et de leurs nationalités (qu’il ne faut surtout pas mélanger). Les remparts du côté de la terre font dix mille pas de long. Ils sont garnis d’une centaine de tours. Les Grecs de leur côté, vont garnir les murailles. Le mur maritime et celui du port forment les deux autres côtés du système de défense. Ils seront les moins menacés, car une grosse chaîne barre l’entrée du port de la tour d’Eugène à la tour de Galata. Le protostrator pense que l’assaut sera donné sur plusieurs points simultanément, aussi, il poste les Génois à la porte Saint Romain dans le vallon de Lycos, car c’est le point stratégique d’où il pourra envoyer des renforts sur tous les endroits du système défensif. Le basileus confirme à Giustiniani, qu’il recevra le duché de Lemnos s’il réussit à repousser les Turcs. Celui-ci n’y croit pas trop, car les chrétiens n’alignent qu’environ cinq mille hommes.

Le 28 février 1453, quelques navires ont profité de la tempête pour quitter le port, chargés de réfugiés. Une galère vénitienne, et six navires crétois ont emmené une centaine de riches (dont les dames de la famille impériale), qui fuient l’apocalypse qui se dessine. Le protostrator donne l’ordre d’essayer le plus gros des canons, afin d’habituer les soldats au bruit et à l’odeur de la poudre. Le coup part, le boulet s’envole ; la muraille sur laquelle est arrimé le canon, se fend. Cette fissure prouve à tous que leur muraille n’est pas si solide qu’ils le croient.

Le 25 mars 1453, le Sultan Mehmed II a quitté Andrinople à la tête de ses troupes (environ cent soixante-dix mille hommes). Les jours de Constantinople sont à présent petitement comptés. Le 5 avril, les premiers éléments turcs se présentent devant les murs. Une sortie des assiégés crée la confusion dans les rangs turcs, mais doivent se replier rapidement devant la cavalerie ottomane qui menace de les encercler. Le 6 avril, c’est un vendredi, jour de prière pour les musulmans. Mehmed fait le tour des murailles avec sa suite. Il s’installe en face de la porte Saint Romain avec sa suite, puis il envoie un héraut proposer la reddition de la ville. Inutile de préciser que ce héraut se fait copieusement insulter par les mercenaires. Après la prière, le Sultan déclare « le siège a commencé », ce qui est répété dans toute l’armée.

Le 12 avril, les canons turcs ouvrent le feu, ouvrant une nouvelle ère dans l’art de la guerre. Le plus gros des canons est placé face à la porte de Kaligaria (porte des escargots). Les Grecs lancent un torrent d’injures en direction d’Urban qui s’agite près de son monstre, sous le regard de son maître. Tous les servants se sauvent. Seul, un esclave demi nu, met à feu le canon. Une détonation effroyable, les murailles tremblent, un épais nuage noir cache la scène. Les artilleurs enveloppent leur monstre de couvertures pour qu’il ne se refroidisse pas trop vite, et lui verse des seaux d’huile d’olive dans la gueule pour faciliter le rétablissement du métal, après la terrible secousse du départ. Heureusement ce monstre ne peut tirer que six fois par jour.  Dès lors le bruit de la canonnade va devenir continu, accompagné par les roulements de tambours, le bruit des cymbales et les hurlements des Turcs, qui se lancent à l’attaque par vagues.

Les blessés commencent à s’entasser, et meurent faute de soins appropriés. On soupçonne les Turcs d’empoisonner leurs flèches, car certains blessés légers meurent dans d’atroces souffrances.  Toutes les nuits, les ouvriers réparent les dégâts causés aux murailles par les boulets turcs.  Mines et contre mines, tuerie sous terre, d’où les survivants sortent hébétés. Le 18 avril, le Sultan lance une attaque de nuit. Des vagues de Turcs fanatisés se lancent à l’assaut des murailles écroulées. Ils sont repoussés grâce à l’emploi du feu grégeois (10) qui fuse de longs tuyaux de fer. Une odeur effroyable monte des fossés, où gisent des milliers de corps carbonisés. Le 20 avril, toutes les cloches de Constantinople sonnent à toute volée. Le peuple sort dans les rues, et suivant la foule, il se dirige vers le port. Là, le spectacle vaut le déplacement. Quatre grands navires occidentaux (trois sous pavillon de Gènes, et un sous pavillon de Byzance), toutes voiles gonflées se dirigent vers le cap de l’Acropole. Une nuée de petits bâtiments turcs les harcèlent. Celui du Kapudan pacha Baltoglu (amiral turc) a planté ses grappins dans l’un d’eux, et il est entraîné dans le sillage du gros navire. En fait, chaque navire traîne une quantité de petits navires de guerre turcs. L’air est plein de hurlements, de roulements de tambour, et des stridences des trompettes. Le peuple reconnaît un des capitaines, et hurle son nom « Phlakanellas !! Phlakanellas !! ». Ce dernier sourit, en montrant sa hache ensanglantée, tout en désignant du doigt les tireurs turcs à ses arbalétriers. Les gros navires arrivant dans le port, l’amiral turc doit couper à la hache les cordages qui le maintiennent contre le bordé, s’il ne veut pas être fait prisonnier. La joie du peuple retombe, lorsqu’il apprend que ces navires, sont les seuls que la chrétienté leur envoie pour leur salut.

Du côté turc, Mehmed est dans une rage homicide. Il fait amener de nouveaux canons, et ouvre un feu d’enfer sur la cité. Il se rend dans la soirée au port des Colonnes où est embossée la flotte turque. Pour apaiser sa rage, il rosse avec sa massue, l’amiral qui est blessé (il a perdu un œil dans la bataille, deux cents hommes sont morts sur son bateau qui est teint du sang de son équipage). Le Sultan veut le faire empaler, mais ses équipages intercèdent. Il est néanmoins fouetté jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Ses biens sont confisqués, puis il est chassé de l’armée. Trouver un remplaçant dans ce cas, n’est pas chose aisée. Tous les jours des renforts rejoignent l’armée du sultan dans l’espoir d’un fructueux pillage. Des marchands juifs et chrétiens vendent des vivres aux Turcs.  

Les Grecs s’attachent à une vieille croyance selon laquelle les Turcs pénètrerons dans la ville jusqu’à la colonne de Constantin, c’est alors qu’un ange descendra du ciel, et les repoussera jusqu’en Asie. Pauvres gens crédules !! Vénitiens et Génois se battent entre eux pour des questions de lâcheté supposée, les Grecs en profitent pour assommer ceux qu’ils peuvent attraper, le tout sous les boulets turcs qui sifflent sans arrêt. Un vrai monde de fous !! Le basileus sépare les combattants, les adjure d’oublier leur haine fratricide, afin d’œuvrer de concert pour sauver la ville. Les vivres s’épuisent, l’Empereur réglemente la distribution du pain, il n’y a presque plus d’huile, par contre, les Génois de Pera vendent chaque jour, de pleins tombereaux chargés de tonneaux d’huile, qui prennent la direction du camp turc pour refroidir les canons. Le 7 mai, une attaque de nuit est repoussée. Les murs de la ville sont en ruines, voire rasés à de nombreux endroits. Le 17 mai, les Turcs poussent une tour de siège (hélépole), mais elle ne peut remplir son office correctement. Le lendemain les défenseurs y mettent le feu. Les Turcs survivants qui ont pu se sauver, ont été décapités sur ordre du Sultan, leurs têtes sont  fichées sur des pieux face à la ville.

Le 23 mai, le Sultan propose la reddition de la ville par la voix de son envoyé Ismaïl Hamza (émir de Sinope). Ce dernier fait valoir à Constantin dont il a été l’ami, que le Sultan fera décapiter tous les hommes, vendra femmes et enfants comme esclaves, puis livrera la ville au pillage général. Ce dernier refuse par ces mots « Tes conditions sont humiliantes, il serait contraire à ma dignité d’y souscrire même si je le voulais. Nous sommes prêts à mourir, et nous quitterons la vie sans murmure ». Giustiniani a appris que la promesse du basileus de lui donner Lemnos a été également faite au roi de Catalogne, qui y est d’ailleurs déjà installé. C’est un guerrier, et il déclare « je n’ai même pas envie de maudire les Grecs, les Turcs s’occuperont d’eux ».
Le 25 mai, le peuple de Byzance, pour se préparer à la mort, se dirige vers Sainte Sophie. L’Empereur avec sa suite rangée en ordre protocolaire, le Baile de Venise, le conseil des Douze, les nobles vénitiens. Tout le monde est en tenue de cérémonie. A la sortie de la messe, Constantin embrasse des gens du peuple, et leur demande pardon pour ce qui va arriver.

Le 29 mai, trois heures avant l’aube, la marée turque invoquant Allah, submerge les murs écroulés. Ils sont repoussés une première fois grâce au feu grégeois. Le sultan envoie une vague de chrétiens appuyés par des renégats fournis par ses alliés. On peut entendre des soldats invoquer le Christ ou la Vierge, en allant au secours des Turcs qui invoquent Allah et son prophète ; ils sont néanmoins repoussés. Giustiniani est grièvement blessé d’une balle de plomb. Ses hommes l’emportent à l’arrière tandis que douze mille janissaires montent à l’attaque par vagues de mille hommes. Quand au sommet des deux tours intactes de la Kerkoporta, le peuple voie flotter les étendards rouges du Sultan, un hurlement général couvre le vacarme de la bataille « Aleô ê polis !! ». Le basileus descend de son cheval, et suivi de la noblesse se lance dans la bataille. Ils sont taillés en pièces, engloutis par la masse hurlante des Turcs fanatisés.

Le 30 mai,  les rues sont obstruées par les cadavres, le sang coule de partout. De longues files de femmes, d’enfants et de vieillards attachés par le cou attendent leur destin d’esclaves. Les navires chrétiens sortent du port un par un, surchargés de réfugiés, sans que les Turcs ne songent à les en empêcher, trop occupés à piller et à tuer. Mehmed se rend à Sainte Sophie le 1er Juin pour la consacrer. Les cadavres qui l’encombrent, sont jetés dehors, puis tous hurlent « Mehmed fils de Mourad, émir des Turcs est venu pour consacrer la plus imposante église des chrétiens au seul vrai Dieu !! ».  Constantinople devient Istanbul. Aleô ê polis !!  La ville est perdue !! La dernière Rome est perdue !!

Constantinople était la dernière lampe où brillait l’espoir d’un retour de la chrétienté en terre d’Islam. La lampe s’est éteinte !! L’empire ottoman naissant, vient de se trouver une capitale.
Lucas Notaras, ses deux fils, ainsi que de nombreux ministres survivants, sont décapités devant le Sultan, qui observe avec humour « ils feront un gouvernement dans le ciel car c’est là, qu’il y a aujourd’hui le plus de grecs ». Puis il chasse l’apôtre de la paix, le vizir Khalil, qui devient mendiant.
Un silence de mort tombe sur la ville déserte. Malgré leur nombre, les Turcs ne peuvent occuper complètement cette ville immense.


Aleô ê polis !!


Notes :
(1) Depuis le sac de Constantinople, par des hordes de pèlerins croisés sans foi ni loi, les Grecs se méfient des « Latins ».
(2) Maître des Offices.
(3) Chefs de la cité.
(4) Le mégaduc Notaras est veuf, il a deux fils et une fille. Sa mère est une princesse serbe, cousine de la sultane Mara.
(5) Urban était analphabète, mais possédait une science infuse au niveau de la fonte du bronze, ainsi que dans le calcul du volume de la chambre à poudre.
(6) Chef des armées.
(7) Mourad n’était pas un sanguinaire. Grassouillet et mélancolique, il souffrait d’asthme ; il composait des vers dont ceux-ci élaborés au lendemain de la victoire de Varna : « Echanson, redonne-moi du vin d’hier. Qu’on apporte mon luth et que mon cœur s’ouvre au vin d’oubli. Ma vie ne dure qu’un instant. Qu’il soit consacré à la joie. Bientôt viendra le jour où l’invisible main. Mêlera ma cendre divine à la poussière de la terre. »
(Cool La Porphyra était la chambre revêtue de marbre rouge, où naissaient les enfants impériaux.
(9) Navire mû à la rame et à la voile, d’une cinquantaine de mètres de long et de 7 mètres de large. Du « monèria » le plus petit, au moyen « galéia », en allant au plus grand « meizonès dromônès ». Ces derniers embarquaient une centaine de rameurs, et deux cents soldats.
(10) Ancêtre du napalm et sous certaines conditions d’emploi, du lance flammes ; composé de pétrole brut, de soufre, de salpêtre et de bitume. Mis en œuvre par un corps spécial d’artificiers (siphonarios), eux-mêmes protégés par des soldats. Ses inventeurs ayant disparu dans la tourmente, cette munition disparaît pour un temps de la panoplie guerrière future.

Bibliographie :

Ghislain de Busbecq, Lettres, Paris 1748
Le serviteur du prophète, Mika Waltari, Olivier Orban, 1979
Roxelane et Soliman, V. Corbul & M. Burada, Olivier Orban, 1987
Soliman le Magnifique, André Clot, , Fayard 1983
Histoire des Osmanlis, Von Ranke, 1839.


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