ARCHE DES COMBATTANTS


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 LE BUSHIDO

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BUFFY1
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MessageSujet: LE BUSHIDO    Lun 27 Fév - 0:03

LE BUSHIDO


« Hana wa sakuragi hito wa bushi »

« De même que la fleur de cerisier est la fleur par excellence, de même parmi les hommes, le samouraï est l’homme par excellence »


LES ORIGINES

« Maintenant, j’abandonne ma vie pour la sauvegarde de mon seigneur. Ma vie est aussi légère qu’une aigrette de grue. Je préfère mourir face à mon ennemi, que vivre en lui tournant le dos. ».

En ces temps de l’an 600 avant notre ère, le Japon s’appelait Wa du chinois Wo qui veut dire « harmonie », Ni-Hon, du chinois Ri-Ben qui signifie « origine du soleil ». L’Empereur appelé Tennô descend de la déesse du Soleil Amaterasu. Il n’aura jamais de pouvoir effectif, mais seulement un pouvoir religieux. Il réside en général à Edo (1).

La religion, le shintô – la Voie des Kami (2) – ne connaît pas de sanctuaires fixes, ni d’images sacrées, pas plus que de théologie ni de morale. C’est uniquement un culte de purification. Le bouddhisme pénètre au Japon vers 538. Les Japonais vont se montrer réticents à nouvelle religion, mais l’impératrice Sui-ko (593-628) va se montrer une bouddhiste zélée à la mort de son époux. Les nobles de la cour vont bien évidemment l’imiter.

Aux environs de l’an Mil, le clan des Minamoto va éradiquer les désordres et les prétentions des roitelets. A la mollesse et au luxe, va succéder une ère rude et passionnée empreinte d’idéal chevaleresque et de fidélité aux traditions, celle des premiers samurais.

Ce seront tout d’abord des chefs de guerre, vassaux directs des nobles, engagés par ceux-ci pour leur protection. Ils possédaient leurs propres troupes et avaient le droit de monter à cheval pour faire la guerre. Peu à peu des « bushi », qui étaient des guerriers ordinaires, d’origine paysanne, deviendront à leur tour des samouraïs. C’est de leur nom qu’est issu le Bushidô. Ce code qui fut rédigé au 17ème siècle, indiquait au samouraï l’ensemble des règles à respecter ainsi que la juste voie à suivre dans la vie de tous les jours et dans la guerre. Experts dans les arts martiaux définis par la « Voie de l’arc et du cheval », ils vont s’abstenir de toute collusion avec la noblesse alanguie de la cour.

Après la bataille du détroit de Dan-no-ura en 1185, le vainqueur Yoritomo se fait reconnaître officiellement comme Shôgun. Il fonde le shôgunat et sa nouvelle capitale Kamakura. Dès lors il y eut au Japon deux souverains, l’un nominal qui était l’empereur ou Tennô, et l’autre effectif, celui de son premier vassal : le shôgun. Ce dernier qui peut s’apparenter à un régent, exerce en fait l’autorité réelle dans tout le pays.

En 1260, Kubilaï devint empereur de Chine. A la tête de ses hordes mongoles, il a mis à genoux l’empire national des Song, ainsi que la Corée. Il décide de mettre au pas ces japonais qui massacrent ses émissaires sans désemparer. Il va mettre en ligne une flotte immense peuplée de plus de deux cents mille hommes. Aux environs du 3 octobre 1274, la flotte lève l’ancre et se retrouve devant les côtes japonaises. Les troupes mongoles débarquent, et sans respecter le code de « l’arc et du cheval » dont ils se moquent, ils expédient des flèches et des traits de leurs balistes (3). Les troupes japonaises sont massacrées sur les plages. C’est alors qu’un typhon se lève et anéantit la plus grande partie de la flotte mongole.

Koubilaï, va par deux fois envoyer des émissaires pour tenter de négocier la reddition de ces ilotes têtus. Sa première ambassade comprend six émissaires, qui sont décapités. Leurs têtes sont renvoyées à l’expéditeur, ainsi que les cent têtes de la deuxième ambassade. Il n’y aura plus d’ambassades.

En 1281, Koubilaï a réuni une autre flotte encore plus imposante, munie des armements les plus puissants de l’époque (4), et de deux cents mille hommes. Les Japonais soutiennent le choc mais il est clair qu’ils vont être massacrés. C’est alors qu’un nouveau typhon disperse et ravage la flotte chinoise. Les dix mille survivants sont décapités à l’exception de trois hommes qui vont porter la nouvelle à Koubilaï. De ce jour les Japonais vont vénérer ces vents divins, les fameux Kamikaze.

Koubilaï va mourir en 1294. Son successeur Timur Leng préfèrera les expéditions continentales et laissera le Japon dans son isolement volontaire.

Notes :

(1) Edo : ancien nom de Tokyo jusqu’en 1868.
(2) Kami : les vents selon un sens ou les esprits selon un autre.
(3) Arme inconnue des Japonais d’alors.
(4) Mortiers expédiant des boulets de pierre ou des marmites emplies de feu grégeois.



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MessageSujet: L 'ARRIVEE DES BARBARES   Lun 27 Fév - 0:05

LE BUSHIDO

L’ARRIVÉE DES BARBARES

De 1467 à 1477, fut une époque troublée qui préfigura la chute des Ashikaga. Cette série de massacres locaux – jusque dans les rue de Kyôto fut connue sous le nom d’ère Onin. Ce fut à ce moment-là qu’apparurent les « barbares ». Ces derniers furent appelés ainsi car ils n’avaient aucune notion de la politesse, et de l’honneur tels qu’ils se concevaient dans le Japon d’alors.

Les premières visites d’occidentaux furent tout d’abord fortuites. A la suite de naufrage, les marins étaient jetés à la côte. Puis vinrent les Jésuites comme saint François-Xavier d’origine portugaise. Cet homme fut amené au Japon par un japonais qu’il avait converti alors qu’il évangélisait en inde. Il débarque à Kagoshima le 15 août 1549 et établit très vite le premier catéchisme en Japonais (le Kirishitan qui signifie exposé de la foi des Chrétiens). Les bonzes prennent ombrage de cette religion qui ne leur dit rien qui vaille. François-Xavier va aller de ville en ville, puis repart pour Goa, sans avoir converti grand nombre de japonais. Il ne repart pas seul, car il est accompagné d’un envoyé du Daimyô de Bungo, un certain Otomo Sôrin qui désire ouvrir des relations commerciales avec le vice-roi du Portugal.

Mais en 1562, un nommé Hideyoshi, au corps difforme et au visage d’une laideur insoutenable – mais guerrier exceptionnel -  prend en mains les rênes d’un Japon qu’il veut  libre des entraves des chrétiens. Il fait crucifier tous ceux qu’il regarde comme responsables de ce pourrissement des valeurs ancestrales. Il éclaircit à coup de sabre la caste des Minamoto, et se range sous la bannière des Fujiwara qui vont le nommer Kwampaku. Nanti de ce titre, il va rapidement mettre à sa botte le Kantô, le Kyushyu. Avec deux cents mille hommes il assiège Odawara. Cette bataille fameuse chantée par tous les poètes va mettre un terme à ses ambitions territoriales et affermir sa main mise sur les daimyôs.

Il est laid et difforme, mais il organise les travaux publics, la police, les cultes, la justice, les finances, l’agriculture et les armées. Il marginalise l’autorité de l’Empereur en concentrant entre ses mains tous les pouvoirs. Il a l’ambition de rétablir, la caste des samouraïs – avec tous ses privilèges – qui commence à s’essouffler dans ce Japon qui s’éveille ; pour ce faire il lui faut une guerre. Une ambassade des Coréens tombe à pic. Il insulte copieusement les ambassadeurs devant l’assistance médusée, en les prévenant qu’il va venir avec ses armées envahir leur pays en préalable à l’occupation de la Chine.

L’allégresse transporte le Japon entier. Quatre-vingt-dix mille hommes sont rassemblés sous le commandement de deux généraux samouraïs, Konishi Yukinaga et Katô Kiyomasa. Toutefois il a pleinement conscience qu’il manque de moyens de transport maritimes. Hideyoshi embarque avec son épouse, Yodo-Gimi fille de l’Empereur, dans la baie de Shima le 24 mai 1591 en direction de Fusan en Corée. Il y débarque avec ses troupes, et en vingt jours atteint Séoul, où ce sanguinaire élève une pyramide de trois mille têtes fraîchement coupées. Le roi de Corée s’enfuit en Chine, d’où il assiste à la chute de Pyong Yang. Les Japonais s’arrêtent sur le Yalu.

Toutefois, ici et là des soulèvements éclatent afin de secouer la terreur imposée par les troupes nippones. Les détachements qui tombent dans des embuscades, sont intégralement massacrés. Il n’y a pas de prisonniers de part et d’autre. Mais il y a pis, car l’amiral coréen Yi Sun-sin apparaît en 1592 au large, et entreprend de couler la flotte japonaise. Sur le Yalu, les Chinois massent des troupes, et passent à l’attaque. Malgré des renforts importants (cent mille hommes), les Japonais ne tiennent plus que quelques places le long de la côte. Hideyoshi atteint d’une dysenterie, et sur le point de mourir donne l’ordre de rembarquer.

Iemitsu, fils de Hidetada (ère des Tokugawa), lui succède en 1632. Il hait les chrétiens et va les persécuter avec hargne. En 1637, il proscrit la « religion perverse » qui est interdite aux Japonais. En 1638, il interdit l’accès aux terres japonaises aux Portugais. L’année suivante il interdit le territoire à quiconque n’est pas japonais, même aux ambassadeurs étrangers sous peine de mort. Les Hollandais conservent un minuscule point d’ancrage dans la baie de Nagasaki. Leurs marins n’ont même pas le droit de descendre à terre. Le Japon entre alors dans une ère de mystère. Plus rien ne transpira à l’extérieur.

Notes :

(1) Il témoigne d’un goût artistique très prononcé. Il va organiser une fête fastueuse en 1587 à l’occasion d’un « cha o nu » (cérémonie traditionnelle du thé) qui va réunir six mille invités.


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MessageSujet: LE BUSHIDO MODERNE   Lun 27 Fév - 0:07

LE BUSHIDO MODERNE

Le 7 juillet 1853, une petite escadre de quatre bâtiments américains aperçoit les côtes japonaises. Les frégates Susquehanna et Mississipi, les corvettes Plymouth et Saratoga, pénètrent dans la baie d’Edo et mouillent devant Uraga. Le commodore Matthew Galbraith Perry a dans sa poche ses instructions du State department qui lui fixe sa mission. Les Japonais qui les voient débarquer les nomment « les nez roses ». Ces nez roses sont suivis d’autres. Le 22 août 1853, ce sont les Russes, menés par l’amiral Poutiatine à bord de quatre navires de guerre. Les russes veulent régler le problème des îles Kouriles. Dorénavant le Japon va devoir choisir son destin : soit l’asservissement, soit la puissance. A cette époque, naît un bébé nommé Tôyama Mitsuru qui va devenir le premier samouraï du monde mode moderne. Il fondera l’ordre le plus puissant, et aussi le plus secret de l’Asie : le Dragon Noir (Kokuryûkai).

Les blancs arrivent en rangs serrés, et se font attribuer des concessions. Les Anglais à Kagoshima, les Français à Shomonoseki, les Russes à Nagasaki, les Américains à Yokohama, les Hollandais à Deshima. Les Japonais songent à expulser manu militari ces diables d’étrangers, mais il n’y a plus d’armée, seules des milices qui parviennent à grand peine à lutter contre les voleurs de grands chemins, ou contre les pirates.  

Cela ne va pas se passer dans la paix. Les samouraïs n’entendent pas voir leur nation se faire infester par les « nez roses ». Le 5 juillet 1861, quatorze rônin attaquent la légation de Grande Bretagne qui compte deux blessés. Les assaillants sont tous tués. Des instructeurs allemands débarquent à Nagato, tandis qu’à Edo on manœuvre à la française. Des Japonais partent aux Pays Bas s’initier à la construction navale. Malgré ces avancées, la tension et la violence des samouraïs continuent de monter dans l’archipel. Le 14 septembre 1862, deux caravanes se croisent sur une route près de Kawasaki. Le daimyô Shimazu Saburô rentre dans ses domaines quand il croise des touristes anglais qui se promènent en toute insouciance. Une injure fuse ; aussitôt c’est la mêlée. Un anglais est tué ; deux blessés, et une femme parviennent à s’enfuir.

Cela va être le point de départ d’une guerre civile au cours de laquelle des centaines de samouraïs seront exécutés, ou contraints au suicide. En 1868, le nouvel empereur Mutsuhito décide que le Japon doit embrasser la modernité. Pour ce faire, il met en demeure les samouraïs de s’intégrer dans la nouvelle armée ou de se faire hara-kiri. Il déclare l’avènement de l’ère nouvelle par ces paroles : « Les usages vieillis et les préjugés des temps anciens sont abolis pour toujours. La justice égale pour tous sera ma règle de conduite. L’intelligence et le mérite, sans distinction de classe ni d’origine, seront seuls honorés sous mon règne ». Il débaptise Edo pour le nouveau nom de Tôkyô (la capitale de l’est). Ainsi commence la première année de l’ère Meiji (du gouvernement éclairé).

Malgré quelques épisodes sanglants, l’empereur reçoit à Tôkyô les lettres de créances des ambassadeurs étrangers. Dans le même temps des légations japonaises sont ouvertes en 1870 à paris, en 1872 à Londres, à Washington, Vienne et Rome en 1873, à Berlin et Saint Pétersbourg en 1874.

La féodalité va disparaître, en entraînant avec elle la disparition de ces samouraïs qui ne savaient que donner leur vie à leur suzerain. Désormais, il n’y aura que deux classes de nobles : les Kazoku et les Shizoku. Cette dernière sera celle des samouraïs survivants du passé. Plutôt que de se révolter,  ils vont choisir de devenir officiers dans la nouvelle armée imaginée par le maréchal Yamagata. Ils vont faire entrer l’esprit du bushido dans cette nouvelle armée formée aux techniques modernes du combat à l’occidental, dès 1872 par les Français en ce qui concerne l’infanterie, et les Anglais en ce qui concerne la marine.

Cette armée et cette marine vont prouver leur efficacité lors du siège de Port-Arthur, puis la marine va prouver l’excellence de sa qualité en battant définitivement la Russie à Tsushima.

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MessageSujet: LES DERNIERS TEMPS DU BUSHIDO   Lun 27 Fév - 0:10

LES SAMOURAÏS

LES DERNIERS TEMPS DU BUSHIDO


« Un samouraï vit en sorte qu’il soit toujours prêt à mourir »


L’empereur Hirohito inaugure l’ère shôwa en 1924. Son premier ministre Tanaka Glichi lui présente un rapport indiquant de manière claire les visées expansionnistes de son cabinet. Il ne s’agit rien de moins que de s’assurer le contrôle de la Mandchourie puis de la Mongolie. Dans la foulée envahir la Chine, puis l’Inde, les mers du sud, l’Asie Mineure, l’Europe. Il préconise la domination du monde entier après avoir éliminé l’URSS et les USA.

La marée montante belliciste qui va monter, ne sera pas le fait des généraux, mais des jeunes officiers.  Suite à un soulèvement de jeunes officiers, le général Araki devient ministre de la guerre et prend comme adjoint le général Mazaki. Ce dernier va cautionner une tentative de putsch qui va l’envoyer en prison pendant dix-huit mois. Un autre homme prend sa place, et crée une association ultra impérialiste, la Dai Ajia Kyôkai. Cet homme n’est rien moins que le général Tôjô Hideki, qui veut ressusciter le temps des samouraïs. Sous son impulsion les écoles de cadets vont devenir des enfers de courage, d’endurance et de discipline. Officiers et soldats partagent le même menu : riz et seigle mélangés, légumes en saumure, quelquefois du poisson, de la viande une fois par semaine. Ils boivent du thé et méprisent les peuples gras. Ils ont les muscles durs, le geste bref et sont avares de mots. Leur slogan scandé par toute l’armée veut tout dire : « Le devoir est plus lourd qu’une montagne. La mort plus légère qu’une plume ».

Le 25 novembre 1936, le Japon signe le pacte antikommintern. En 1937, la Chine tombe dans l’escarcelle japonaise. En 1940, le général Tôjô est nommé ministre de la Guerre. En 1941, il devient président du Conseil, ministre de la Guerre et ministre de l’Intérieur, concentrant entre ses mains quasiment tous les pouvoirs. Le Japon est sur le sentier de la guerre. Le 8 décembre ce sera Pearl Harbor.

Les succès foudroyants de l’armée japonaise exaltent ses soldats. Bataan, Corregidor, Singapour, Wake, Guam, Rangoon, Mandalay, Surabaya, Bandoeng, Guadalcanal vont constituer le faîte des honneurs. La bataille de la mer de Corail, suivie de la bataille de Midway, va amorcer le lent déclin de la puissance japonaise. Les Japonais vont être encore plus fidèles aux règles du bushido dans la défaite, que dans la victoire.

Le 21 juin 1944, commençait la bataille d’Iwô-Jima. Le capitaine de frégate Nakajima réunit les quelques pilotes qui lui reste pour leur donner une consigne : « coulez le plus possible de navires américains, au besoin en vous écrasant dessus avec votre bombe ». La nouvelle forme du seppuku traditionnel vient de naître ; le jibaku. Dix-sept pilotes décollent, et sont interceptés par la chasse américaine qui en abat douze. Les cinq survivants décident de retourner à Iwô-Jima, où leurs appareils seront tous détruits par les bombardiers américains.

Le 15 octobre 1944, les américains sont en face de Luçon. Le 16 octobre 1944 l’amiral Arima Masabumi aux commandes de son bombardier Yokosuda D4Y, fonce sur la flotte et choisi sa cible. À 15.30 le 16 octobre 1944, il s’écrase sur le pont d’envol du porte- avions Franklin qui est touché à mort. Le 9 octobre 1944 le vice-amiral Onishi Takijirô est nommé commandant de la Flotte du sud-ouest à Manille. Le 19 octobre, il crée le corps des kamikazes (vent divin) composé d’officiers de la 201ème escadre.

L’amiral Onishi n’est pas seulement un guerrier inflexible, mais aussi un fin lettré. Il va choisir le nom des quatre escadrilles qui vont composer l’escadre kamikaze. Il choisit des noms tirés d’un célèbre poème du 17ème siècle composé par Motoori Norinaga (1). Les quatre escadrilles s’appelleront : Shikishima, Yomato, Asahi, Yamakasura. Le 25 octobre à 10.40, à 90 milles de Tacloban, l’escadrille Shikishima menée par le lieutenant de vaisseau Seki Yukio aperçoit la flotte ennemie. Avec ses compagnons, il plonge sur le porte-avions Saint Lô. Touché par deux fois le Saint Lô coule, ainsi qu’un croiseur. Un autre porte-avions a été incendié. Ces succès vont doper les pilotes et encourager l’enrôlement volontaire de civils destinés à combler les vides (2). Entre le mois d’octobre et la fin de l’année, cinq cents kamikazes sont morts.  

C’est alors que le capitaine de vaisseau Okamura Motoharu, ancien pilote de chasse prend le commandement de l’unité spéciale du nom de « Jinrai Butai » (Corps du Tonnerre Divin). Cette unité est équipée de torpilles volantes nommées « Oka » (fleur de cerisier). Six mètres de long, deux ailes très courtes, propulsion par fusées (neuf secondes de poussée) lui donnant une vitesse de 1000 km/h, et 1200 kilos d’explosif dans le nez. Ces engins sont amenés à proximité des buts par des bombardiers Mitsubishi G4M (Betty). Les hommes de cette unité qui sont entraînés à Konoike, vont se révéler encore plus fanatiques que les pilotes de « Zéro ». C’est le 31 mars 1945, que ces hommes affrontent pour la première fois l’ennemi. En début d’après-midi trois kamikaze s’écrasent sur le pont d’un destroyer, et l’envoie par le fond, tandis que trois autres coulent un second destroyer qui se portait au secours du premier. Les bombardiers qui portent les Oka sont décimés par la chasse ennemie avant de pouvoir être en mesure de larguer leur charge à distance convenable. Le Japon n’a plus de ressources, et va devoir « supporter l’insupportable, et à tolérer l’intolérable. Il nous faut accepter la proposition alliée » comme le précise l’Empereur.

Le général Tanaka se tire une balle dans la tête, l’amiral Ugaki utilise un des derniers appareils disponibles pour accomplir un jibaku, l’amiral Onishi créateur du corps des kamikaze choisit la forme de suicide par seppuku.

Quatre mille six cent quinze noms sont inscrits sur les rouleaux de papier de riz contenus dans deux statuettes de la déesse au temple de Kannonji de Tôkyô. Ils sont honorés tous les ans, le 5 mai.

Notes :

(1) « Shikishima no Yamato-gokoro o hito towaba Asahi ni nioo Yamazakura kana »

Que l’on peut traduire par :

«Si l’on vous demande ce qu’est l’esprit du Japon éternel, répondez qu’il est comme les fleurs de cerisiers aux premiers rayons du soleil matinal, pur, clair, et délicieusement parfumé »

(2) Ils sont formés sur l’île de Formose.

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