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 BIOGRAPHIE DE MEHMED II

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BUFFY1
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MessageSujet: BIOGRAPHIE DE MEHMED II   Dim 26 Fév - 12:28

MEHMED II  (1429 – 1481)

BIOGRAPHIE

Mehmed II Fatih (le conquérant), naît vraisemblablement en 1429, des œuvres de Murad II et de Olivera (appelée également Mara), fille du despote de Serbie Stefan Lazarevic. Pourquoi penses-t-on à Olivera (que Murad à autorisé à garder sa religion orthodoxe), plutôt qu’à Huma Hatun (une Mongole), ou à Hatice Alime (une Turque), qui toutes trois faisaient partie du harem de Murad. Tout simplement parce que Mehmed parle couramment le grec et le latin. Sa culture des arts, et de l’histoire, dénote un enseignement occidental. Les deux autres épouses de Murad, musulmanes de naissance, sont analphabètes.

Dans le droit fil de son conquérant de père, Mehmed va très tôt, faire preuve d’une science politique et militaire exceptionnelle. Les Turcs, tribus nomades du fin fond de l’Anatolie poussent leurs conquêtes vers l’ouest. Vers les pays chrétiens en pleine décadence. Il faut une capitale à l’empire qui est en train de naître. Constantinople est parfaitement placée, elle commande le point de passage de l’orient vers l’occident. Elle est, elle aussi, en pleine décadence. L’empire qu’elle commande est tellement vermoulu qu’il suffit d’une bonne poussée pour le mettre à bas. Mehmed règne en deux phases, de 1444 à 1446 et de 1451 à 1481. C’est au cours de son deuxième règne qu’il passe des accords avec Venise, et les Hongrois de Jean Hunyadi. Les mains libres, il prend Constantinople et dépeuple la ville par un massacre général.

Ce qui le caractérise, c’est d’avoir compris avant tout le monde, l’utilité de l’artillerie de siège, qui peut jeter à bas les plus fortes murailles. Il va faire bon accueil, ouvrir largement sa bourse aux fondeurs, et autres savants (tous occidentaux) qui vont se presser à sa cour. Un dénommé Urban, va fondre le canon le plus gros jamais construit. Le corps des janissaires a été renforcé, mais l’esprit de l’armée reste celui défini par Murad. L’organisation de celle-ci évoluera très peu au cours des décennies jusqu’au massacre général des janissaires (16 juin 1826) qui étaient devenus un état dans l’état.

Constantinople prise et dépeuplée, le sultan va prendre des mesures pour la repeupler. Il accueille tous les corps de métiers sans distinction de religion. Il fait élire un patriarche orthodoxe, qui est responsable sur sa tête de ses ouailles. Il fait élire également pour faire bon poids, un patriarche arménien qui a la même responsabilité. Chaque religion a son quartier, et sa place dans l’empire. Tous sont les esclaves du Sultan, mais en fait jouissent d’une liberté plus grande, que dans leurs états d’origines. Les règles fixant les devoirs des dhimmis (ils n’ont aucuns droits), ne changeront guère jusqu’à la guerre de 14-18. Les sultans successifs ne feront évoluer les lois, que pour les harmoniser avec les progrès politiques, financiers, techniques et technologiques de l’empire. Il lance en 1462 la construction du palais de Topkapi.

En 1460, il annexe la Morée, en chassant un des frères du défunt Constantin, et en achetant l’autre (Démétrios) à qui il fait l’aumône de quelques îles de la mer Egée. Puis il annexe la Serbie et la Bosnie en 1463, en islamisant les populations, le yatagan sur le cou. Sur ses terres, il bat le bey Candaroglu en Anatolie, puis il conquiert l’Arménie et l’empire de Trébizonde en 1461. Il éradique le sultanat des Akkoyunlu en 1473. Ceci fait, il dirige ses pas vers la Crimée, et les comptoirs génois, dont celui de Caffa (1). L’empire ottoman prend le contrôle de ces comptoirs au cours de l’année 1475.

En 1477, il vise l’Italie, ainsi que certaines possessions vénitiennes. Un de ses vizirs (Gedik Ahmed Pacha) va même prendre Otrante en Italie. En juin 1480, il envoie cent mille hommes mettre le siège devant Rhodes, qui est défendue par trois cent cinquante Hospitaliers, cinq cents chevaliers, appuyés par deux mille hommes d’armes. Les Ottomans lèvent le siège en août, ayant perdu neuf mille hommes dans les affrontements, en pure perte. C’en est trop, le pape donne des instructions pour se débarrasser de ce Turc aux dents longues, qui a déjà causé des malheurs sans nom à la chrétienté. Le médecin personnel du sultan, convenablement soudoyé, empoisonne son maître, qui rend l’âme le 3 mai 1481, dans la ville de Gebce.

Mehmed II eut sept épouses, et cinq enfants. Une fille et quatre fils, Mustapha, Bayezid, Cem et Korkut. Bayezid prend le pouvoir en éliminant ses frères. La loi du fratricide prendra effet plus tard. Cem qui perd deux batailles contre son frère, se réfugie auprès des Hospitaliers de Saint Jean à Rhodes (2), il jouira d’une vie d’otage dorée, et finira, probablement empoisonné sur ordre de son frère. Il sera inhumé en Turquie, auprès de ses parents.

Mehmed II le Conquérant a créé les bases, d’où partiront les raids victorieux de Bayezid puis de Soliman le magnifique. L’empire croîtra en magnificence, en cruauté et en utilisant toutes les compétences d’où qu’elles viennent pour sa gloire. A partir de Selim l’ivrogne (3), l’empire commencera sa lente descente, jusqu’à la prise en main de Kemal Atatürk, le loup gris.

Notes :
(1) D’où viendra la Grande Peste qui va dépeupler une bonne partie de l’Europe occidentale.
(2) Pierre d’Aubusson, Grand-maître des Hospitaliers, l’accueille avec les honneurs dus à un chef d’état. Çem est conduit à l’Auberge de France, sur les épaules de deux de ses serviteurs selon l’usage turc. Des tournois et des festins sont donnés en son honneur. Çem va errer de pays en pays, au gré de la politique, mais toujours présent dans l’esprit de son frère Bayazid, qui va payer une somme astronomique pour le faire disparaître.
(3) Fils survivant de Soliman et de Hürrem Sultane.  

Bibliographie :

Ghislain de Busbecq, Lettres, Paris 1748
Le serviteur du prophète, Mika Waltari, Olivier Orban, 1979
Roxelane et Soliman, V. Corbul & M. Burada, Olivier Orban, 1987
Soliman le Magnifique, André Clot, , Fayard 1983
Histoire des Osmanlis, Von Ranke, 1839

  Notes :
(1) L’île aux papillons célébrée par le poète Pindare
(2) Soliman le Magnifique pour les européens, est Soliman le Législateur (kanouni) pour les turcs. Soliman en français, Suleyman pour les turcs, et Salomon pour les Juifs.
(3) Général en chef.


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