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 LE SIEGE DE GERGOVIE

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Date d'inscription : 25/02/2017

MessageSujet: LE SIEGE DE GERGOVIE   Sam 25 Fév - 14:51

LE SIÈGE DE GERGOVIE

Outre les commentaires de César, quelque peu partisans, des récits de marchands grecs repris par des chroniqueurs romains nous permettent de nous faire une idée de cette affaire de Gergovie.
La ville de Gergovie se trouve au sommet d’un oppidum de soixante-dix hectares. C’est une riche cité arverne, bien située au milieu de la Gaule. Les Arvernes, qui sont de purs Celtes, ont déjà été défaits par les Romains lors des campagnes de la Narbonnaise. Selon certains, Gergovie se trouverait à Clermont Ferrand ou en tout cas, dans ses environs immédiats.

Vercingétorix suit de près les allées et venues de César en Gaule, il sait parfaitement qu’un jour celui-ci viendra s’intéresser à la place forte des Arvernes, la tribu la plus puissante de la Gaule. Il ne peut laisser une telle force sur ses arrières. A Génabum (Orléans), quartier général de l’intendance de César, son intendant général Fufius Cita, est massacré avec tous les marchands romains présents par une incursion de Carnutes ; le tout en moins d’une heure. Il y a fort à parier que César va se venger, et chercher à investir les grandes villes de la nation gauloise, ne serait-ce que pour y trouver des subsistances.
Vercingétorix se rend à Gergovie, inspecte les remparts, et ordonne de nouveaux travaux d’extension et de consolidation ; il renforce la discipline parmi ses troupes, afin qu’elles soient rondement menées. Puis le chef arverne se rend à Gorgobina (Moulins) avec son armée.

César se trouve devant un problème majeur car cette bourgade est la capitale des Boïens. On y trouve aussi des Helvètes, rescapés de la grande tuerie perpétrée par lui même au début de sa campagne. Il ne peut laisser cette nation tomber dans le giron de la coalition qui est en train de se former. Il annonce aux Boïens qu’il va venir les visiter, mais avec huit légions. Il passe d’abord par Genabum. Il veut punir les habitants de cette ville qui ont favorisé le massacre de son cher Fufius Cita, et des Italiens qui séjournaient dans la ville. La ville est pillée, brûlée et les habitants mis à mort, puis il se rend chez les Bituriges.
Le chef arverne a toujours douté de la loyauté de cette tribu ; en effet, à l’annonce de l’arrivée de César, des délégations viennent offrir leurs services à l’armée romaine. Toutefois Avaricum (Bourges), ne prend pas le chemin de la collaboration et reste dans la coalition. Les deux armées se dirigent dans les rideaux de pluie et de neige vers cette ville. Un matin, alors que les Romains lèvent le camp, les Gaulois, au son de leurs chants guerriers, lancent leur attaque. Empêtrés dans leurs bagages, les soldats romains sont balayés, mais sauvés in extremis par l’intervention de la cavalerie germaine qui reconduit les Gaulois dans les bois. Avaricum est assiégée par César et son armée, mais le pays alentour, incendié par les Gaulois n’offre plus de ressources. Vercingétorix a bien prévenu les Bituriges que pour vaincre César, ce n’est pas par le combat où il est redoutable, qu’il faudra le toucher, mais par le pain quotidien de ses légionnaires.

Les légionnaires aménagent une gigantesque plate-forme de trois cents pieds de large et de quatre vingt pieds de hauteur en face des portes d’Avaricum, qui s’effondre sous les coups des sapeurs gaulois. Jour et nuit, les légionnaires travaillent à la reconstituer sous les attaques des assiégés. Avaricum va tomber à cause des femmes. En effet, lorsqu’elles apprennent que tous les combattants vont quitter la ville et laisser femmes, enfants et vieillards seuls (ils pensent que les Romains ne massacreront pas des non-combattants, et qu’ils poursuivront les fuyards en priorité), elles poussent des hurlements, qui donnent l’alerte aux Romains. Quelques centaines d’hommes peuvent rejoindre la coalition à la faveur de la nuit. Le lendemain, vingt-cinquième jour du siège, sous une pluie diluvienne, alors que les derniers défenseurs se sont mis à l’abri, l’armée romaine investit Avaricum et massacre toute la population. Selon les historiens, c’est entre trente et quarante mille personnes qui sont tuées ce jour là. Seules huit cents peuvent s’enfuir.

Vercingétorix a laissé un commandant à Gergovie, un homme gros, vulgaire, alcoolique, fort mangeur et pas très intelligent, nommé Natonos. Vaille que vaille, les habitants renforcent leurs murailles, remplissent les silos de grain et les étables de fourrage, car César ne va pas tarder à s’intéresser à eux. Vercingétorix arrive à Gergovie, et inspecte les défenses qu’il fait rectifier à quelques endroits, puis prévient les défenseurs : « Prenez garde !! Si vos défenses présentent la moindre faille, César saura immédiatement en profiter ».
Un jour, de la poussière à l’horizon signale l’arrivée des Romains. Tout d’abord c’est l’avant-garde composée de Germains qui se présente, puis Jules César à cheval, aisément reconnaissable à son paludamentum rouge. Il fait le tour des fortifications avec son état-major pour noter les points faibles. Immédiatement et de nuit, il installe deux légions qui chassent le détachement de fantassins gaulois, installé près des points d’eau ; il compromet ainsi le ravitaillement en eau et en fourrage de l’ennemi. Puis il tourne les talons, et se rend à Bibracte où un roi gaulois – Convicto - a égorgé les marchands romains. Il règle l’affaire, et reparaît sous les cris de joie de ses légionnaires, sous les murs de Gergovie.

C’est un siège curieux, car les habitants de Gergovie entrent et sortent à leur guise de l’oppidum, les soldats romains vaquent à leurs affaires, les cavaliers des « collabos » Eporedorix et Viridomare, provoquent les Gaulois de l’oppidum en les traitant de « cochons de barbares » ; c’est la « drôle de guerre ». Une bande de femmes surexcitées, armées de bric et de broc, s’échauffent en insultant les Romains.
C’en est assez de fraternisation, César entame la partie sérieuse des opérations. Il place le gros des légions vers le col des Goulles. Quelques cohortes escaladent la pente, et après avoir enlevé la muraille sous une grêle de projectiles, foncent vers le camp des Nitiobriges. Le petit roi Teutomac, réveillé au milieu de sa sieste, à demi vêtu, se sauve à cheval vers l’oppidum pour alerter Vercingétorix. Trois tentatives d’escalade du mur d’enceinte échouent, la quatrième réussit ; un centurion, Lucius Fabius, suivi de quelques hommes prennent pied sur le chemin de ronde. Les défenseurs se replient vers la deuxième ligne de fortifications ; à ce moment, les furies qui insultaient les Romains, se jettent sur les soldats, dépoitraillées, cheveux défaits, jupes relevées, les conjurant d’épargner leurs vies et celle de leurs enfants.
La centaine de légionnaires se contentent de les écarter avec le plat du glaive ; c’est alors que Vercingétorix envoie un escadron qui refoule les Romains vers leur point d’entrée. Là, ils se heurtent à ceux qui sont en train de monter. Les Gaulois anéantissent la bande, les femmes joyeuses, oubliant leurs affres précédentes, secouent leur chevelure de joie, et achèvent gaiement les Romains blessés. César inquiet envoie la dixième légion, celle-ci trouve les défenses gauloises en armes apparemment intactes. César retire ses forces, et réprimande Lucius Fabius, qui n’a pas respecté ses instructions. Les Gaulois de l’oppidum rient à gorge déployée devant la piteuse retraite des Romains, et surtout de leurs collaborateurs Eduens. En effet, comme les Gaulois se ressemblent tous, les Romains ont massacré également des Eduens. César a perdu dans cette affaire, sept cents hommes.

Vercingétorix commet alors une erreur de stratégie lourde de conséquences. Il néglige de poursuivre et d’anéantir les troupes romaines en déroute. Il a pourtant suffisamment de forces pour le faire ; même César l’admettra. La retraite des troupes romaines peut ainsi s’effectuer sous les harcèlements des cent mille guerriers de Vercingétorix, en direction de son lieutenant Labienus et de ses renforts.
Ce sera à Alésia que cette faute de Vercingétorix, va permettre à César de remporter une victoire décisive.

Voir la biographie de Vercingétorix

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