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 ORAN 5 JUILLET 1962

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BUFFY1
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MessageSujet: ORAN 5 JUILLET 1962   Mar 4 Juil - 22:57

En ce triste jour du 5 juillet 2017, cela fera 55 ans que des milliers de pieds noirs étaient raflés dans toutes les villes d’Algérie, dont Oran qui paya le plus lourd tribut.
Ce sont environ 3.000 hommes, femmes et jeunes filles qui furent emmenés sous les yeux de l’armée française clouée par des ordres infâmes, vers le petit Lac où ils furent assassinés à la masse, au couteau de boucher, au pic, aux ciseaux, par une foule d’algériens des deux sexes qui arrosaient leur nouvelle indépendance.
Leurs forfaits accomplis, ils enterrèrent les corps et nivelèrent le terrain de telle manière qu’on ne put retrouver les restes de leurs victimes, et leur donner une sépulture décente.
Les jeunes filles survivantes furent enfermées dans les lieux de plaisirs où elles disparurent à jamais, et dont il est aisé de deviner leur atroce existence.
Des soldats et des civils furent enlevés et assassinés jusqu’en novembre 1962.
Que s’est-il passé à Oran le 5 juillet 1962 ?
Les Faits
Depuis le 1er juillet, des manifestations musulmanes ont salué joyeusement l’indépendance. Sur Radio-Alger, le GPRA appelle à de grands rassemblements pour le 5 juillet, jour de la proclamation de l’indépendance.
Il reste à Oran, le 5 juillet, environ 100 000 Européens. Ils bénéficient, en principe, de la garantie de leur personne par les accords d'Évian.
Les manifestations des jours précédents s’étaient cantonnées à la bordure des quartiers musulmans. Mais la foule ce jour-là progresse vers la place d'Armes (place Foch), c’est-à-dire vers les quartiers européens car une cérémonie y est prévue : l’ALN doit hisser le drapeau algérien sur la façade de la mairie. L’atmosphère est à la fête, et l’exaltation à son comble.
À 11 h 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d'Armes. On n’y prête guère attention, puisque l’on est familier des coups de feu (depuis le 1er juillet, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie). Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Les tirs se généralisent. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans. Beaucoup se couchent à terre. Femmes et enfants s’enfuient. Il y a peut-être des victimes. La fusillade est si nourrie et si confuse qu’on ne peut dire qui tire sur qui.
Le massacre
On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre. En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins sont unanimes à mettre en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés de pistolets et de couteaux. Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C'est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres. Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures.
Les enlèvements
Les premiers rapts sont signalés vers 12 h 10 : une centaine d’Européens sont dirigés sur Ville-Nouvelle (quartier musulman du centre). Puis, la poste principale est envahie, les fonctionnaires présents sont égorgés et une trentaine de personnes, hommes et femmes, sont enlevées, contraintes de se déplacer à genoux. Les hommes de l’ALN quadrillent la ville. Ils enlèvent des personnes, et les regroupent. C’est ainsi qu'ils conduisent des Européens en cortège au commissariat central, ou vers le Petit-Lac (quartier musulman, au sud-est), où sont pratiqués des assassinats de masse au milieu des you-you des fatmas en folie qui arrachent les yeux des femmes avant de leur ficher des ciseaux dans la gorge. Certains de ces prisonniers sont tués en chemin. D'autres sont sauvés par des musulmans. L’un d’eux va raconter les mises à mort du petit lac, effectuées au marteau, à la masse, au couteau de boucher.
La réaction française
 Les accords d’Évian (article V) prévoient que l’armée française peut intervenir, au cas où la sécurité de ressortissants français serait menacée.                                                                          
Le 5 juillet, la menace est directe et grave. Mais le général Katz a pu, au travers des notes du général Fourquet, prendre la mesure de l’hostilité des politiques à toute intervention « d’initiative ».
18 000 soldats français sont présents à Oran ce 5 juillet 1962. Mais ces soldats français restent dans les casernes sur ordre du général.
Enlèvements et assassinats se poursuivent jusqu'à la tombée de la nuit. Les gendarmes sortiront de leurs casernes vers 17.00 pour constater que le calme est revenu et feront procéder à l’enlèvement des cadavres qui encombrent les rues.
Après le massacre
Au soir de cette journée, le général De Gaulle apparaît comme prévu à la télévision, et proclame l’indépendance de l’Algérie.
Des charniers vont être découverts, notamment celui de Petit-Lac.
Ce massacre achève de terroriser la population civile européenne. Il lui montre qu’elle est privée de protection. Il lui montre la fragilité de son statut, défini par des accords d'Évian qui sont remis en cause d'un côté comme de l'autre. Le massacre suscite le désespoir des Européens, dont l’exode prend alors un tour définitif.
Le nombre de victimes
Les chiffres officiels de l’époque (basés sur le premier témoignage du docteur Mostefa Naït, directeur de l’hôpital civil, et par ailleurs membre du FLN) faisaient état de 25 morts !
Mais, le lendemain du drame, une permanence à l'hôtel de ville, dans la seule journée du 6 juillet, recueille 500 dossiers de demande de recherche. Nombre de ces dossiers de recherche concernent des femmes et des jeunes filles qui ne seront jamais retrouvées, vendues comme prostituées dans les lieux de plaisirs d’Algérie.  
Les chiffres avancés de part et d’autre oublient le plus souvent des précisions importantes : Parle-t-on des morts ? des disparus ? des morts et disparus ? parle-t-on bien des seules victimes européennes ? ou des musulmans et Européens confondus ? parle-t-on bien de la seule journée du 5 juillet, dans la seule ville d’Oran ?
Un demi-siècle plus tard, la très grande majorité des personnes enlevées sont toujours considérées comme disparues.
Des associations de rapatriés parlent de « 3 000 disparus » à Oran, ce jour-là.
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BUFFY1
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MessageSujet: ORAN 5 JUILLET 1962   Mar 4 Juil - 23:07


Ils étaient menés à l'abattoir
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