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 3.- ORGANISATION AU SOL

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BUFFY1
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MessageSujet: 3.- ORGANISATION AU SOL   Sam 3 Juin - 19:49

3.- ORGANISATION AU SOL
« VIGILANCE PERPETUELLE »

Le Quartier Général du SAC (no lone zone : endroit où il est interdit de se trouver seul) est situé à OMAHA (1) et le NAADC – North American Aerospace Defence Command - sous les Monts Cheyenne (2) (Colorado). A l’intérieur de ce vaste ensemble toujours en service de nos jours, à l’époque, deux gros ordinateurs SIOP (Single Integrated Operational Plan) et RSIOP (Russian Integrated Operational Plan) chargés de s’affronter sans interruption en développant des stratégies d’attaques surprises et de contre attaques, lors d’une mise en alerte. Une vaste salle ressemblant aux « operations rooms » britanniques de la 2ème guerre (3) ; des rangées de consoles radars et d’écrans informatiques permettent de contrôler tout l’espace aérien de l’Atlantique Nord et des côtes américaines Est et Ouest. Des Fusiliers de l’air – béret bleu clair, pistolet à crosse de nacre et pistolet mitrailleur à l’épaule, gardent le personnel, et ont l’autorisation d’abattre sans sommation, quiconque se livre à un sabotage, ou à un coup de folie dans l’enceinte. Le général de service surveille tout, et va décider de l’évaluation du danger, et de la montée en puissance de l’alerte (4). De grands panneaux demandent ARE YOU READY FOR EWO ? (Êtes-vous prêts à l’EWO ?) (5). D’immenses panneaux lumineux indiquent les contours des terres, les aérodromes en service, les sites d’ICBM (6), amis et ennemis, les sites radar DEW LINE (7) et plus tard, les satellites d’observation en service, ainsi que leur position dans le ciel. Il va indiquer les ouvertures de silos, l’alimentation en propergols et les mise à feu éventuelles d’ICBM ennemis en phase « essai » et en phase « guerre d’agression » (Cool, la position des ravitailleurs en vol, la liste des unités prêtes au combat, et la quantité de bombardiers prêts à l’envol dans les 5 minutes suivant l’ordre de décollage. Ce panneau indique aussi l’activité maritime de surface, sous marine, aérienne et missilière de l’ennemi.

Dans l’organisation au sol il faut noter la présence dans le bunker, d’un amiral qui va prendre le relais de l’alerte au niveau des SNLE. Il ne restera pas dans ce bunker en cas d’alerte réelle, car il va se rendre à bord d’un avion gros porteur, d’abord un strato-cruiser puis un Hercules C130, et enfin un Boeing E6 (dérivé d’un 707) nommé TACAMO (9). Comme il s’agit d’une agression nucléaire, l’armée de terre est simplement mise en état d’alerte, et pré- positionnée pour assister les équipes de la sécurité civile, ancêtres de la FEMA (10), venir en aide aux millions de personnes choquées, blastées, brûlées et irradiées, et surtout maintenir l’ordre.

Le côté infrastructures au sol est complété par un organisme lui aussi enterré sous les pâturages de Virginie. Le Dispositif de Localisation du Successeur du Président (11). Le tout géré par le TERCOM (Terrestrial Communications) qui utilise des lignes cryptées.

L’exécutif, en l’occurrence le Président des Etats-Unis (Commandant en chef des armées) en première place sur les rangs des donneurs d’ordre, est muni d’une carte plastifiée qu’il porte toujours sur lui, comportant une séquence de lettres et de chiffres d’authentifica-
tion. Cette séquence lue au téléphone crypté ou expédiée à l’aide sa mallette électronique, authentifiera ses ordres de lancement. Tous les membres de l’exécutif portent un badge similaire qui sera activé en cas de guerre, et de disparition du chef des armées, par l’entité DLSP.

Dans l’organisation à terre, il faut mentionner bien sûr les silos des ICBM (12), qui vont assurer la première frappe, et déblayer en principe le terrain pour faciliter la pénétration des bombardiers stratégiques. Ils sont sous les ordres d’un officier général qui se trouve à bord d’un gros porteur EC135 aménagé en poste de commandement avancé. Les derniers en date dans les années 70, étaient des E4A nommés AANCP (Advanced Airborne National Command Post). Placé sous le contrôle du National Military Command System et du SAC, il est en vol permanent par rotation, et emporte un équipage de 28 à 60 personnes selon l’importance de l’alerte. Ces appareils constituent une cible de choix pour les missiles ennemis.

La panoplie des missiles intercontinentaux est embryonnaire dans les années 70 pour s’étoffer au fur et à mesure de l’arrivée des missiles balistiques de plus en plus sophistiqués et puissants. Du missile intercontinental Nike Zeus des années 57 qui sera remplacé en 1964 par le Nike X, transportant une tête nucléaire kilotonnique dont l’arrivée sur le but est sujette à caution, au missile balistique Minuteman III (13) transportant une dizaine de têtes mégatonniques mirvées (14), la protection du territoire a fait de grands progrès. Toutefois les ennemis ont également fait des progrès dans ce domaine, et la course à l’armement offensif/défensif n’est pas prête de finir. Les ingénieurs vont travailler sur des missiles destinés à intercepter les missiles, avant qu’ils ne délivrent leurs charges, grâce aux facilités de calcul de l’ECP (15). Une large panoplie de moyens sera mise à disposition des militaires.

Le chef de l’exécutif, évacué de la Maison Blanche par hélicoptère va – s’il en a le temps et les moyens – s’installer dans l’E4B qui est censé pouvoir décoller de la base d’Andrews ou d’Edwards (16) avant que ces bases ne soient atomisées. De cet appareil qui est en liaison radio constante avec le Miroir et Tacamo, le Président ou son successeur, va pouvoir prendre les décisions de riposte nucléaire et les transmettre aux exécutants.

En fin de série, vous trouverez la séquence des premières minutes de l’heure H (années 80), telles que vécues par les différents acteurs imaginés par SIOP. Nous partirons de l’heure H Zoulou 03.00. Pour les néophytes, l’heure Zoulou est l’heure TU (Temps Universel).

Notes

(1) Le quartier Général du SAC est situé à OMAHA dans les Grandes Plaines. Equipés de super ordinateurs, enterré à seulement 7 mètres ce qui en fait une cible facile à détruire à l’aide d’une ogive « ground burst » mégatonnique. Un buste du Général LE MAY trône dans le vestibule, et un panneau proclame « LA PAIX…..C’EST NOTRE METIER ».

(2) Monts Cheyenne : poste de commande installé sous 1.200 mètres de roches, accessible par un unique couloir de 2km débouchant sur des portes blindées de 25 tonnes.

(3) Ce type de salle de contrôle se trouve dupliqué dans tous les pays possesseurs de l’arme atomique. En France c’est Taverny, ce qui ne semble pas prometteur pour la survie de Paris et de ses habitants, en cas de conflit atomique.

(4) Le général, en fonction des données qu’il reçoit des radars de surveillance avancés ou des satellites d’observation, va faire passer les degrés de gravité de l’alerte, qui sont par ordre croissant d’alarme : Champ de pommier, Jus de citron, Bonhomme de neige, Gros Boucan, Pistolet armé, Pas de chasseur, Maison Ronde, Attention les Yeux, Fondu au Noir (Apple Jack, Lemon Juice, Snow man, Big Noise, Cocked Pistol, Fast Pace, Round House, Double Take, Fade Out).

(5) EWO, Emergency War Order Instructions d’alerte immédiate en cas de guerre. C’est également le nom de l’officier, qui chargé d’une mallette, suit le président dans tous ses déplacements, et reste dans ses environs immédiats H24.

(6) ICBM, Inter Continental Balistique Missile

(7) DEW LINE, Distant Early Warning Line. Ligne de 31 stations radar avancé à grande distance implantées autour du cercle arctique. Elle sera renforcée plus tard par le satellite Early Bird, et les stations NADGE qui iront du cercle arctique jusqu’à la Turquie. Ces stations seront complétées en mer profonde, par une ceinture de microphones ultra sensibles dénommée ligne SOSUS.

(Cool L’ouverture des silos est détectée par les satellites d’observation, l’alimentation en propergols et la poussée de flammes du départ de l’ICBM sont également détectées. Sa trajectoire immédiatement calculée, va permettre de le classer en « essai » ou « agression ».

(9) TACAMO : TAke Command and Move Out. Littéralement : prenez le commandement et dégagez. Deux avions TACAMO vont voler en permanence durant toute l’alerte, l’un au dessus du Pacifique, l’autre au dessus de l’Atlantique. Equipés d’une antenne filaire de 8 à 10 km de long ils peuvent émettre avec une puissance de 100 kw en VLF (very low frequency) de manière à être captés par les sous marins en plongée réduite. Le rôle essentiel de ces avions lors d’une seconde frappe en fait des cibles de premier rang pour les ennemis.

(10) FEMA, Federal Emergency Management Agency créé en 1979 par le président CARTER. Précédemment les activités de ce secteur de la protection civile étaient gérées par le ministère de la défense.

(11) Dispositif de Localisation du Successeur du Président : unité située dans un blockhaus enterré, chargée de localiser les successeurs politiques habilités à déclancher le feu nucléaire. Il est tenu informé en permanence des déplacements de tout l’exécutif, et des probabilités d’impacts des missiles en cas d’attaque. Cette entité est la dernière sur la liste des objectifs à détruire par l’ennemi, car il faut nécessairement trouver quelqu’un de vivant pour arrêter le massacre, qui peut continuer jusqu’ ce que tous les silos au sol et en mer soient déchargés….d’un côté comme de l’autre.

(12) ICBM. Environ 200 silos d’ICBM sont répartis dans un grand nombre d’endroits aux Etats-Unis (Montana, Arkansas, Wyoming, Dakota et Missouri). Le lancement est effectué par deux opérateurs enterrés à 30 mètres de profondeur qui après avoir entré les codes de mise à feu, tournent simultanément leurs clés de lancement. Toutefois faisant la part de l’émotion, et d’une éventuelle défaillance humaine, les officiers de tir situés à bord de l’E4A, peuvent court-circuiter l’équipe de tir, et lancer les missiles directement.

(13) MINUTEMAN III Missile balistique intercontinental conçu dans les années 60 par la firme Boeing et déployé en silos. 450 Minuteman II en 1966 puis 500 Minuteman III opérationnels depuis 1970. Complétés par des SM-65 ATLAS. Leur nouveau système permet la redéfinition de l’objectif, même en vol, porteur de leurres et de systèmes de contre-mesures, destinés à faciliter leur percée.

(14) MIRV: Multiple Independently Retargeted Vehicle. Jusqu’à 10 têtes multiples qui se séparent lors de la rentrée dans l’atmosphère. Ce type d’armement va remplacer dans les années 70 les ogives mégatonniques uniques en service. Les radars, et plus tard les satellites vont détecter facilement l’instant où les têtes mirvent, et calculer les divers points d’impacts très rapidement, mais ne laissant le temps à aucune parade valable pour les centres urbains qui seront intégralement éradiqués.

(15) ECP Ecart Circulaire Probable : Evaluation en mètres du degré probable de précision d’un missile par rapport à la cible désignée. La rentrée voit un léger balancement du missile, et il est impossible d’y remédier du sol.

(16) Il y a six avions E4B répartis sur tout le territoire, stationnés sur des bases militaires.

© ARMES & ARMEES - 2010 - LH GALEA
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