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 6.- LA FRANCE DANS LE CONTEXTE

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BUFFY1
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MessageSujet: 6.- LA FRANCE DANS LE CONTEXTE   Sam 3 Juin - 19:43

6.- LA FRANCE DANS LE CONTEXTE
Années 1980


Le général de Gaulle, et ce n’est un secret pour personne, était plutôt rancunier. Il n’avait jamais digéré les manœuvres de Roosevelt puis de Truman, relayées par leur général Eisenhower pour l’écarter du pouvoir au profit du général Giraud. Il n’avait pas non plus digéré l’affaire de la monnaie d’occupation américaine qu’Eisenhower avait cru bon proposer d’imposer en France lors de sa libération, sans parler des refus d’aide lors de la guerre d’Indochine, puis par la suite des immixtions américaines lors du conflit algérien.

Il ne faut guère s’étonner de sa décision d’expulser du territoire, les installations du Shape de Fontainebleau, des bâtiments de la porte Maillot et de la base de Châteauroux (1). La France à ses yeux devait prendre sa défense en main, et ne dépendre d’aucune autorité extérieure qui aurait pu limiter ses décisions dans ce domaine. Il va inviter l’industrie française, à pousser les recherches en matière aéronautique, navale et surtout nucléaire.

Très tôt la société Dassault va sortir le chasseur Ouragan, le Mystère IV, le SMB2, le bombardier Vautour, le Mirage III et le Mirage IV (2) qui ont vocation pour les uns d’escorter, et pour les autres d’emporter notre première bombe atomique. Le pays souffre d’un handicap dans ce domaine : il n’a pas de ravitailleurs en vol (3), ni d’avions de commandement, aussi l’idée du SNLE fait son chemin. S’il coûte cher, un SNLE à la mer procède en fonction d’instructions pré établies. Il constitue un facteur de dissuasion non négligeable pour l’agresseur éventuel. Il va compléter la panoplie en créant le site des ICBM d’Albion. Les soviétiques n’ignoreront rien des entreprises françaises, de leur localisation et des détails de leur construction, grâce à un réseau d’espions situés au plus haut niveau de la hiérarchie politique, et de l’armement. Relayés par les ouvriers affiliés à la CGT et au PCF, les secrets de fabrication prendront le chemin de Moscou (ou d’Israël) avant même la fabrication en série des matériels concernés.

La France va toutefois signer des accords de coopération avec les USA, qui permettront d’avancer plus rapidement dans la mise au point de nos armements. Elle va adhérer à l’Organisation de l’Atlantique Nord. Quelques officiers siègeront d’ailleurs à titre d’observateurs permanents (4). En contrepartie les moyens industriels de la France seront associés à l’édification du parapluie OTAN de l’Europe. En effet, malgré nos moyens technologiques conséquents, la France sortant d’une guerre mondiale, et de deux guerres coloniales, n’a pas les moyens d’être tout à fait indépendante, et d’assumer seule la défense de son territoire (5).

Notre industrie électronique va être très tôt, mise au défi de fabriquer sous licence un système d’arme complet déjà en service en Amérique. En effet, la France, si elle maîtrise à présent la technologie de fabrication des missiles intercontinentaux, n’a pas fait de recherches dans le domaine des missiles anti-aériens qui auraient pu la protéger des attaques de l’aviation du Pacte de Varsovie. La firme Raythéon a mis au point un missile anti-aérien baptisé HAWK (6) qui est un tueur de chasseurs, de bombardiers et même de missiles en trajectoire basse. La firme française THOMSON CSF va être chargée avec toutes ses divisions (7) de construire ce système d’arme. Dans le même temps sont créées la Chaîne Nord (THOMSON CSF et AEG TELEFUNKEN) ainsi que la chaîne Sud (SELENIA en Italie).

Compte tenu que ce matériel est en usage dans l’armée des Etats Unis, les Américains vont exiger que leurs procédures de sécurité soient appliquées rigoureusement du haut en bas de la chaîne de fabrication. Un officier de sécurité est placé dans chaque industrie, et lance les enquêtes d’habilitation qui vont autoriser ou écarter tous les acteurs du programme. Seront écartés les crypto communistes, les membres du PCF, de la CGT et de la CGT-FO. Les habilitations ne seront accordées que pour un poste ou une activité bien précise. Dès que la fonction ou l’activité cesse, l’habilitation est annulée. On peut à présent estimer que les secrets de fabrication ont été strictement maintenus dans la phase développement et construction (Cool. Les acteurs quels qu’ils soient de ce système d’armes sont des « Hawkistes » et portent avec fierté l’insigne (9) qui accompagne le « brevet Hawk » qui est la preuve d’une saga qui aura duré plus de 50 ans.

Les batteries de missiles sortant des usines d’armement dispersées sur tout le territoire français, sont livrées aux utilisateurs (10) et intégrées dans le système de défense de l’OTAN européen. Les Britanniques, membres de l’OTAN, disposent d’un armement directement fourni par les USA. Toutefois le délai de préavis est vraiment très court en cas d’attaque surprise des troupes du Pacte de Varsovie (11). Du fait que l’Autriche et la Suisse ne font pas partie du système de défense, il va être nécessaire d’implanter des radars trans-horizon pour surveiller au plus loin possible l’activité aéronautique des soviétiques et de leurs alliés. Ce sera la ceinture NADGE dont les radars géants iront du nord de la Norvège aux steppes turques d’Anatolie. Compte tenu du « SECRET DEFENSE » entourant ce système toujours en activité, il ne sera pas développé ici. Très rapidement la coopération de la France avec le secteur américain de l’OTAN, va devenir beaucoup plus étroite. Les renseignements collectés en matière de frappe mégatonnique vont pousser le gouvernement français à démanteler les silos d’ICBM du plateau d’Albion qui sont très vulnérables à l’attaque par ogive mégatonnique en trajectoire surbaissée (ils sont voisins de deux centrales nucléaires, et du port de guerre de Toulon), et confier l’essentiel de sa dissuasion à ses SNLE dont le nombre en service à la mer, va croître au fur et à mesure.

La France va équiper ses SNLE de missiles intercontinentaux tels que le M3 de première génération, puis suivront les M45 et pour finir le M51 (12) fabriqué par EADS Astrium. Ce dernier est mis en service en septembre 2010. D’un poids de 56 tonnes, d’une vitesse de mach 15 et plus, il transporte jusqu’à 10 têtes de 110 kilotonnes mirvées.


L’implication de la France dans un conflit nucléaire est à placer dans le contexte OTAN, c'est-à-dire Européen. La vulnérabilité des installations de commandement françaises incluses dans le Grand Paris, rend notre stratégie de défense tributaire de nos alliés en matière de préavis, des E3F SENTRY de l’armée de l’air, des KC135 (13) qui tous sont basés assez loin de nos frontières de l’est font partie de la composante défense nucléaire. Toutefois les régimes politiques à l’Est ont changé depuis la chute du mur et les menaces proviennent surtout du moyen orient, et sous réserves des développements à venir, des pays du grand Maghreb. La France se trouverait ainsi en première ligne avec l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Un redéploiement de nos forces est à prévoir. Nul doute que l’expérience acquise lors de la guerre froide, nous sera utile si nous en arrivons à cette extrémité.


Notes

(1) Cette base dont la piste tous temps (une base est tous temps lorsque sa piste est hors verglas, c'est-à-dire chauffée) de 4200 mètres pouvait recevoir les B52. Elle qui était également prévue comme piste de secours pour les navettes spatiales qui auraient raté leur injection en orbite, a été laissée dans un quasi abandon car les moyens financiers français étaient insuffisants pour entretenir une telle base. Elle servira de base discrète pour les embarquements d’armements à destination de pays « amis ».

(2) L’industrie française fidèle à sa tradition va construire un large éventail d’avions de chasse et de bombardiers, dont au moins un (le Mystère IV) va intéresser les USA (il sera essayé en vol par le célèbre Chuck Yeager) pour doter l’OTAN de son chasseur européen. Tous recevront le baptême du feu lors de la guerre des six jours.

(3) Les bombardiers devant décoller à pleine charge, avec souvent des réservoirs supplémentaires, seront munis de fusées d’appoint de décollage. A noter que les Suisses équipés de la 2ème génération de Mirage III utiliseront également ces fusées de décollage, car leurs pistes sont courtes, et de hautes montagnes les environnent.

(4) La Marine Nationale et l’Armée de l’Air vont participer à quasiment tous les exercices conjoints OTAN. Les pièces détachées de tous nos matériels porteront un numéro d’identification OTAN (NSN : Nato Stock Number) et un FSN (Federal Stock Number). La traçabilité d’un composant va être mise au point selon les standards US (TP : Traçability program)

(5) Notre industrie va devoir standardiser sa production selon des normes américaines d’abord (US STANDARD), puis par des normes françaises issues des premières. Un code fournisseur va être attribué à chaque fournisseur travaillant pour la Défense Nationale. Des procédures copiées sur les procédures américaines de fabrication, de contrôle qualité et d’essai vont être mise en œuvre notamment en établissant dans chaque unité de fabrication un Contrôle Qualité (QC Quality Control) et une Assurance Qualité (QA Quality Assurance). Elle va faire connaissance avec le système PERT (Program of Evaluation and Review Technique) et le système GANTT (utilisé en complément du PERT. Inventé par l’ingénieur américain Henry L. GANTT dans les années 1910).

(6) Homing All the Way Killer. Ensemble de shelter et de remorques transportant tout le système. Mise en batterie relativement rapide. Ce missile affichera le taux de réussite de coups au but le plus élevé de toute l’histoire des missiles anti-aériens de l’époque.

(7) THOMSON CSF est constituée d’un nombre conséquent de divisions qui chacune ont un rôle bien particulier dans la fabrication d’un système d’armes (ex : DRS Division Radars Surface, DSE Division systèmes électroniques etc.)

(Cool Les officiers français (et européens) destinés à mettre en œuvre ce système ; ont tous fait leurs classes à Fort Bliss aux USA. En rentrant de stage ils ont tous été versés dans les unités d’artillerie anti-aérienne sur le sol français.

(9) Dessiné par A. WATTIN et JC BERRY.

(10) En France ce sont les régiments d’artillerie anti-aérienne, RA401, RA402, RA403 qui vont utiliser ce système. Le 82ème (aujourd’hui disparu) va tirer le 7 septembre 1987 un Hawk sur un TU22 libyen qui fonce sur N’djamena. C’est le seul avion abattu (en dehors des avions cible) par une batterie française. Seul le 402ème détient encore des Hawk. Il va être dépossédé de la responsabilité de ce système qui va être transféré en 2012 à l’Armée de l’Air. Les autres régiments ont déjà été dissous.

(11) L’OTAN ne bénéficiait d’aucun « glacis » de défense à l’est. La première batterie la plus à l’Est se trouvait à Lindau dans la zone d’occupation française. Mais c’était des artilleurs allemands qui la servaient.

(12) C'est un missile à trois étages, d'une hauteur de 12 mètres, d'une masse totale supérieure à 50 tonnes (56 maximum, contre 35 tonnes pour le missile M45) qui a été conçu afin de pouvoir être lancé depuis un sous-marin en plongée. Éjecté par un système de chasse à poudre, le missile jaillit de l’eau puis allume son moteur à quelques dizaines de mètres de la surface. Ses étages sont dotés de propulseurs équipés de tuyères à butées flexibles, développant 180 tonnes de poussée, ce qui lui permet d'atteindre la vitesse de Mach 15 (19 000 km/h).

(13) Ces composantes de notre défense sont basées dans le centre et le sud de la France. Le PC de Taverny est vulnérable, et d’autres solutions ont été trouvées. Le KC 135 arrive en fin de service. Il sera remplacé par l’A400M qui est en cours d’homologation.

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